EUGÈNE LEFÈVRE-PONTALIS
DIRECTEUR DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE d' ARCHÉOLOGIE
MEMBRE DU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES
ET DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE FRANCE
Extrait de la Bibliothèque de l'École des chartes, Année 4900, t. LXI.
PARIS
DE LA
Depuis plus d'un demi-siècle, la cathédrale de Noyon n'a pas été l'objet d'une nouvelle étude historique. La monographie de M. Vitet1, qui parut en même temps que les descriptions de M. Dantier2 et de M. Moët de la Forte-Maison3, fait encore autorité aujourd'hui. En adoptant les théories du savant académicien après avoir examiné le style du monument, Viollet-le-Duc leur a donné une plus grande force4. On pourrait donc croire que la cathédrale de Noyon est un de ces édifices si bien datés qu'il est inutile de se livrer à des recherches plus approfondies sur sa construction et sur ses remaniements.
M. Vitet, qui n'avait pas dépouillé toutes les sources de l'histoire du monument, a commis cependant plus d'une erreur. Son travail est plutôt une étude sur les origines et le développement de l'arc en tiers-point qu'une véritable monographie. Ses brillantes qualités d'écrivain, son désir d'éviter les termes trop techniques lui ont fait perdre de vue certains éléments essentiels de la cathédrale, tels que les voûtes et les profils. M. l'abbé Laffineur5, qui a décrit l'édifice avec beaucoup de soin, MM. les abbés Mùller6