LES INFLUENCES POITEVINES EN BRETAGNE ET L'ÉGLISE DE PONT-CROIX
Les arehéoloi^uos sont encore loin d'être d'accord sur le nombre et sur les limites des écoles romanes de la France. Les uns, comme Viollet-le-Duc (1) et M. Anthyme Saint- Paul (2), ont proposé de les multiplier; les autres, comme M. Quicherat et M. Brutails (3), ont rangé parmi les écoles existantes colles de l'Ile-de-France et de l'Aquitaine, mais j'ai chaque année l'occasion de réfuter cette erreur. En elTet, la première se rattache à l'école normande avant le développement du style gothique (4), et la seconde ne peut vraiment pas être représentée par la seule église de Saint- Sernin de Toulouse, qui se rattache d'ailleurs à l'école auvergnate, comme l'c'glise de Conques en Rouergue et la cathédrale de Santiago de Compostelle.
L'école poitevine est au nombre de celles dont l'existence n'a jamais été contestée, mais elle embrasse un territoire beaucoup plus vaste qu'on ne le croit gt'néralement, comme
(1) Dictionnaire d'architecture, t. V. p. 163.
(2) Histoire monumentale de la France, p. 111.
(3) Précis d'archéologie du moyen âge, p. 107 et 121.
(4) E. Lefèvre-Ponlalis : Les influences normandes au XI'^ et au XII' siècle dans le nord de la France, dans le Bulletin Monumental, t. LXX, 1906. p. 3.