Arch. de l'Oise, G
retiers vinrent les transporter sous le porche de la cathédrale. Vers la même époque, le chapitre fit abattre 72 trembles aux environs de Pont-1'Evêque pour dresser des échafaudages et des cintres dans la nef. Le compte du chanoine Robert indique une dépense de 98 journées de charpentiers pour l'assemblage de ces bois. Les neuf ouvriers dirigés par Thomas Noiron gagnaient
2 sous 4 deniers par jour; leur salaire, l'abatage et le charroi des arbres coûtèrent 31 livres. La mention de deux grosses pierres qui furent transportées du cimetière de Saint-Martin à la cathédrale pour faire deux clefs1 suffit à prouver que Jean Masse avait reconstruit les deux dernières voûtes de la nef dont les clefs représentent la lune et le soleil. Quand il eut terminé son travail, le chapitre lui donna une gratification et lui fit offrir un dîner. On employa des pierres extraites des carrières de la ville dans les voûtes hautes et dans les voûtes basses. Jean Masse, maître de l'œuvre, travailla 66 jours et gagnait 5 sous par jour ; son fils et son premier ouvrier, nommé Loiset, recevaient chacun 3 sous et les cinq autres manœuvres n'étaient payés que 2 sous.
Le peintre Etienne Gourdin rehaussa d'or et d'azur les deux nouvelles clefs et nettoya le grand crucifix doré du jubé2, flanqué des statues de la Vierge et de saint Jean, le pupitre et la table de l'autel qui en faisaient partie. Trois charpentiers dressèrent des petits échafaudages pour faciliter son travail qui lui fut payé 14 livres. Thomas Noiron et ses compagnons commencèrent à démonter les cintres et les grands échafaudages de la nef le
3 décembre 1459. Ce travail, terminé vers le 17 décembre, coûta 65 sous. Le millésime de l'année ne se trouve pas indiqué dans le compte, mais, comme la dernière mention du cahier est datée du 14 novembre 1460, le mois de décembre devait faire partie de l'année précédente.
Pendant l'automne de 1459, on avait abattu 50 trembles pour dresser des échafaudages dans le transept. En effet, Jean Masse arriva de Compiègne le 15 novembre de la même année et resta six jours à Noyon pour surveiller la pose des cintres. Thomas Noiron travailla cinquante jours avec huit charpentiers qui
t. « Item à Tristran pour avoir admené ii grosses pierres du cimetière Saint- Martin au grand portail pour faire les deux clefz, xx d. i double. » Arch. de TOise, G 1338.
2. Le Christ avait été protégé par des panneaux de verre pendant la durée des travaux.
l'aidaient à tour de rôle; il touchait 4 sous par journée. Le titre d'un chapitre du compte prouve que les maçons réparaient les voûtes du croisillon sud. Jean Turpin, qui travailla vingtcinq jours au prix de 20 patards par jour, pour lui et ses trois compagnons, avait fait extraire 700 grosses pierres de la carrière de la ville et 36 blocs dans la carrière du Mont-Saint- Siméon1. Il fît charrier deux grosses pierres du cimetière de Saint-Martin pour tailler les clefs qui ornent encore aujourd'hui les deux premières voûtes du croisillon méridional2. Etienne Gourdin fut chargé de repeindre ces deux clefs. Ces travaux ne coûtèrent pas moins de 149 livres. Charles VII dut contribuer à la dépense, car le chapitre avait délégué auprès du roi le chanoine Pierre de Villemort et plusieurs de ses collègues dont le voyage coûta 110 sous.
Les recettes affectées à l'œuvre de la cathédrale, en 1459 et en 1460, atteignirent le chiffre de 321 livres et les dépenses montèrent à 309 livres. On conserve aux archives de l'Oise deux autres comptes de la fabrique dont la date est incertaine3. Le premier, rédigé en latin, mentionne la visite de la cathédrale par Jean Masse, Jean Turpin et Florent Bleuet, qui eut lieu du 16 au 18 février 1460, et les quatre voûtes refaites dans la nef et dans le croisillon sud d'après le compte précédent. On y relève plusieurs dates échelonnées entre le 14 février 1463 et le 1er mai 1465 dans le chapitre qui concerne les voyages des quêteurs et des porteurs de reliques, mais il est probable que les autres travaux de maçonnerie mentionnés à la fin du cahier furent entrepris aussitôt après l'achèvement des voûtes. Ce compte sommaire fait double emploi avec le précédent pour la première partie qui concerne la restauration des voûtes. En effet, dans les deux documents, le nombre des arbres abattus pour les échafaudages de la nef et des blocs de pierre extraits de la carrière de la ville est identique. Enfin, on trouve dans le compte en français et dans le compte en latin la mention de nettoyage du jubé par le