Monographie de l'église Notre-Dame de Noyon, p
6. Voici le passage important de cette lettre : « Ceterum quid apud Noviomum peccalis exigentibus nuper contigerit quornodo episcopalis et mater ecclesia cum domibus episcopalibus, incendio sunt cremate, dilectionem vestram credimus non latere. Quia igitur tante calamitati misericorditer compati et pietatis affectu fraterna suffragia ministrare debemus, universitatem vestram per presentia scripta exhortarnur in Domino atque in remissionem peccatorum injungimus, ut ad prefatam ecclesiam ad honorem et servitium Domini reparandum de facultatibus vobis a Deo collatis solatia transmittatis. » Arch. de l'Oise, G 1984, fol. 54 v°.
chevêque de Rouen, Hugues1, pour les engager, ainsi que leurs suffragants, les abbés, les clercs, les nobles et les fidèles de leurs provinces à venir en aide à Simon de Vermandois et à lui envoyer les ressources pécuniaires destinées à relever de ses ruines la cathédrale de Noyon.
Le second témoignage contemporain sur la date de cet incendie est celui d'un moine d'Ourscamp qui fit plusieurs additions à la chronique de Sigebert de Gembloux, vers la seconde moitié du xiie siècle2, et qui se trouve désigné sous le nom de Robert dans le Recueil des historiens de la France*. On ne doit pas le confondre avec Robert de Torigni, abbé du Mont-Saint-Michel, qui n'a pas mentionné ce fait dans sa chronique. Le moine d'Ourscamp raconte que la cathédrale fut presque entièrement détruite par le feu, mais il voit dans ce sinistre l'effet d'une punition du ciel, parce que les habitants de Noyon auraient insulté le pape pendant son séjour dans leur ville. Or, l'étude de l'itinéraire d'Innocent II en France ne prouve pas qu'il s'était rendu à Noyon, et saint Bernard raconte que le pape avait été accueilli partout avec les plus grands témoignages de respect4.
Le chanoine Antoine de Monchy, qui écrivit ses ouvrages sous le pseudonyme de Démocharès3, Desrues6, Duchesne7 et le cha-
1. Levasseur, Annales de l'église cathédrale de Noyon, p. 852.
2. « Ecclesia sanctae Maria? in episcopio, totaque pêne civitas Noviomensis incendio conflagravit, justo, ut fertur, infortunio, quia summum pontificem Innocentium verbis irrisoriis multi illorum exhonoraverunt. » Monumenta Germaniae historica, Scriptores, t. VI, p. 472.