Antiquités de Noyon, p. 68 à 73 et pi. I
5. Lefranc, Histoire de la ville de Noyon, Pièce justif. n° 2 bis.
Il faut arriver à la fin de l'année 936 pour rencontrer la première mention d'un évêque de Noyon enterré dans la cathédrale. L'évêque Walbert, qui mourut le 28 décembre de la même année, fut enseveli dans le chœur, à droite de l'autel, comme son successeur, Transmare, mort le 22 mars 950. L'évêque Hadulfe, décédé le 25 juin 977, fut inhumé derrière le maître-autel, et le tombeau de l'évêque Lindulfe, mort le 5 novembre 988, se trouvait de l'autre côté. Son successeur, Radbod Ier, reçut la sépulture dans le chœur en 977 ]. En faisant des fouilles dans les deux dernières travées de la nef et à l'entrée du transept, on retrouverait peut-être des fragments de ces tombes du xe siècle. Pour terminer l'histoire de l'édifice à cette époque, il ne faut pas oublier de mentionner le grand événement historique dont la cathédrale fut le théâtre le 1er juin 987. Hugues Capet, élu roi de France à Senlis par les grands feudataires, fut sacré à Noyon par Adalbéron, archevêque de Reims, assisté de Lindulfe, évêque de Noyon, et de plusieurs autres prélats'2.
L'histoire de la cathédrale au xie siècle est enveloppée d'obscurité. « Après l'an mil, dit Levasseur, nostre chœur fut rafraischy, notre nef parachevée, nos clochers adjoustez pour accomplissement de l'œuvre3. » Cette tradition, qui ne peut pas s'appliquer à l'église actuelle, devient plus vraisemblable si on la rapporte à la reconstruction de la cathédrale au xie siècle. En effet, il est impossible d'admettre que la cathédrale incendiée en 1131 était celle qui fut rebâtie au commencement du Xe siècle, après l'invasion des Normands. Au contraire, il est très probable que l'évêque Hardouin de Croy (997-1030) commença la reconstruction de l'église de Notre-Dame. Il fit rebâtir la chapelle de l'évêché et n'hésita pas à employer un subterfuge pour faire démolir par les habitants de Noyon, vers l'an 1027, un château où résidait l'officier royal, qui usurpait ses droits4. Cette forteresse, qui s'élevait tout près de la cathédrale et de l'évêché5, gênait sans doute
1. Démocharès, De divino misses sacrificio, fol. 23 v°. — Gallia christiana, t. X. Instrum., coi. 366.
2. « Dux omnium consensu in regnum promovetur et per melropolitanum aliosque episcopos Noviomi coronatus. » Richer, éd. Guadet, dans la Société de l'Histoire de France, t. II, p. 158.