Hall Gaine, p
faire chanter partout ses louanges! Coleridge, (|ui n'avait jamais reçu i)ubliquement le moindre encouragement, dut sentir l'ironie, et on ne peut sempècher de trouver sa réponse, dans la l{'ui<jniph'ui, bien innocemment désespérée.
Il faisait appel à la bonne foi de Jeffrey qui l'avait autrefois couvert d'éloges, assure-t-il, qui en tous cas avait été son hôte et le faisait insulter aujourd'hui sans provocation '.
Jeffrey répondit en faisant écrire, probablement par Hazlitt, un compte rendu de la IJioiirajihia Litrraria encore plus méprisant q.ue celui que sa revue avait consacré à Chrisfabel, et en ajoutant une note où il se moquait de lui et de son hospitalité prétendue-.
Là-dessus Coleridge se tut. Il avait songé à poursuivre le Ulnchirood's Magazin»' pour prouver en justice qu'il abandonnait sa pension à sa femme, « qu'il travaillait comme un esclave du matin au soir etcju'il recevait moins que le salaire d'un ouvrier ^ ». Ses amis le dissuadèrent de cette démarche nai've. Il n'y avait plus pour lui que le silence et la retraite. Sûrement il y a peu d'exemples d'une conspiration aussi bien menée contre la pensée d'un homme, et ce (luil y a de plus triste, c'est qu'elle était sans conviction. On avait marcjué (loleridge pour être abattu, comme on essaya daiialtre Wordsworth, Shelley, Keats, Hazlitt, par jeu.
Les œuvres qu'on alla(juait ainsi, nous savons ce qu'elles étaient. C'était toute la poésie de Coleridge, débarrassée dans les FeVilles SilnjlUtics des poèmes de jeunesse imparfaits, et à la((uelle venait de s'ajouter