‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 94 sur 191 · CampLeil, p. xl et n · texte numérisé non relu

CampLeil, p. xl et n

176 S. T. COLEHIDGE.

dit-on, à Lamb une letlre de Coleridge, où Lannb aurait été désigné comme type de l'homme de talent tandis que Coleridge était l'homme de génie. Cela, croyons-nous, aurait surtout fait rire Lamb. Mais il est certain que Lloyd réussit par quelque moyen à faire croire à Lamb (jue Coleridge parlait mal de lui, tout en l'accablant de protestations d'amitié et en restant en correspondance constante avec lui '. Lloyd faisait plus, il publiait un roman où, sous le nom iïEdmund Olivi')\ était décrite d'une manière assez reconnaissable pour les initiés la fugue de Coleridge au régiment, son désespoir d'amour, et sa malheureuse habitude d'avoir recours à l'opium (et à lalcool, ajoutait le roman) pour oublier ses chagrins. Et le roman était dédié à Lamb, et publié par Gottle!

Dans une lettre très noble et très sensée, qui est le meilleur témoignage sur l'équilibre de ses facultés à cette époque, Coleridge assura Lamb qu'il ne lui en voulait pas, parce qu'il était .sûr qu'il avaitété trompé par Lloyd et (|uc ses intentions étaient ])nres. 11 réclamait une entrevue avec Lloyd pour se justillcr et faisait très exactement la psychologie de leurs rapports communs :

« Tous doux (Lamb et Lloyd) vous m'avez connu dans un moment où vos âmes étaient loin d'être dans un état calme et naturel, et vous avez vêtu l'image que vous vous faisiez de moi, d'idées et de sentiments qui ne pouvaient être ceux d'un être humain. Vous êtes revenu, vous (Laml)), à un état relativement sain et vous vous demandez seulementcequ'est devenu le Coleridge dont vous vous étiez si passionnément épris; quant à Charles Lloyd, son esprit n'a fait (|uc changer de maladie, et il est en train de

Page 1