Gillmann, Life of Coleric/f/e, p. lu
dire sans faire tort au développement du sens de la réalité '.
C'est ce qui arrive le plus souvent, et on n'a ([u'à faire appel à ses souvenirs pour se rappeler qu'au plus fort de son enthousiasme pour le jeu ou le conte, l'enfant ne perd pas un instant de vue que « cela n'est pas vrai ». Les images du conte ou du jeu :car le jeu est presque toujours une œuvre d'imagination, une création de l'esprit de l'enfant, un conte à soimême) se meuvent comme dans un plan distinct de celui de la réalité et sans jamais se confondre avec elle. Quand ce sens de la réalité manque, l'enfant est anormal, le poète est visionnaire. Coleridge nous dit qu'à six ans il lut les Mi/lr et une I\'uils et que l'histoire d'un homme qui était obligé de chercher une jeune fille pure c fit une telle impression sur lui qu'il était hanté par des spectres toutes les fois qu'il se trouvait dans l'obscurité ». Bien des années après, il se rappelait l'ardeur et la crainte qui le tenaient quand il lisait ces livres magiques. « Rendez-moi, s'écriet-il dans une de ses conférences de 181 1, rendez-moi les livres qui ont charmé ma jeunesse, rendez-moi V/Ii.sloire de Saint Gcorr/rs et les Sept Clunnpions de la Chrétienté que je me cachais pour lire dans un coin dans tous mes moments de loisir. Rendez moi les l/i/A' et une Nuits que je surveillais dans la bibliothèque jusqu'au moment où le soleil, brillant juste dessus, me dimiinil \o courage di^ ]o< prendre sur le rayon -. »
(Juand le père de Coleridge s'npeieul de l'elTel (|ue ces livres magiques produisaient sur l'enfant, il les brûla. Mais la semence était levée et plus lard, dans la