‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 144 sur 191 · KnirihCs Life of Wordsworl/i, t. Il, p · texte numérisé non relu

KnirihCs Life of Wordsworl/i, t. Il, p

Les Wordsworth s'efforcèrent de l'attirer dans le Nord, pour qu'il vécut au moins près d'eux. Ils se retrouvèrent à Coleortou dans une ferme de sir George Beaumont, leur ami commun. Coleridge y amena son petit Hartley, alors âgé de dix ans, Fenfant précoce dans lequel il se retrouvait tout entier, avec son ardeur et sa fantaisie, et un don d'analyse extraordinaire et presque inquiétant. C'est à Coleorton que Wordsworth lut à Coleridge l'œuvre admirable qu'il venait d'achever, l'histoire de sa vie morale, le Prélude. Les sentiments qu'éprouva Coleridge, nous les trouvons dans les Vers à un ami qu'il adressa à Wordsworth et qu'il faut lire tels qu'ils furent écrits alors, avec les passages que Coleridge considéra comme trop intimes pour être pubHés.

Comme VOde de 1803, c'est une plainte, avec l'accent nouveau que pouvaient lui donner deux ans de souffrance solitaire et de désespoir :

Ami, tu (-onnais trop les tristes années dont le long silence

[u stupéfié mon âme.

Si bien que, telle que la vie revenant au noyé La joie non familière suscita une foule de douleurs. Cruels accès d'amour s'éveillant comme des enfants Turbulents, avec des cris dans le cœur, Craintes opiniâtres qui évitent les yeux de l'espérance, Espérance qui se dislingue à peine de la crainte Sentiment de la jeunesse perdue et de la maturité venue Du génie reru, du savoir acquis en valu [en vain

El tout ce que j'avais recueilli dans mes libres prome-

^nades dans les bois Et tout ce qu'un travail patient avait produit, Avait fait éclore en communauté avec toi, ce n'était que

[des tleurs Jetées sur mon corps et portées sur mon cercueil, Portées dans le même cercueil, au même tombeau 1

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