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Symptomatologie
La colique de plomb peut débuter brusquement. Les douleurs abdominales et la constipation ouvrent la scène; mais il est plus fréquent de la voir annoncée par des symptômes divers : céphalalgie, perte d’appétit, nausées, vomissements, constipation et sensation de poids à l’épigastre. La douleur peut occuper toutes les régions de l’abdomen, mais, ainsi qu’il ressort des observations de Tanquerel des Planches, son siège le plus habituel serait l’ombilic. Ainsi sur 1,217 cas de coliques saturnines, 202 fois le mal occupait exclusivement l’ombilic, dans 167 il se bornait à l’épigastre, chez 149 malades il avait envahi seulement l’hypogastre. 22 fois c'était la région rénale qui se trouvait atteinte uniquement. 12 malades accusèrent exclusivement des coliques soit dans les hypochondres, soit dans les flancs ou les fosses iliaques. Il est bien évident que si souvent il est possible de circonscrire la douleur à telle ou telle région, il y a bien des cas où la douleur s’irradiant sur différents points, il est bien difficile de déterminer le point exact d'où elle part.
La douleur de la colique saturnine consiste le plus ordinairement en sensation de tortillement ou bien encore en un sentiment de dilacération ou de brûlure. Elle est continue, mais présente des paroxysmes souvent atroces qui plongent le malade dans les plus cruelles souffrances. Pendant ces accès, le patient est en proie à l'anxiété la plus vive, la face est décomposée, les traits
grippés, les yeux enfoncés. Le malade indifférent à tout ce qui 4 À
l'entoure pousse des cris, appelant un soulagement et cherchant par toutes les positions possibles à calmer ses douleurs. Un caractère essentiel noté depuis longtemps par Fernel est l’atténuation des souffrances par une pression large et profonde sur la région malade, une pression superficielle exagérant au contraire la sensibilité. Aussi voit-on fréquemment le malade se coucher à plat ventre sur son lit, se comprimer fortement l'abdomen avec les mains ou bien encore au moyen de couvertures, d'oreillers... d’autres se serrent au moyen de cordes, de cravates.
Au bout d’un temps variable, de quelques secondes, quelques minutes ou quelques heures même, mais rarement, les souffrances diminuent et même quelquefois finissent par disparaitre. Le malade reste brisé, anéanti, puis tout d’un coup, dans un temps qui varie de quelques secondes à des jours entiers, un nouvel accès de colique éclate.
Ces accidents durent en général de 3 à 6 jours présentant des paroxysmes et des rémissions variables comme intensité et durée.
La constipation est, avec la douleur, un des phénomènes les plus fréquents de la colique saturnine. Elle est variable comme durée, mais en général elle est absolue, opiniâtre et ne cède le plus souvent qu’à des purgatifs répétés. Le ventre est dur, déprimé, les muscles droits de l'abdomen, énergiquement contractés, font une saillie marquée sur la ligne médiane, tandis que les parties latérales sont aplaties, rétractées d’une façon générale; cette dureté et cette contracture du ventre sont d'autant plus marquées que la colique est plus violente.
La langue est couverte d’un enduit blanchâtre qui devient rapidement très adhérent. Elle est souvent augmentée de volume. Quelquefois elle est sèche, rouge, présentant des papilles développées d’une façon anormale.
Les nausées et les vomissements sont fréquents surtout pendant
la rémission, et cette fréquence, d’après certains auteurs, serait
ils he * e” « ”
d'autant plus marquée que la douleur sièpe à l’épigastre et est plus violente.
Au niveau de la sertissure des dents, principalement des incisives et des canines, on rencontre 46 fois sur 50 cas, d’après Manouvriez, le liseré de Burton, de teinte gris bleuâtre. Cette teinte peut envahir d’autres points de la muqueuse buccale et former des plaques particulières (plaques ardoisées de Gubler). L'haleine est fétide, à odeur caractéristique. Les malades accusent un goût styptique ou sucré particulier, remplacé quelquefois par la sensation d'une amertume extrême. La bouche est sèche, la salivation diminuée. La soif est ordinairement assez vive. L’appétit est nul ou du moins fort diminué. Quelquefois la déglutition est difficile. Les malades ont un sentiment de constriction de l’æsophage.
Ce sentiment de constriction se retrouve encore à l'anus où
l’on remarque très souvent des ténesmes excessivement douloureux. Les malades disent avoir la sensation d’un cordon qui les serre en travers. Si on cherche à introduire le doigt indicateur dans le rectum, on éprouve une assez grande difficulté de la part du sphincter de l’anus vigoureusement contracté. La résistance vaincue, on sent avec le doigt que les parois de cette partie de l'intestin sont comme rapprochées, on a la sensation d’un resserrement qui, diminuant pendant la rémission, s’accentue fortement pendant les accès.
« Du côté de la vessie, mêmes phénomènes. Vers le col on constate un ténesme douloureux. L’urine secrétée est diminuée d’une façon considérable. On y trouve souvent de l’albumine en quantité variable.
Pendant les accès le foie est diminué de volume (Potain) et on constate une légère teinte ictérique des téguments. Sur 15 cas de coliques de peintre, Laveran dit n’avoir pas vu une seule fois ce symptôme faire défaut. Cet ictère est absolument différent de
l’ictère hémaphéique de Gubler qui est un symptôme de la cachexie saturnine et est dû à l’altération directe du sang par le plomb.
Enfin du côté de l’appareil circulatoire on constate un ralentissement du pouls, de l'apyrexie. À la base du cœur on perçoit à l’auscultation un bruit de souffle systolique.
Le sphygmographe donne un tracé du pouls pathognomonique de cette affection que nous étudierons plus particulièrement dans le chapitre suivant.
Les théories les plus diverses ont été formulées sur la nature de la colique de plomb et maintenant encore sa pathogénie est loin d’être connue.
On en a fait une maladie inflammatoire. Henckel, Bordeu, Broussais, Canut, etc., se sont prononcés en faveur de cette opinion, L'apyrexie, le caractère du pouls, l'absence de toute inflammation intestinale, s'opposent à cette manière de voir. |
Desbois, de Rochefort, a attribué la colique à une distension exagérée de l'intestin par les gaz auxquels la contracture du sphincter ferme tout accès.
Pour Tanquerel des Planches, elle dépendrait du sympathique. Astruc en place le siège dans la moelle épinière, Willis et Lepois dans le cerveau, Briquet la localise dans les muscles des parois abdominales.
Pour Guéneau de Mussy, il y a dans la colique un phénomène caractéristique, indiscutable. C’est la contracture spasmodique des tuniques musculaires de l'intestin. C’est d’ailleurs l’opinion que formule Renaut dans sa thèse d’agrégation. « On se refuse difficilement à croire qu'il existe dans la colique de plomb une contraction spasmodique de l'intestin, sur les éléments duquel, d’ailleurs, le plomb se fixe directement (Gubler et Quevenne), à l'état de sulfure.
Dans ce spasme nerveux, indéniable, ne peut-on trouver une cause de la douleur? Ne peut-on pas, suivant l'interprétation
donnée par M. Gauch, l'expliquer par la compression que fait subir aux plexus nerveux si riches et délicats des tuniques intestinales la contraction spasmodique des fibres lisses de l'intestin?
Cet état de spasme se rencontre dans tous les autres appareils. Si nous considérons les différents phénomènes que présente la colique saturnine, nous en trouvons la cause directe dans cette contracture de fibres musculaires généralisée à tous les organes et tissus où se rencontre cet élément contractile.
Les douleurs vésicales, le ténesme, l'interruption subite du jet d'urine notée par Stoll et Dance, cette sensation accusée par les malades de constriction du pénis qui se retire en quelque sorte, se rapetisse, tous ces phénomènes qui se présentent pendant les accès, d'autant plus marqués que le paroxysme est violent, ne sont-ils pas des phénomènes de contracture des fibres de la vessie et des muscles de l’urèthre? Du côté de l’utérus ne trouvons-nous pas encore, expliqués par ce mécanisme, ces cas de cessation brusque de règles, cités par Tanquerel des Planches, arrivant chez des femmes atteintes de coliques de plomb ? N'y a-t:l pas là une contraction subite des fibres lisses de l'utérus, venant obstruer les vaisseaux, ou bien encore, un rétrécissement spasmodique de ces vaisseaux ? Quelle que soit l’opinion, que l’on attribue ce phénomène aux fibres musculaires utérines ou aux vaisseaux euxmêmes, n’y a-t-il pas là encore l'élément spasme qui domine comme toujours ?
Citons encore le resserrement de l'anus observé par Tanquerel des Planches qui dit à ce sujet : « Pour nous, il est constant que l'anus et le rectum, chez les individus atteints de colique de plomb, sont affectés d’une constriction spasmodique analogue à ce que l’on appelle une crampe. » N'est-ce pas à la même cause qu'est encore due cette constriction particulière qu’accusent les malades, siégeant à l’œsophage, et rendant souvent pénible la déglutition ?
Comment expliquer autrement que par une contraction spas-
modique des muscles, cette rétraction subite, cette dépression brusque de l'abdomen, qui s’observent dès le début de la colique, et cette tension particulière, cette dureté qui s’observent avec un caractère si marqué au niveau des insertions tendineuses de ces muscles? Du côté de la circulation, ces phénomènes de contracture sont encore plus marqués.
Pourquoi, comme le fait remarquer Boudet, au moment de la colique, la peau fortement rayée ne rougit-elle pas ou ne prendelle qu'une teinte rosée, sous forme de traînée étroite et lente à se produire? Comment l'expliquer si ce n’est par une contraction spasmodique des vaisseaux capillaires ?
Dans cette teinte subictérique qui envahit les téguments au moment des accès, ne trouve-t-on pas encore un exemple de cette action sur les canaux biliaires? N'est-ce pas à la constriction des vaisseaux hépatiques qu’il faut attribuer cette diminution de volume du foie, sensible à la percussion, qu’a signalée Potain?
Du côté du cœur mêmes phénomènes. Kusmaul et Maier ont signalé une rigidité des fibres du myocarde allant presque jusqu’à la contracture. Les bruits cardiaques sont plus secs, plus sonores, le deuxième temps aortique est souvent plus retentissant . qu’à l’état normal. A la base, on perçoit fréquemment un souffle systolique que beaucoup d’auteurs attribuent à une sorte de rétrécissement dû au spasme que subit tout le système artériel.
Le rétrécissement spasmodique a pour conséquence immédiate d'augmenter la tension vasculaire et par conséquent d'amener un ralentissement des battements du cœur (Chauveau). L'activité circulatoire ralentie, il y a forcément une diminution des échanges organiques, les combustions sont moins grandes, les phénomènes d’exsudation, d’'excrétion sont moins marqués.
N'est-ce pas, en analysant les phénomènes que nous présente la colique saturnine, ce que nous trouvons confirmé? N’avonsnous pas ainsi l'explication du ralentissement du pouls qui, chez
certains sujets, tombe à 45 pulsations, l’apyrexie et même l’abaissement de 2 ou trois dixièmes de degré de la température audessous de la normale que l'on constate dans certains cas ? N'est-ce pas encore là que se trouvent expliqués la diminution de diurèse, de salivation, l'abaissement souvent si considérable dans la quantité d'urine sécrétée et émise?
Si nous consultons le tracé sphygmographique que nous donne le pouls, tracé pathognomonique si utile pour le diagnostic de cette affection, nous y trouvons encore des preuves évidentes de l’action du plomb sur les fibres lisses des vaisseaux.
La ligne ascensionnelle est courte, légèrement inclinée, le sommet présente deux, quelquefois trois rebondissements, le second généralement plus marqué que le premier constitue le vrai som-
met de la pulsation.
La ligne de descente est très allongée, rectiligne.
N'y a-t-il pas là encore, comme d’ailleurs c’est l'opinion d'Hitzig et Chauveau, un état spasmodique des tuniques musculaires rendant plus difficile la diastole artérielle et produisant par conséquent ces ressauts si caractéristiques ?
En résumé, si la pathogénie de la colique saturnine n’est pas résolue, il n’en est pas moins un fait avéré résultant de l'analyse de tous ses symptômes : c’est la contracture spasmodique des fibres musculaires lisses ou striées. C’est là le phénomène dominant dans cette affection, c’est donc sur cet élément que doit porter la médication. N'’est-on pas en droit alors d'espérer dans le choix des antispasmodiques un résultat efficace, ne doit-on pas être conduit à choisir dans cette classe de médicaments, par un raisonnement logique, le remède qui doit fatalement agir? C’est d’ailleurs, basé sur ces indications, qu’a été préconisé l'emploi des antispasmodiques parmi lesquels le plus fréquemment employé, le plus efficace jusqu'ici, a été la belladone.
L'éther que nous préconisons dans ce travail, n’agit pas autre-
ment.
Exposé des diverses médications
Il est peu de maladies contre lesquelles on ait employé des médicaments aussi variés que contre la colique de plomb. Une des causes principales de ces nombreuses médications dérive des opinions si opposées et si nombreuses qu'on s’est faites de sa nature et de son siège. Aussi à chacune des théories pathogéniques a correspondu un mode de traitement différent. Nous allons étudier successivement ces différentes médications.
MÉTHODE ÉVACUANTE
Dans une affection où un des éléments dominants est la constipation, il est naturel que l’on ait pensé tout d’abord à cette médication. Celse ordonnait des vomitifs, Dioscoride voulait qu’on ajoutât la purgation aux vomitifs, Avicenne y associait les diurétiques, mais dans l'emploi de ce traitement ils ne nous donnent aucune règle fixe, et il faut arriver au XVIII siècle pour voir ériger en méthode cette médication qui a eu sous le nom de traitement de la Charité, une si grande renommée. Ce furent en 1602, des religieux italiens qui, chargés de l'hôpital de la Charité par Marie de Médicis, apportèrent contre la colique de plomb plusieurs recettes de leur pays, dont une nommée wacaront se composait d'un mélange de beurre d’antimoine et de sucre pulvérisé. Continuée dans cet hôpital sous le nom de "ochlique, elle subit quelques modifications et maintenant peu de médecins l’emploient dans sa pureté primitive.
. Voici la prescription, légèrement modifiée par Mérat, que nous en donne Desbois de Rochefort.
Le jour d'entrée du malade on donne le lavement purgatif des peintres :
PÉRUIESUS nel ire rat 16 gr.
Sulfate de soude ; ...... DAS TO D DRE ET RAR 2 0 40e 125 »
Dans la journée, on donne l'eau de Casse avec les grains dont voici la recette :
EawdeCasse Simplernit entire 1000 gr.
DeLCHEDSOM ES 26e lee fps ei No PACUAUE Eme BNC un den Oë15
Quelquefois on ajoute si la maladie est grave :
SHOT ANSEDEUN US UNE marre 31 gr.
Le soir, à 5 heures, on donne le lavement dit anodin avec :
HUE RME 187 gr.
DANCE rene ete cu e 375 »
et à 8 heures on administre encore un gros et demi de thériaque dans laquelle on incorpore ordinairement un grain et demi d’opium ou seulement un gros de thériaque et un grain d’opium. Le deuxième jour du traitement on prescrit l’eau dite bénite, ainsi composée :
MAnbre SD nue Te, O8 30 Candéde.t ns. nv loi
à prendre en deux fois, à une heure de distance.
Quand le malade a vomi, on lui donne, le reste du jour, la
boisson suivante qu’on appelle tisane sudorifique :
Gayac.. : : :
POELE. ST inue cie one Er GC r Salsepareille . . PRE EN ARE :
Faire bouillir pendant une heure dans une eau commune et ;
ajouter :
Le soir, à 5 heures, le lavement anodin; à 8 heures, la thériaque avec l’opium comme le premier jour.
Le troisième jour, on donne la tisane laxative qui suit :
Tisane sudorifique simple ...... 1000 gr.
DER RL s 8 SR NT reed Ty
À prendre en 4 fois dans la matinée.
Dans la journée la tisane sudorifique simple; le soir, à 4 heures, le lavement purgatif des peintres; deux heures après, le lavement anodin ; enfin à huit heures, la thériaque avec l’opium.
Le quatrième jour, on administre le purgatif des peintres dont
voici la formule :
Iñfusion de Sen. Se ete 187 gr.
SOUS ob SAS Jalap enpoudre 7 LES PRES 4 »
SHop:de Nerprans is ti Ress 31 »
On aide l'action du purgatif par la tisane sudorifique simple ; à cinq heures, le lavement anodin, et à huit heures du soir, la thériaque et l'opium. R
Le cinquième jour, la tisane sudorifique laxative; le soir, à quatre heures, le lavement purgatif; à six, le lavement anodin ; à huit, la thériaque avec l’opium.
Le sixième jour, on revient au traitement du quatrième jour.
Le septième jour, tisane sudorifique laxative, tisane sudorifique simple, lavement purgatif, lavement anodin, thériaque et opium.
Ordinairement, les malades sont guéris après la seconde méde-
cine. S'il en était autrement, si les douleurs subsistaient encore, on réitérerait le purgatif une, deux ou trois fois de plus, en observant d’ailleurs la même conduite que les quatrième et cinquième jours; dans les jours intercalaires, on se comportera comme les troisième et cinquième jours.
On insiste sur l'usage de la tisane sudorifique, mème plusieurs jours après que le malade est guéri.
Tel est, dans sa rigueur absolument mathématique, ce traitement fameux qui a été préconisé avec tant d'enthousiasme et dont les partisans avaient fait une condition sine quâ non de guérison dans cette affection.
Comment agit ce traitement.
Les médecins qui l’employèrent les premiers croyaient à une action magique, chassant les particules métalliques. C'était un véritable spécifique dont il ne fallait même pas demander les raisons (Bordeu). Plus tard cette médication fut regardée comme agissant surtout par action mécanique, arrachant par les secousses qu'elle produisait dans le tube intestinal les poussières métalliques. Nous n'avons pas besoin de montrer combien est illusoire cette manière de comprendre le traitement. Si le plomb peut être éliminé, c'est surtout par les sudorifiques et les diurétiques que comporte cette médication. Quant aux deux autres symptômes, constipation et douleur, on les combat par les purgatifs répétés et les doses continues d’opiacés qui rentrent dans ce traitement.
Cette médication peut avoir de bons résultats, mais elle a contre elle, outre la quantité de remèdes qu’elle comporte, l’inconvénient d’épuiser le patient déjà fatigué par la maladie en ne lui laissant aucun repos. Et puis ne pèche-t-elle pas un peu par cette rigueur mathématique qui est regardée comme une condition nécessaire pour arriver à un résultat satisfaisant ?
Donner à heures fixes, pendant six jours, une série aussi variée et aussi nombreuse de médicaments, sans se laisser détourner par
une indication quelle qu’elle soit, mettre dans cette réglementation fixée d'avance une condition indispensable à la guérison, n'est-ce pas, on l’avouera avec nous, exagérer singulièrement ?
D'ailleurs, alors même que le traitement réussit, ce n’est guère que vers le cinquième jour qu’il produit un soulagement marqué et il faut attendre ordinairement jusqu’à quatre jours pour voir reparaître les selles. C’est donc en résumé une médication lente, fatigante et compliquée, dont les résultats ne compensent certes pas la peine que donne la préparation de remèdes aussi nombreux et la surveillance continue qu’elle comporte pour la faire observer en tous points.
Les lavements purgatifs ont été employés dans les cas où l’intolérance stomacale empêchait toute espèce d’ingestion par la voie buccale.
Les purgatifs les plus variés ont été mis en usage et, suivant les cas, on a employé les laxatifs, les purgatifs doux ou les drastiques. Dans les cas de colique légère, on a obtenu des résultats satisfaisants avec l'huile de ricin, les purgatifs salins, mais ils ont été insuffisants, administrés seuls, dans les coliques violentes. Aussi a-t-on employé les drastiques dans le cas de constipation opiniâtre et tout particulièrement l'huile de croton tiglium à doses variées suivant les auteurs.
Tanquerel des Planches dit avoir retiré d’excellents effets de cette médication.
Mais que l’on emploie les purgatifs salins ou les drastiques, ce n'est jamais que contre l'élément constipation qu'on lutte. Il y a le symptôme douleur qui domine et qu’on néglige. Et puis, cette suite de purgatifs répétés, nécessaire pour obtenir des selles quand on les administre seuls, ne finit-elle pas par irriter l'intestin et provoquer de ce côté des accidents inflammatoires?
Je laisse évidemment de côté la médication recommandée par Bo, de Genève, qui dit retirer de bons effets par l'administration de doses croissantes d'huile de croton tiglium jusqu’à 20 gouttes.
En résumé, la guérison est lente, de 5 à 10 jours en général : on risque de déterminer, comme l'expérience l’a d’ailleurs démontré plusieurs fois, des phlogoses gastro-intestinales. Les rechutes
sont fréquentes, et enfin on ne combat qu’un des symptômes de la colique, la constipation.