Annales de l'église cathédrale de Noyon, p
4. Hériman, Narratio restaurationis abbatix Sancti Martini Tornacensis, dans d'Achery, Spicilège, t. II, p. 918.
5. « Ea lempestate habebat idem Robertus rex turrim Noviomi sitam infra terminos ecclesiae beatee Dei Genitricis Mariœ secus curiam episcopi. » Ibid., p. 918.
HISTOIItL
le développement de la nouvelle église et de ses dépendances. Banni par le roi Robert, l'évèque obtint son pardon par l'intermédiaire de Beaudouin, comte de Flandre. Hardouin de Croy mourut à Noyon le 19 juillet 1030, en léguant au trésor un calice et une patène d'or, une croix d'or rehaussée de pierreries, des chapes et des manteaux1. On l'enterra dans le vieux cloître, entre sa mère et sa sœur2. Il faut en conclure qu'à cette époque les soixante chanoines ne vivaient plus en communauté.
Un calendrier, commencé au xe siècle et conservé à la cathédrale avant la Révolution, contenait la mention suivante :
II idus Maii dedicatio ecclesiae beatœ Mariae et dedicatio capelle quam Dominus Harduenus episcopus instruxit noviome et ordinatio sancti Eligii.
En reproduisant ce texte dans son ouvrage, Colliette fait observer que la première ligne n'était pas de la même écriture que les deux autres3, mais les œ de ses trois derniers mots permettraient de faire remonter cette mention à une époque antérieure au xne siècle, tandis que le mot et en tête de la seconde ligne et l'e final de capelle indiqueraient une addition plus récente. Il s'efforce de prouver que la dédicace du 14 mai était celle de Notre- Dame du Panthéon à Rome. Or, la date de cette cérémonie doit être fixée au 13 mai 608 4, et son anniversaire coïncidait parfois avec la consécration d'un édifice religieux. Ainsi, la cathédrale rebâtie à Chartres dans la seconde moitié du xe siècle par Vulfald et par son successeur, Eudes, fut dédiée le 13 mai5.
Levasseur n'a pas parlé de cette mention, qui peut s'appliquer aussi bien à la cathédrale du xf siècle qu'à un édifice antérieur. Il est donc prudent de ne pas en tirer parti, mais la reconstruction de la cathédrale dans la première moitié du xie siècle peut se déduire de deux textes historiques. Le 4 février 1056, Yves, seigneur de Ham, confirma au chapitre la donation d'une serve
1. Arch. de l'Oise, G 1984, fol. 26. — Gallia chrisliana, t. IX, col. 994. — L'archidiacre Garnier, qui vivait au milieu du xie siècle, avait également légué au trésor une chasuble de pourpre brodée d'or, des chapes, des aubes et des couronnes d'argent.