Ibid., p. 113 et
4. Sainte Godeberte, née vers 640, avait été consacrée à Dieu par saint Éloi vers 658.
autour delà cathédrale avait déjà brûlé les tentures et le mobilier de l'édifice quand sainte Godeberte se fit transporter devant le foyer de l'incendie et arrêta les flammes d'un signe de croix1. Comme son biographe Radbod II vivait au xie siècle, il faut évidemment faire une grande part à la légende dans ce récit. Il est beaucoup plus probable qu'une partie delà basilique fut seulement épargnée par le feu et que l'évêque saint Mummolin (f 685) ou son successeur Gondouin entreprirent la construction d'une seconde cathédrale.
Si l'on en croit Levasseur, le roi Chilpéric II aurait été inhumé dans la cathédrale en 720 2, mais les auteurs contemporains se bornent à raconter que ce prince fut enterré à Noyon sans indiquer le lieu de sa sépulture3. Or les premiers successeurs de saint Médard, tels que saint Achaire (~ 639), saint Mummolin (~ 685), saint Ernuce (7 744) et Gislebert (-782), furent ensevelis dans le petit oratoire de Saint-Georges, situé en dehors de l'enceinte gallo-romaine, suri'emplacement de la place au Blé, qui se trouve au sud-ouest de la cathédrale4. Cette chapelle, donnée par Clotaire III à sainte Godeberte en même temps que le palais royal5, reçut également le corps de la sainte quand elle mourut vers la fin du vne siècle6.
Un fait historique très important se passa dans la seconde cathédrale de Noyon après la mort de Pépin le Bref, à Quierzysur-Oise. Charlemagne y fut sacré roi le 9 octobre 768, tandis qu'on célébrait le même jour une cérémonie identique à Soissons pour son frère Carloman7. Cet événement donna naissance a la
1. « Contigit hac ejus in infirrnitate circa Sanctœ Mariae principalem ecclesiam inopinatum ex improviso erumpere incendium et ejus subitanea excursione totius ecclesiae omne penitus exuri ornamentum. t> Acta Sanclorum, avril, t. II, p. 34.