‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 21 sur 191 · I. Menions of W l'rieslle;/, p. 8, ly, 17',t · texte numérisé non relu

I. Menions of W l'rieslle;/, p. 8, ly, 17',t

rapprocha de l'état d'esprit jacobin, étonna la Convention par son plaidoj'er pour la vie de Louis XVI, qu'il proposait de garder en otage sous la surveillance de l'Amérique. Il était si bon républicain et démocrate, il avait si bien fait ses preuves dans la Révolution d'Amérique, et comme écrivain politi((ue en Angleterre, qu'on lui pardonna sur le moment sa proposition, mais elle ne fut pas discutée.

Rien de plus émouvant que cette scène du vote de la mort du roi où Paine, votant pour (( la réclusion de Louis jusqu'à la fin de la guerre et pour son bannissement perpétuel après la guerre », Marat s'écrie : « Je soutiens que Thomas Paine ne peut voter dans cette question; étant quaker, ses principes religieux s'opposent à la peine de mort ». Pour étouffer la voix de Paine, Marat alla jusqu'à dire que l'opinion qu'on avait donnée n'était pas la sienne, (( à dénoncer le truchement... pour sa méchante et infidèle traduction ». 11 ne réussit pas. On assura de nouveau l'exactitude de la traduction devant Paine qui, muet en français, assistait à toute cette scène. Marat répéta que « Paine avait voté contre la peine de mort, parce qu'il était quaker ». Paine répondit : « J'ai voté contre la peine de mort pour des motifs moraux et d'intérêt public ' ».

Telle fut l'attitude, au moment décisif de la Révolution française, du plus connu des révolutionnaires anglais, de ce Paine abhorré que l'Angleterre avait proscrit, qu'elle considérait presque comme l'Antéchrist, en tout cas comme un être diabolique. Une

1. Le 15 janvier, avant le vote sur la peine à innij,'cr au roi, Paine communiqua son manuscrit au président; les débats furent clos avant qu'on pût en donner lecture, et il fut seulement imprimé (Monileur universel, 18 janvier 1793, p. 156-158). Moncure Conway, Thomas Paine, p. 240, n'a pas signalé l'ouvrage anglais, Reasons for wishiny lo préserve tbe life of Louis Capet.

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légende si tenace devait se former autour de son nom cfue ce n'est que de nos jours qu'une biographie véridi(|ue a pu être écrite, par un Américain '.

Et s'il fut sauvé cette fois, s'il put désarmer encore une fois de plus Marat, par une lettre qui serait bien curieuse à lire, ce défenseur de la personne de Louis XVI devait payer plus tard pour ses plaidoyers « à l'eau de rose », comme disait Danton. Arrêté dès qu'on ne craignit plus une intervention des Etals- Unis, il fut emprisonné avec Anacharsis Clootz en décembre 17!Ki. A une pétition d'Américains réclamant sa liberté, Vadier, alors président de la Convention, répondit avec embarras.

Vous nous demandez, citoyens, la liberté de Thomas Paine, vous voulez ramener dans vos foyers ce défenseur des droits de l'homme ; on ne peut qu'applaudir à ce généreux mouvement. Thomas Paine est né en Anglelorre : c'en était assez sans doute pour appliquera son égard les mesures de sûreté prescrites par les lois révolutionnaires. On peut ajouter, citoyens, que si Thomas Paine a t'-lé i'apùlre de la liberté, s'il a coopéré puissamment à lu révolution d'Amérique, son génie n'a point aperçu celle qui a régénéré la France ; il n'en a aperçu le système que d'après les prestiges dont les faux amis de notre révolution l'ont environné. Vous avez dû, comme nous, déplorer une erreur peu conciliable avec les principes qu'on admire dans les ouvrages bien estimables de cet auteur républicain -.

Ainsi le plus radical des républicains anglais était en France soupçonné, puis convaincu de modérantisme. Do plus il n'avait pas (t aperçu le système », il était resté .Vnglais, n'avait pas su se faire citoyen du m(uide. Il ne fut mis en liberté qu'en novembre 17D4,

\. Voir la préface de Moncurc Conway.

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