EPILOGUE
En 1828 Coleridgc put encore faire un voyage de près de deux mois sur le continent avec les \\'ords\vorth. Ils allèrent ensemble en Belgique, en Hollande et sur le Rhin jusqu'à Bingen. Ceux qui les virent alors l'ont connu plein d'entrain et de bonne humeur.
A Bonn il eut une curieuse entrevue avec les dlurninali. de l'endroit, qui s'étaient empressés pour le voir, Niebuhr, Decker, August VVilhelm Schlegel et beaucoup d'autres. Mais l'allemand de Coleridge, qui avait toujours été mauvais, était devenu inintelligible et Schlegel seul, nous dit-on, comprenait l'anglais. Ce fut un épisode symbolique des relations de Coleridge avec l'Allemagne : il continuait de parler sa propre langue et n'était plus capable de comprendre. De ce voyage il ne rapporta rien que la conviction plus forte que jamais de l'influence néfaste du catholicisme, mais comme il ne dit pas un mot de l'expérience qui a pu fortifier cette conviction, il est permis de croire que c'est plutôt l'exaspération d'un sentiment que l'affermissement d'une idée '.
Il était à l'âge où on n'aime pas à changer, et ce n'était pas au moment de le quitter qu'il allait ouvrir