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Dieu est le Beau suprême, comme dans le Platonisme, mais il est en même temps l'essence, l'âme et l'énergie de la Nature, ce qui n'est plus guère platonicien ni chrétien.
11 est chrétien, au moins au sens de lunitarianisme, car le Grand Invisible, Dieu, n'apparaît nulle part plus clairement pour lui que sur la face du Juste opprimé, du Galiléen méprisé, de l'Homme de douleur, qui, sans songer à lui-même, pleure sur ses persécuteurs '. C'est la voix de l'Adoration qui fait entrevoir la multitude céleste, la veille de Noël, à ce Faust converti d'avance, qui considère déjà Jésus comme un Sauveur, ayant manifesté sa divinité par sa mort même « aux sceptiques à l'esprit obscurci ». Mais le poète nous montre l'homme moderne revenu au paganisme, le (( sauvage » perdu dans les foules, au milieu d'une solitude d'âme mille fois plus déserte que les solitudes de la nature.
Être solitaire et sordide au milieu de frères innombrables, dans la solitude de son cœur, à travers les cours et les cités le sauvage civiUsé erre, ne sentant que son Moi, son misérable Moi qui est pour lui l'Univers, alors qu'une sympathie sacrée pourrait transformer l'Univers en un Moi divin -.
Et après ces rêveries sublimes viennent les allusions à tout ce qui excitait alors l'indignation prophétique de Coleridge, les monarques de l'Europe, les guerriers, les soldats et les prêtres, (( tous ces fléaux cruels qui désoleni notre vie mortelle ». C'est l'emphase révolutionnaire qui succède à l'extase philosophi([ue et religieuse. Au moins son éloquence a-t elle gardé quelque chose de vivant pour nous, quand il parle