Robinsoiis Diary, t. I, p
de vouloir dcmontrer ce qui doit être un objet de foi.
La foi est un acte de la volonté plus encore que de l'entendement : u Pour devenir un croyant il faut aimer la doctrine et se sentir en harmoine avec elle, et non pas rester froidement à se demander si on doit croire ou non ».
Ceci anticipe tout à fait le Coleridge des dernières années, et si on veut encore l'appeler un philosophe, il est évident dès à présent qu'il est avant tout un philosophe de l'action, un moraliste, plutôt quun métaphysicien.
Dans une de ses conférences sur Shakespeare, Coleridg-e avait dit à propos d'IIamlct : (( L'action est la grande fin de tout. Aucun intellect, (juelque sublime qu'il soit, n'a de valeur s'il nous éloigne de l'action et nous mène à penser et penser tant et si bien que le temps de l'action est passé et que nous ne pouvons rien faire. »
Quelqu'un dit à Robinson : « Mais c'est sa propre critique qu'il fait là ». « Non, répondit-il, c'est une élégie sur lui-même '. »
En réalité c'était l'ébauche d'une philosophie nouvelle, car on pense bien que pour Coleridge l'action devait tout de même se déployer dans le domaine de la pensée, et n'entrer qu'exceptionnellement dans celui des faits. Il n'en eut pas moins un moment de véritable optimisme, qui amena, entre autres choses, sa réconciliation avec Wordsworth.
En 1812, encore, allant voir sa famille à (irola- Hall, il avait eu le courage de passer devant la maison de Wordsworth sans y entrer, ilobinson amena la réconciliation, Coleridge protesta ((u'il avait aimé