Annales de Saint-Bertin, éd. Dehaisnes, p
7. Annales de Saint-Vaast, éd. Dehaisnes, p. 336 à 341. — Miracles de Saint-Bertin, dans les Acta Sanctorutn ordinis S. Benedicti, saec. III, 1. 1, p. 132.
8. Chronique de Flodoard, dans les Historiens de France, t. VIII, p. 183.
On peut supposer que la cathédrale fut relevée de ses ruines par l'évêque Lambert au commencement du xe siècle, après la confirmation des biens du chapitre par Charles le Simple en 901 S car elle était certainement rebâtie quand l'évêque Airard mourut en 932. L'emplacement qu'elle occupait alors est facile à déterminer d'après un curieux récit de Flodoard2 et de Richer3. Après la mort d' Airard, un clerc de la ville qui désirait obtenir sa succession fit appuyer ses prétentions par un certain comte Adelelme. Celui-ci escalada les remparts pendant la nuit et s'empressa d'expulser de la cité tous les hommes d'armes. Aussitôt les habitants des faubourgs, aidés par la connivence des bourgeois de la ville, reprennent l'offensive et pénètrent dans la cathédrale par une fenêtre en franchissant le mur d'enceinte. D'autres s'y introduisent en brisant les portes. Adelelme et les clercs qui s'étaient réfugiés dans l'église furent massacrés au pied de l'autel avec leurs compagnons. L'évêque Walbert s'empressa de purifier la cathédrale après son élection.
Ainsi le chevet de la troisième cathédrale de Noyon était adossé aux remparts gallo-romains. Or, les recherches archéologiques de M. Moët de la Forte-Maison permettent de constater que le mur d'enceinte passait dans le transept de la cathédrale actuelle4. Il faut en conclure que l'abside en hémicycle de la cathédrale carolingienne et des édifices antérieurs occupait la partie centrale de la nef, en face des deux dernières travées. Le chevet de Notre-Dame de Noyon s'élève donc aujourd'hui dans le fossé de l'enceinte, comme le chœur des cathédrales de Senlis et du Mans. Le pape Jean XV, qui confirma les biens du chapitre en 988, indique bien l'emplacement de la cathédrale par l'expression d' « infra murum5. »
1. Lefranc, Histoire de la ville de Noyon, Pièce justif. n" 2.
2. « Quidam exusta porta, quidam per ecclesise fenestram ingrediuntur. Adelelmus in ecclesiam coufugiens, secus altare cum quibusdam qui secum introierant intereruptus est et cives urbem recipiunt. » Historiens de France, t VIII, p. 188.
3. v. Facti autem hostium medii in ecclesiam fugere coacti sunt. Urbani vero ab interioribus recepti Adelelmum ac clericum persequi non desistebant portisque ecclesiœ concisis hostes appetunt ac secus altare utrosque cum pluribus aliis crudeliter trucidaverunt. i Éd. Guadet, dans la Société de l'Histoire de France, t. I, p. 116.