‹ Collected papers (volume 2)Chapitre 49 sur 150 · Arch. de l'Oise, G · texte numérisé non relu

Arch. de l'Oise, G

peintre Etienne Gourdin et la somme dépensée pour les voûtes de la nef et du croisillon sud atteint le même chiffre.

La seconde partie du compte en latin prouve que le maçon Pierre Parmentier répara, vers 1461 , les terrasses du rond-point, c'est-à-dire le dallage en pierre qui devait recouvrir les chapelles rayonnantes et les tribunes du chœur. Il remit en bon état le pavage de la nef défoncé par les pierres qui s'étaient détachées des voûtes et reçut 16 livres pour le prix de son travail. Un peintre verrier d'Amiens, nommé Jean Mitarel, toucha 11 livres pour avoir restauré plusieurs vitraux brisés dans la nef et dans le transept pendant le cours des travaux. On consulta l'expert Simon Evrard sur la nécessité de relier les deux piliers à l'entrée du chœur pour les empêcher de boucler, et ce travail fut exécuté par le charpentier Jacotin. Enfin, les maçons enlevèrent tous les décombres qui chargeaient les voûtes.

Le dernier chapitre du compte se rapporte à la reconstruction de six arcs autour du chœur en 1461. On peut se demander s'il s'agit des arcades inférieures du sanctuaire écrasées sous la charge des travées ou des arcs-boutants supérieurs de l'abside, car Jean Masse signalait l'urgence de ces deux restaurations dans son devis de 1460. Ce qui porte à croire qu'il s'agit des arcs-boutants, c'est d'abord l'expression « arcus circumcirca chorum. » En outre, le trésorier aurait mentionné la reconstruction des quatre piliers du chœur refaits au xv° siècle, s'il avait voulu désigner ce travail de reprise en sous-œuvre. D'ailleurs, comme les grandes arcades du sanctuaire sont restées intactes depuis le xne siècle, ce dernier argument permet de conclure en faveur des arcs-boutants qui avaient été sans doute endommagés par les incendies de 1293 ou de 1316.

Florent Bleuet, maître maçon, travailla pendant quarante-six jours à reconstruire les arcs-boutants du chœur avec des pierres de la carrière de la ville. Il gagnait 8 patards1 par jour, soit au total 13 livres 15 sous quand les travaux furent terminés. Son principal ouvrier, Jean Sohier, de Laon, ne gagnait que 5 patards et demi par jour, et le salaire de son aide, Jean Fournier, ne dépassait pas 2 patards. Cinq manœuvres aidèrent les maçons et le charpentier Thomas Noiron qui dressa les échafaudages et les étais. Cette restauration coûta 63 livres et la somme dépen-

1. Le patard était une monnaie flamande qui valait de 11 à 14 deniers.

sée pour les travaux exécutés de 1459 à 1461 s'élève à 601 livres, d'après le compte latin*.

Un autre compte en français, rédigé par le chanoine Mathieu Robert, se rapporte uniquement à la reconstruction d'une grande voûte qui venait de s'écrouler2. Ce travail n'est pas mentionné dans le compte latin. Il faut donc l'attribuer à une date postérieure, c'est-à-dire à l'année 1462 environ. Jean Turpin, Jean Masse, Adam Courtois, Pierre Brissart et maître Sébastien, de Laon, consultés à titre d'experts, furent chargés tout d'abord de faire le devis de la nouvelle entreprise. Jean Masse travailla quarante-huit jours à réparer ce désastre avec son fils, en gagnant 5 sous par jour. Ses quatre aides se nommaient Loiset, Mathieu, Letourneur, Jean Brunel et Jean de Bonnes. Le charpentier Thomas Noiron monta tous les échafaudages. Comme la nouvelle voûte coûta 105 livres, somme assez forte si on la compare au prix moyen de 75 livres payé pour les voûtes précédentes, il est probable que cette grande croisée d'ogives était celle du carré du transept.

Le remplacement des grosses colonnes du chœur fut ajourné par suite du manque de ressources, mais, comme les clochers de l'abside ont été démolis en 1723, il est impossible de savoir si Jean Masse avait entrepris la restauration de la tour bâtie à l'angle du croisillon sud et du chœur. Au contraire, les pinacles du xve siècle qui surmontent les culées des petits arcs-boutants autour des tribunes du chevet prouvent que ce chapitre du devis fut exécuté. Jean Masse refit également la voûte d'ogives et les doubleaux qui recouvrent la seconde travée des tribunes du chœur du côté nord. Dans la première chapelle du bas côté sud, consacrée à sainte Luce, il est facile de constater que le remplage des grandes baies porte l'empreinte du style flamboyant, tandis que les voûtes et les murs remontent au xive siècle. La restauration des fenêtres de cette chapelle fut donc entreprise suivant le devis de Jean Masse, mais, comme en 1476 les arcsboutants et le côté nord de la nef menaçaient ruine et comme la grosse tour du nord était lézardée, suivant le rapport de Pierre Tarisel, il est probable que les travaux prévus à la fin du devis de 1460 avaient été ajournés faute de fonds.

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