‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 69 sur 191 · Id., p · texte numérisé non relu

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à la littérature. Le plan est praticable, facile. Des amis l'ont trouvé non seulement dune haute vertu mais d'une haute prudence. Il n'aura rien à demander à ses amis, ni argent, ni protection, « car un soulagement passager de mes besoins n'est rien, ne fait pas disparaître la torture de l'anxiété, et abaisse la dignité de l'homme ». S'il n'accomplit pas son projet il ne lui resterait plus qu'à fonder un collège ou à écrire dans les journaux. (( Je ne pourrais jamais aimer l'homme qui me le conseillerait. Il faudrait qu'il eût un cœur sans pitié. » Colcridge, dans la lettre que nous analysons, perd complètement de vue la réalité et sur la simple idée de l'incertitude du métier littéraire, voit des fantômes, ceux d'Otway et de Cliatlerton. une femme mourant de chagrin, un enfant criant do faim. « L'horrible ligure de la Folie me regarde en face, )) écrit-il. A la fin de la lettre il est calmé, il annonce que Lloyd, dont il ne voulait plus, viendra avec lui. Mais la littérature sera toujours au second plan dans ses préoccupations. « .Ma vanité poétique et ma fureur politique se sont exhalées, et j'aimerais mieux être un jardinier expert et suffi.sant lui-même à ses besoins qu'un Milton.... En vérité, en vérité, je suis bien misérable '. )>

Là-dessus il va écrire à Thehvall, quelques jours après, une lettre qui est un volume de dissertations littéraires, philosophiques et religieuses. A lui aussi il annonce son intention de consacrer ses soirées seulement à la littérature, mais comme on sent déjà que la résolution de vivre un peu moins dans les rêves et dans les livres ne sera pas durable!

Pourquoi rapporter toutes ces petitesses, ces contradictions, ces hésitations, ces misères? Est-ce, pour

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