‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 184 sur 191 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

ling, Werner, Ritter, qui avaient ses sympathies par opposition aux savants véritables comme Priestley et Lavoisier, qui lui inspiraient de la défiance comme matérialistes. Coleridge n'a jamais su distinguer le point de vue scientifique du point de vue métaphysique, et on peut juger par là de la manière dont il a compris Kant.

C'est donc une métaphysique de la vie qu'il a essayée dans ce petit traité et peu importent les rêveries qu'il y a mis : c'est l'œuvre d'un alchimiste, en plein xi\" siècle. Au lieu de disserter sur le froid et le chaud, sur le sec et l'humide, Coleridge parle de magnétisme et d'électricité, parce que ce sont les découvertes de son temps, mais il en parle a priori.

Le magnétisme représente dans la vie la reproduction, l'électricité, l'irritabilité, etc. La vie est partout, car elle n'est pas une chose, un être, mais un acte, un processus. C'est le principe d'individuation, et la réalisation de la vie est la tendance à l'individuation.

On voit bien que Coleridge, même déguisé en savant et en philosophe n'est qu'un théologien. Mais il faudrait plutôt dire un poète et une àme religieuse, justement parce que c'est une idée de la vie, et non pas un dogme, qu'il a voulu appliquer dans toute sa philosophie religieuse, qui ne pouvait être réduite en système, car c'était un mysticisme.

Il est émouvant de voir, httéralement jusqu'à son dernier jour, ce pauvre grand esprit s'épuiser à une tâche impossible. Le jour de sa mort, écrit sa fille, il tint à répéter à son fidèle disciple J.-H. Green « une certaine partie de sa philosophie religieuse qu'il était particulièrement anxieux de voir conserver exactement' >'. Celte formule n'a pas été conservée et on

Page 1