Bibl. nat., fr. 12032, fol. 51 v
4. La Fons-Mélicocq, Noyon el le Noyonnais au XIVe et au XVa siècle, p. 31.
Les tours jumelles, bâties vers 1160 et restaurées sous le règne de Louis XI, devaient être divisées en trois étages. Le chapitre fit d'abord venir des ouvriers de Nesle pour évaluer le prix de leur démolition, mais ce travail fut exécuté par Pierre Manon, entrepreneur de maçonnerie à Saint- Quentin, qui signa un marché de 1,950 livres avec Florent Soupplet, adjudicataire général, le 18 février 1723. Il s'engageait à raser les tours jusqu'à leur premier étage, qui se trouve au niveau de la corniche du chœur, à démolir l'escalier de la tour de l'Horloge, ajouté sans doute après coup, et à refaire une toiture au-dessus de chaque clocher. Pour descendre les poutres des beffrois, l'entrepreneur était autorisé à percer les voûtes des tribunes, à condition de boucher les arcs d'encadrement, pour empêcher la poussière d'entrer dans l'église. Il devait également remplir de maçonnerie les baies inférieures des tours et descendre tous les matériaux par l'extérieur dans le cimetière, qui se trouvait au chevet de la cathédrale. Enfin, il prenait l'engagement de démonter une grande poutre qui reliait les deux piliers de l'arc triomphal1.
Les travaux de démolition devaient commencer le 5 avril 1723, et cette clause du contrat fut sans doute remplie, car le 30 mai le trésorier de la fabrique payait déjà les charretiers qui avaient transporté les premiers décombres jusqu'au moulin de Wez. Les quittances successives prouvent qu'on déboursa 149 livres pour charger 410 voitures2. Cet acte de vandalisme était certainement consommé le 6 septembre de la même année, quand le chapitre fit un marché avec Pierre Mahon pour réparer l'étage inférieur de la tour de l'Horloge, qui devait être recouvert d'une calotte de plomb et pour refaire une voûte d'ogives sous la tour Bazin, dont les contreforts avaient besoin d'être renforcés. La dépense était évaluée à 600 livres, mais Pierre Mahon reçut encore 100 livres pour avoir fait des travaux supplémentaires3.
Le 22 décembre 1723, un terrible ouragan détruisit presque entièrement la toiture en pavillon de la grosse tour méridionale de la façade, qui était en fort mauvais état. Dès le lendemain, Christophe Bocquet, charpentier, et Théophile Blouet, maçon, nommés experts d'office, vinrent examiner les dégâts. Un pan de