France, an Ode, St. V
1G2 S. T. COLEUIDGE.
des victoires françaises, « exultant à la pensée que la révolte des Irlandais et la mutinerie des équipages de la flotte anglaise allaient forcer l'Angleterre à abandonner la lutte ' )). Maintenant son cœur a choisi entre la France et l'Angleterre, et, comme il aime l'Angleterre, il faut qu'il haïsse la France, son ennemie. Sans doute il parle encore en prophète à son pays et lui rappelle ses fautes. L'Angleterre, croit-il encore, a eu tort en déchaînant la guerre. Mais elle a eu tort parce qu'elle a fait la guerre, qui est toujours fratricide, et non pas spécialement parce qu'elle a fait la guerre à la France. La guerre était injuste comme toutes les guerres et, de plus, inutile, car l'Angleterre n'avait rien à craindre alors. Alors il semble que la Révolution française ne s'accomplissait que par la volonté de Dieu et qu'il était criminel d'intervenir. Maintenant il faut se lever et combattre, (( repousser un ennemi impie, impie et perfide, race légère mais cruelle qui fait fuir par la raillerie toutes les vertus, mêlant la gaieté aux actions meurtrières, et qui, promettant toujours la I^iherlé, elle-même trop sensuelle pour être libre, empoisonne les amitiés île la vie et vole au cœur la foi et la lian(|uille espérance et tout ce qui élève l'âme -! »
Admirons ici la puissance de l'instinct et comme Coleridge se forge rapidement l'idéequ'il avait besoin de se faire de la France, si bien adaptée, qu'elle lui servira toute sa vie. Si les Français ne sont que cela, peut-on même se reprocher de leur faire une guerre fratricide? Ce ne sont pas des frères, ce ne sont pas des hommes, et faire la guerre à la France ce n'est pas faire la guerre à riiunianili'.
1. l'oole h Piirkis, 10 mai 1TJ7, dans .Mrs. SandfonI, Tliumas Poole and his Friends; Lcpouis, p. ItSii ; Costrc, p. lî.iij.