‹ Collected papers (volume 2)Chapitre 46 sur 150 · Arch. de l'Oise, G · texte numérisé non relu

Arch. de l'Oise, G

4. Jean Masse toucha 53 sous, Jean Turpin et Florent Bleuet reçurent la même somme pour eux deux et Thomas Noiron fut payé 22 sous.

5. Arch. de l'Oise, G 1338, publié avec de nombreux chiffres mal transcrils par La Fons-Mélicocq, les Artistes du nord de la France, p. 25.

sous la charge. Il était donc nécessaire de remplir de maçonnerie les arcades inférieures et l'une des baies des tribunes, afin de pouvoir reprendre la pile en sous-œuvre. Les entrepreneurs prévoyaient l'emploi de cent quartiers de pierre, longs de quatre pieds et demi, dont l'achat et la pose coûteraient 506 livres. L'autre tour jumelle qui s'élevait à l'angle du croisillon sud et du chevet avait été incendiée en 1293 ou en 1316. Pour la rebâtir, il fallait dépenser 1,380 livres et mettre en œuvre 2,000 pierres de moyen appareil et 1,200 parpaings.

Après avoir évalué à 200 livres la réparation des combles des tribunes du chœur et des chapelles rayonnantes, Jean Masse et Jean Turpin démontraient la nécessité de refaire le pilier et l'arcboutant de Charlemagne, ainsi que les sept arcs suivants endommagés par le feu. Cette mention devait s'appliquer aux arcsboutants qui épaulaient les voûtes des tribunes du rond-point. En effet, les auteurs du devis prévoyaient l'emploi de vingt voussoirs par arc, tandis que les arcs-boutants de la nef dont il est question plus loin se composaient de trente claveaux. Ils ajoutaient que « tous les pilers et arboutans de hault par le cœur, » c'est-à-dire les huit arcs-boutants supérieurs du chevet, devaient être démolis et remplacés avec leurs culées. La dépense était évaluée à 720 livres pour ce chapitre du devis.

Les travaux à exécuter dans la nef n'étaient pas moins importants. Au commencement du xive siècle, quand on avait ajouté des chapelles latérales dans le bas côté nord, on avait commis l'imprudence de diminuer l'épaisseur des gros contreforts pour gagner de la place. En outre, le mur extérieur des chapelles reposait sur de mauvaises fondations. Il en résultait que tout le côté nord de la nef menaçait de s'écrouler. Les entrepreneurs proposaient d'étayer tout d'abord les contreforts et de remplir les arcs d'encadrement des chapelles avec de la maçonnerie. On reprendrait ensuite cinq culées en sous-œuvre, en augmentant leur largeur et en descendant leurs fondations de quatre toises. La fourniture et la taille de 500 pierres, longues de trois pieds et demi, le salaire des maçons et des charpentiers devaient entraîner une dépense de 2,030 livres. Pour savoir si ce travail fut exécuté, il faudrait fouiller au pied des contreforts.

Dans le bas côté sud, le mur extérieur de la chapelle Sainte- Luce était en si mauvais état qu'on pouvait craindre sa chute. Pour le restaurer, il fallait employer 2,200 pierres et dépenser

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670 livres. En outre, on devait consacrer 100 livres à la toiture de cette chapelle. La réparation des voûtes de l'église était évaluée à 1,000 livres, sans compter les travaux de couverture. Comme les arcs-boutants de la nef, « tant d'ung costé que d'aultre, » étaient « assis trop hault, » c'est-à-dire qu'ils venaient s'appuyer au-dessus du point où s'exerçait la poussée des voûtes, les maîtres maçons proposaient de les renforcer à l'intrados par de nouveaux arcs et d'allonger les dix-huit culées. Ce remaniement devait coûter 756 livres, mais un devis de 1476 prouve qu'on avait renoncé à l'entreprendre en 1460.

Enfin Jean Masse indiquait le moyen de réparer la tour « vers Saint-Barthélémy, » c'est-à-dire le gros clocher du nord, pour la somme de 1,456 livres. Il comptait refaire l'encadrement des grandes baies en posant 800 pierres au premier étage et 1,000 au second. Au milieu de la tour, plusieurs lits d'assises1 entièrement dégradés devaient être remplacés par 400 morceaux de pierre dure. Enfin on poserait une flèche en charpente semblable à celle de l'autre clocher, après avoir remonté la corniche sur trois rangs d'assises neuves. Il est certain qu'en 1475 ce dernier projet n'était pas encore exécuté.

Le chanoine Mathieu Robert fut chargé par le chapitre de la surveillance des travaux et du paiement des ouvriers, comme l'indique un acte de Simon Becquet, lieutenant de Noyon pour le bailli de Vermandois, qui enregistra le devis de Jean Masse le 18 février 14602. Son compte, commencé en 1459 et terminé le 14 novembre 1460, est conservé aux archives de l'Oise3. Au mois de février 1459, il s'était rendu lui-même à cheval à Compiègne pour acheter de la pierre et pour signer un marché avec Jean Masse. En effet, dès le 13 mars suivant, ce maître maçon et son fils venaient à Xoyon toucher l'argent nécessaire au paiement des matériaux. L'année suivante, il fit l'acquisition de 120 pieds d'ogives au prix de 16 deniers le pied. Les pierres, extraites d'une carrière qui devait se trouver près de Compiègne, furent amenées au bord de l'Oise et chargées sur des bateaux jusqu'à Pont-1'Evêque , où des char-

1. C'est ainsi qu'il faut traduire l'expression : « les estanfiches nu moiens de ladicte tour. »

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