Flecreau. ouv. cité. p
2. Coustuines des bailliage et prcvosté d'Estampes, anciens ressorts et enclaves d'iceluy Bailliage rédigées et arreslées, au moys de Septembre IJ$6, par ordonnance du Roy. Paris. 1557, in-8°. Voici le texte de deux articles intéressants qui montrent en outre un réel souci de l'hygiène :
Art. 18$. — N'est loisible à personne faisant sa demourance en la ville d'Estampes tenir bestes à laines, porcz, oyes, et canes, sur peine de confiscation desdites bestes, oyes et canes, et d'amende arbitraire.
Art. 186. — Peuvent néanmoins les bouchers pour la fourniture de ladite ville, tenir en icelle les dites bestes à laine pour huit jours seulement, et sont tenuz iceux bouchers tuer leurs bestes sur la rivière et non en leurs maisons.
Il faut noter que, durant le Moyen Age, on tirait l'eau des puits pour l'alimentation. On craignait moins d'utiliser les rivières comme de grands égoùts naturels.
Sur les tueries et escorcberies , voirC. Enlart, Manuel d'archéologie française, t. II, p. 257 ; et de Caumont, Abécédaire, Arch . civ. et mil., 1869, p. 230-231}.
3. Ce règlement a été publié tout au long par le R. P. Jacques du Breul, Le Théâtre des Antiquités de Paris, Paris, 1612, in-4°, p. 787.
4. Au fur et à mesure que les murs de Paris étaient reculés, la communauté des Saint- Yon rencontrait dans les nouvelles annexes d'autres privilégiés avec lesquels elle passait alors des contrats. Elle traitait même quelquefois avec des privilégiés placés en dehors des murs. Le cas s'est présenté pour les Templiers en 1182. L'abbave de Saint-Germain des
et, en 1182, Philippe-Auguste confirma seulement les privilèges et les coutumes de la Communautéf1). Enfin, en 1189, celle-ci paraît avoir réorganisé ses étaux qui, au nombre de vingt-trois, étaient situés en face du Châtelet, auprès de la Seine, et connus sous le nom de la Gr and e- Boucher ie .
D'un autre côté, c'est en 1186 que Philippe-Auguste réforma le commerce de la boucherie à Etampes. On serait donc tenté de croire que le roi étendit alors jusqu'ici le privilège de la Communauté de Saint-Yon. On s'imagine volontiers ces puissants hommes d'affaires réorganisant et reconstruisant pour le compte du Souverain, tout en lui payant chaque année une redevance plus forte que celle perçue par lui jusqu'alors. Mais, s'il n'y a aucun doute sur l'établissement des Saint-Yon à Etampes, tant s'en faut que nous soyons éclairés sur l'époque de l'événement et sur le rôle exact joué par leur Communauté dans cette ville.
Au contraire, non seulement les textes les plus anciens ne font pas mention des Saint-Yon, comme bouchers d'Etampes, mais ils les écartent plutôt, tout au moins durant les xne et xme siècles.
Voici ce que nous distinguons de plus clair. Avant 1 1 86, il existait une boucherie dans chaque quartier de la ville, à Saint-Martin, à Saint-Gilles, à Saint-Pierre, et à Notre-Dame au lieu que nous avons indiqué. Cette dernière boucherie, qui était la plus importante, et appartenait à Hugues Nascard (a), était probablement divisée en plusieurs étaux avec chacun un tenancier différent. Donc, vers 1186, Philippe-Auguste se substitua (*) à Hugues Nascard en l'indemnisant certes (*), mais dans le but de supprimer un intermé-
Prés possédait également des étaux indépendants en vertu de très anciens droits, et parce qu'elle était établie hors l'enceinte.
1. Un système semblable existait pour la boulangerie, qui était sous la dépendance du grand panetier ; et d'autres branches d'industrie ou de commerce, fripiers, gantiers, pelletiers, cordonniers, selliers, bourreliers, etc., avaient un grand chef en la personne du chambellan royal.
2. D'après notre érudit collègue, M. Joseph Depoin, ce nom est devenu Nacquard.
3. Il est remarquable combien souvent Philippe- Auguste a employé ce procédé à Etampes. Quand il casse la Commune ou quand il supprime l'abbé de Notre-Dame, c'est pour augmenter les ressources royales et tirer de toutes choses un maximum de rendement. Nous trouvons dans l'acte de la boucherie une nouvelle application du système. Voir notre Etampes et ses monuments aux XIe et xu" siècles, pp. 21-24 et 62-74.
4. Avec 100 sols paris, de rente perpétuelle à prendre sur le revenu de la nouvelle boucherie. A noter que le diplôme délivré en 1187 était postérieur aux changements et aux travaux exécutés p^r Philippe-Auguste. — Cette même rente fut transférée en 1246
diaire coûteux, et de profiter seul des augmentations de rente qu'il avait en vue. Tout ceci se trouve confirmé par des actes postérieurs (Ij.
Enfin dans lacté de 1187. comme dans un autre de 1274, l'autorité complète du suzerain propriétaire est affirmée sans restriction (3).
La conséquence de tout cela, c'est qu'il ne faut pas hésiter à prendre à la lettre les termes précis du diplôme de 1187 : Philippe- Auguste a fait démolir pour son propre compte les anciens étaux. et il a fait reconstruire les nouveaux pour en tirer directement du profit. De sorte que les halles détruites soit en 1763. soit vers 1835, étaient un édifice royale . De même, selon toute évidence, le petit manoir qui m'a entraîné à faire la présente étude et qui fut primitivement, à n'en pas douter, une dépendance de la Grande-Boucherie, doit être un reste des bâtiments érigés vers 1 1 86 par Philippe-Auguste. C'est donc un édifice royal, à moins cependant qu'il ait été construit par Hugues Nascard ou l'un des prédécesseurs de celui-ci ; il est extrêmement difficile de se faire une opinion précise à ce sujet.
En tout cas, nous nous trouvons en présence d'une construction élevée pour servir à une industrie dérivant de la boucherie : tuerie, peausserie ou mégisserie ; et en considérant la sculpture classique de ses chapiteaux et la belle proportion de ses colonnes, elle nous
par un nommé Guyard de Papillon à l'abbaye royale de Villiers près de La Ferté-Alais (Fleureau, ouv. cite. p. 134).
1. En 1246. saint Louis autorise que la rente sur les étaux consentie à Hugues Nascard en 1187 passe à l'abbave de Villiers sans qu'il soit question d'aucun concessionnaire général, Saint- Yon ou autre. — En 1274, la reine Marguerite, devenue dame suzeraine d'Etampes, délivre un acte accordant directement des baux aux tenanciers des divers étaux de la nouvelle boucherie, moyennant 72 livres paris, de rente, lesquels apparemment se pavaient encore au xvne siècle (Fleureau, ibid., p. 137).
Les tenanciers d'alors s'appellent Guillaume de La Ferté, Paul Breton, Guillaume de Marie, Pierre Rouault, Jean Mallard, Jean Catault et Jean Colard ; ils possédaient également des privilèges de famille Fleureau. ouv. cité, p. 136-137). La Communauté de Saint- Yob s'est peu à peu associé plusieurs familles qui naturellement devaient être riches et n'ont rien de commun avec les petits bourgeois ci-dessus : ces familles portaient les noms de Thiberts. Ladehors et d'Auvergne.
2. « ...quoniam propter stalla Hugonis Xascardi, quoi destructa fiierunt et eversa, quando stalla nostra Stampis fierifeeimus... »; — « . .in stallis nostris carnificium Stampensium . .. »; — « . ..quod nos carnificibus Stamparum, qui consueverunt boucheriam Stampensem,quce dicitur ad noivs slallos... » ^Fleureau, ouv, cite, p. 134 et i}6).