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Une visite à Notre-Dame de Noyon, 1858, in

6. Promenade archéologique à la cathédrale de Noyon, 1888, dans le t. IX du Bulletin du Comité archéologique de Noyon.

etPihan1, auteurs d'articles plus récents, n'ont pas voulu se lancer dans des discussions historiques et archéologiques. Au lieu d'écrire une cinquième monographie de Notre-Dame de Noyon, il est donc préférable d'étudier les textes qui concernent la cathédrale actuelle et les édifices religieux qui l'ont précédée.

Quand saint Médard eut transféré le siège èpiscopal à Noyon en 531, après la ruine de Vermand par les Huns et les Vandales', il est probable que Noyon possédait déjà une certaine importance, car la voie romaine de Reims à Amiens, qui laissait l'emplacement de la ville à l'est, avait été détournée de son parcours vers le rve siècle pour traverser la cité3. Au ve siècle, les Bataves avaient quitté Condren, près de Chauny, pour venir s'y établir4. On ne saurait mettre en doute l'existence d'une première basilique noyonnaise bâtie par saint Médard avant le milieu du vie siècle. En effet, sainte Radegonde, femme de Clotaire, qui s'était séparée de son mari, arriva dans cette cathédrale en 544, au milieu de l'office, en suppliant saint Médard de la consacrer à Dieu5. L'évêque hésita longtemps, mais il se rendit à son désir, malgré les instances des amis du roi, qui entouraient l'autel en s'opposant à la prise de voile. Après la mort de saint Médard, le 8 juin 545 ou 558 6, son corps fut déposé dans la cathé-

1. Esquisse descriptive des monuments historiques dans l'Oise, 1889, in-8% p. 316.

2. Acta Sanctorum, juin, t. II, p. 86. — L'ancienne ville de Vermand doit être identifiée avec Saint-Quentin.

3. Moët de la Forte-Maison, Antiquités de Noyon, p. 79. — Lefranc, Histoire de la ville de Noyon et de ses institutions, p. 2 et 3.

4. Notifia dignitatum, dans les Historiens de France, t. I, p. 128.

5. a Directa igitur a rege, veniens ad bealum Medardum Noviomi, supplicat instanter ut ipsam mutata veste Domino consecraret. Sed memor Apostoli dicentis : « Si qua ligata fuit conjugi, non quaerat dissolvi, » differebat reginam ne veste tegeret monacham. Ad hoc etiam beatum virum perturbabant proceres et per basilicara ab altari graviter retrahebant ne velaret régi conjunctam. t Acta Sanctorum, août, t. III, p. 70.

6. Fortunat dit que saint Médard exerça les fonctions épiscopales pendant quinze ans. Acta Sanctorum, juin, t. II, p. 80. — Ce témoignage d'un auteur contemporain a paru suffisant pour placer la mort du saint en 545, mais Grégoire de Tours intercale la mention de la mort du pieux évoque dans le récit de la révolte et de la mort de Chramne (555-560). L'anonyme de Soissons, qui écrivait au ixe siècle, dit que Clotaire revenait d'une expédition contre Chramne quand il apprit la maladie de saint Médard, et la Chronique de Réginon place la mort du saint au temps où Clotaire réunit sous sa domination tous les royaumes des Francs, c'est-à-dire après 558, date de la mort de Childebert.

drale jusqu'à l'arrivée de Clotaire1, qui fit transporter les reliques du saint dans la villa royale de Grouy, près de Soissons, pour élever une basilique sur son tombeau.

Au milieu du vif siècle, la cathédrale primitive, placée sous le vocable de Saint-Médard, menaçait ruine, car saint Ouen raconte que saint Éloi, évêque de Noyon, se promenait un jour dans la ville avec ses disciples quand il aperçut une grande lézarde dans la façade de la basilique. Il donne aussitôt l'ordre d'aller chercher des ouvriers pour étayer le mur et pour exécuter les travaux nécessaires. Ses disciples lui objectent que la saison n'était pas favorable pour se mettre à l'œuvre, mais l'évêque leur répond : « Si ce mur n'est pas réparé de mon vivant, on ne le réparera jamais2. » Saint Eloi avait à cette époque plus de soixante-dix ans, d'après son biographe. Or, le pieux évêque, né en 588 au Chatelat, près de Limoges, mourut à Noyon le 30 novembre 659. Il faut donc placer ce fait à la fin de l'automne de l'année 658 ou de l'année 659, car l'objection des disciples devait se rapporter à la difficulté d'entreprendre des travaux à l'approche de l'hiver. Après la mort de saint Éloi, son corps fut inhumé dans l'église abbatiale de Saint-Loup de Noyon, d'abord à côté de l'autel, puis dans une confession voûtée3.

La première cathédrale de Noyon, réparée par saint Eloi, fut détruite par le feu ou tout au moins très endommagée par un incendie vers 676. A cette époque, une vierge nommée Godeberte, qui jouissait d'une grande réputation de sainteté, habitait à Noyon et se trouvait gravement malade4. Le feu ayant éclaté

Cf. l'article de M. Bécu dans le Bulletin du Comité archéologique de Noyon, t. II, p. 316.

1. « Procedit rex ad ecclesiam in qua cœlestis servabatur thésaurus... Corpore itaque sancto composito ac delato ad ecclesiam nocte illa exequialem cum multa devotione celebrarunt vigiliam. » Acta Sanctorum, juin, t. II, p. 83 et 91.

2. « Cœpit quadam die cum discipulis Noviomo in oppido deambulare et fortuitu conspiciens eminus vidit ex fronte basilicœ Sancti Medardi parietem ex parte dissipatum cripturamque imminentem ac ruinam minitantem instare : jussit ergo continuo artificem vocari et parietis infirmitatem illico cum liniamentis solidare. Cui cum discipuli dicerent : « Opportunum, domine, tempus exspectetur ut facilius ac solidius emendetur. » Ille respondit : « Sinite hue usque, filioli, quoniam si modo non emendatur, nec jam superstite in corpore non emendabitur. » D'Achery, Spicilège, t. II, p. 111.

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