Sorel, t. IV, p. 20y
2. Voir la note ajoutée au sonnet dans l'édition de 1706, reproduite par Campbell, P. W., 574.
82 S. T. GOLERIDGE.
do la Liberté. C'est Pitt qui joue le rôle du Diable dans le drame de la Contre-révolution, car c'est lui qui a déclaré la guerre à la France et qui la continue. C'est ce personnage au regard sombre et torve qui a crucifié la Liberté et qui l'a percée délibérément d'une lance. 11 n'y a pas de pardon pour lui, et, même converti à la réaction, Goleridge ne lui pardonna jamais.
Si la Révolution est un lléau, elle est un fléau de Dieu, devant lequel il faut s'incliner avec terreur, mais avec espoir, car Dieu ne peut vouloir le mal et cette Terreur n'est peut-être que la première phase d'une Apocalypse, Tel est le sentiment de transition entre l'esprit révolutionnaire et la réaction, où se tint Coleridge pendant près de deux ans, et (pii remplit les Médilalioits religieuses, esquissées le jour de Noël de l'année 17!)4.
Ce poème compliqué et ambitieux est sans doute celui que Coleridge s'excusait presque d'adresser, non terminé, à Charles Lamb, en avouant (juc (( son cœur ne le reconnaissait pas ' ». 11 a voulu y exprimer toutes ses convictions religieuses et politiques. C'est un Lvangile philosophique, l'œuvre d'un homme qui croit que ce serait faiblesse d'esprit (jue de rien im{)lorer de l'Etre infini, du grand Invisible (|u'on ne connaît qu'à travers des symboles -. Mais il est diflicile de préciser cette philosophie éclectique, qui unit toutes celles qui avaient passionné jusqu'alors Goleridge. Il y a des souvenirs de la réminiscence platonicienne, de l'extase de Plotin, dont les termes mômes sont rappelés. Ce sont plutôt des ornements poétiques que des théories, le fond du poème reste ciiréticn.
i. /'. II'., p. .3", 3!S, To a Friend, logelhev irilh an unfinished Poe m.