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Église de Saint-Pierre-sur-Dives.
Intérieur de la lanterne.
LES CLOCHF.RS lU' CALVADOS
les baies à meneau transversal sont surmontées d'un gàhie au-dessus d'un trèfle. Les quatre lucarnes, qui sappuient sur trois meneaux, sont amorties par une petite flèche à quatre ])ans. Les drmze g^argouillcs correspondent à huit
F. Huard, del.
Plan de la flèche de Saint-Pierre de Caen.
pinacles et aux quatre coins de la tour, où elles se profilent sous deux statuettes.
Les pans de la flèche, ornés d'écaillés en dents de scie et de crochets qui se détachent sur les arêtes, sont ajourés par
30 LES CLOCHERS nU CALVADOS
des rosaces à cinq lobes, des qualre-l'euilles. des trèfles et des trous ronds, comme à Saint-Sauveur de Caen. dont la flèche est la réplique do celle de Saint-Pierre. Elle s'en distingue par la soudure des pinacles de la plate-forme avec les clochetons et par la mollesse des profils. Ces deux tours ont exercé une influence certaine sur la flèche du clocher à balustrade de (^arentan (Manche) et sur celle de la chapelle du Kreisker, à Saint-Pol-de-l.éon. Les architectes bretons se sont généralement inspirés du style gothique normand, mais le clocher nord de la cathédrale de Saint- Pol pn'sente un exemple assez précoce de flèche entourée d une balustrade.
Le clocher central de l'église de Rouvres remonte également au XIV*^ siècle : sa flèche ajourée repose sur un tambour octogone, mais elle est dépourvue de clochetons d'angle. Les quatre lucarnes, divisées par un remplage rayonnant sur leur face principale, sont couronnées de flèches hexagones. La balustrade, formée de quatre lobes, passe au-dessus des arcatures d'angle et des baies jumelles, recoupées par un meneau cruciforme qui correspond à un trèfle remplacé par un (piatre-feuilles dans les clochers de Bretteville et de Norrey^ L'étape supérieur de cette dernière tour ne doit remonter qu'au commencement du XIV* siècle. Ses hautes baies, tréflées comme les arcatures d'angle, sont recoupées par un meneau cruciforme et sa flèche découronnée est flanquée de clochetons hexagones ajourés, dont les pinacles s'élèvent au-dessus de petits gables pleins.
La flèche octogone de l'église voisine de Maizières, dépourvue de balustrade, est, comme celle du clocher de Billy, percée d'ouvertures, mais ses clochetons et ses lucarnes sont modernes : elle n'est pas montée sur un tambour. La flèche de Maisy, près de Saint-Pierre-sur-Dives, présente le même défaut qui nuit à la perspective : ses pans ne sont pas ajourés. Le clocher centrai de Notre-Dame de Vire,
E. Lefèvre-Pontalis. phot.
Clocher de Saint-Pierre de Caen.
I\ Mnrtin-Sahon. phol .
Saint-Sauveur de Caen.
Flèche du clocher.
t.. Lefèvre-Pontalis, phot.
Clocher de Rouvres.
dont les baies jumelles sont divisées par un meneau et un remplage de stylo rayonnant, est surmonté dune plateforme.
Lesarcliitect(»s du (lalvados, au XI V" siècle, se sont parfois trouvés dans l'obligation de remplacer la pyramide de pierre ou le toit en charpente d'un clocher roman. A Anguerny, on a refait la flèche carrée en lajourant par trois quatre-feuillessur chaque pan. La tour centrale» dEnglesqueville fut couronnée d'une flèche octogone trapue, flanquée de quatre clochetons pleins. La même solution prévalut pour recouvrir le clocher roman de l'église de Rully, près de Senlis. Je ne connais aucun exemple de bàtière de pierre du XIV*" siècle, mais la pyramide à (|uatre pans du clocher de Saint-Gilles de Caen mérite d'attirer l'attention : elle est ajourée par quatre lucarnes.
Clochers du XV' et du XVI' siècle.
Le clocher-porche d'Evrecy est une des œuvres les plus originales de la première période. Cette grosse tour est flanquée de contreforts et d'une tourelle d'escalier carrée, qui devient octogone pour soutenir une petite flèche entourée d'une balustrade. Les baies jumelles à meneau cruciforme sont plus longues à l'ouest que sur les autres faces. La bâtière de pierre, remaniée au XVI" siècle, s'élève audessus de deux glacis destinés à réduire ses dimensions et son poids : elle est ajourée par deux lucarnes. Le clocherporche de Blangy, avec ses baies divisées par un remplage flamboyant, est encore intact.
Deux autres bàtières de pierre, qui datent du XV*" siècle, méritent d'être signalées, comme celles des clochers de Ryes et de Monceaux et de la tour du prieuré de Saint-Gabriel (1).
(1) Quelques bâtières de cfiarpente remontent à la même époque, comme celle de Saint-Ouen de Caen dont les pignons sont ajourés et celle du clocher de Brécy.
La première forme le couronnement de la tour de Crépon. Les quatre lucarnes gâblées sont superposées, comme les grands et les petits arcs-diaphragmes intérieurs qui soutiennent les dalles du toit : deux petites baies souvrent dans chaque pignon. L'n étroit passage bordé d'un parapet plein fait le tour de la bàtière: on y monte par une tourelle d'escalier. Ainsi, l'usage de poser le couronnement des clochers en retrait pour qu'on puisse circuler à la base des flèches et des bâtières avait peu à peu prévalu.
La curieuse bàtière de pierre du clocher occidental de Saint-Nicolas de Caen est conforme au même type. Elle s'élève sur un bahut entouré dune balustrade flamboyante semblable à celles des galeries de Saint-Jean et du Vieux- Saint-Etienne, à Caen. Ses rampants sont garnis de crochets et ses deux lucarnes conservent leur meneau central et leur remplage flamboyant. A l'intérieur, des arcs isolés encadrent une croisée dogives qui soutient un lanternon octogone ajouré par des baies gâblées et décoré de crochets sur ses arêtes. La flèche carrée qui s'élève sur la tour gothique de Bricqueville peut remonter à la fin du XV® siècle. Elle présente une silhouette élégante, avec ses pinacles d'angle et ses lucarnes dont le meneau cruciforme soutient deux arcs trèfles et trois mouchettes encadrées par un gable. Des lucarnes plus petites s ouvrent au-dessous du fleuron (1).
Les meneaux cruciformes qui persistent dans les baies des clochers de Brécy et de Rucqueville portent des arcs trèfles. Dans la tour de Crépon, les meneaux se bifurquent en Y, comme dans les clochers et les fenêtres du XIII* siècle. Le clocher-arcade de Sully, près de Bayeux, signalé par
(1) Au XVII^ siècle, on monta encore des flèches carrées sur les clochers de Cairon. du Fresne-Carailly et de Colombières (1691). J'ai cité plus haut celles de Saint-Contest, de Saint-.Michel de Vaucelles et de Hény-sur-.Mcr 0728).
A. Hurtln' ir.Vnneli't. phot.
Clocher-porche d'Évrecy.
A. Burtho d'Annelet, phot.
Flèche du clocher de Bricqueville.
M. do Caumont (1). s'élève sur un bahut orné d'arcatures trilobées : ses deux baies trétiées, ses deux pinacles et son petit pignon garni de crochets se profilent bien sur le ciel. Lejpignon de la façade de l'église Saint-Laurent, à Falaise, est surmonté de deux arcades d'un style plus simple.
La tour-lanterne de l'église de Rots fut surmontée d'un véritable clocher du XV^ siècle. Les baies jumelles tréflées de l'étage supérieur sont dépourvues de colonnettes, mais leur archivolte présente une série de moulures à pénétration. Une balustrade cache le pied de la flèche en charpente. A Dives, la tour centrale, bâtie sur plan rectangulaire, est ajourée par sept baies en tiers-point. Elle se termine par une plate-forme à balustrade flamboyante. Le premier étage octogone de la tour centrale de la cathédrale de Bayeux, ajouré par huit fenestrages de style flamboyant, fut bâti en 1425 sur une souche carrée bordée d'une balustrade et de pinacles, mais l'étage supérieur est moderne.
Les seules tours-lanternes du XV^ siècle sont celles du Vieux-Saint-Etienne et de Saint- Jean, à Caen. La première, dont les huit pans sont inégaux, s'élève au-dessus d'un étage carré. La transition entre les deux plans est obtenue au moyen de quatre pendentifs, comme sous les tours-lanternes de Coutances et de Saint-Sever (Calvados). Ses huit branches d'ogives sont reliées par un arc trilobé autour de la clef à œil central. Deux galeries de circulation permettent de contourner la cage. La première, encadrée par des arcs géminés en lancette avec fleur de lis dans l'écoinçon, correspond à l'étage carré. La seconde s'ouvre sous des formerets très profonds, qui portent des dalles sur leur extrados. Les baies supérieures sont recoupées par un meneau cruciforme et deux lancettes. Un escalier très étroit débouche au niveau de la balustrade extérieure qui
(1) Statistique monumentale du Calvados, t. III, p. 433.
se compose dune série de quatre lobes. Le dernier étage, bâti en retrait, servit de prototype à celui de la tour centrale de Saint-Etienne de Caen, qui n'est pas antérieur au XVII* siècle.
La lanterne de Saint-Jean de Caen est bâtie sur le même plan que la précédente : sa décoration se fait remarquer par son élégance. Au-dessus d'un étage carré tapissé d'arcatures de style flamboyant, comme les fenestrages de ses baies, s'élève une tour octogone inachevée de la Renaissance. Les pieds-droits de ses huit baies attendent encore les archivoltes qui devaient retomber sur leur imposte, mais les pinacles dangle, qui servent de point d appui à deux petits arcs-boutants, sont ornés de candélabres et de rinceaux : leur silhouette est très originale.
Parmi les autres tours du XVP siècle, il faut signaler les clochers-porches inachevés de Pont-l'Evêque et de Saint- Jacques de Lisieux, décorés suivant les principes du style flamboyant; le clocher de bois de Sainte-Catherine d'Honfleur et la flèche octogone du clocher sud de la cathédrale de Lisieux, bâtie en 1579. Cest la seule flèche de pierre de ce diocèse, dont les clochers sont presque tous couronnés de hautes flèches de charpente du XVP siècle. Ornée de crochets sur ses arêtes, elle sélève au-dessus d'une balustrade : quatre contreforts, amortis par des frontons, épaulent le tambour. Vers la même époque, comme M. Serbat Ta fait remarquer (1), on a recoupé par trois baies en plein cintre superposées, qui jouent le rôle d'étrésillons, les grandes ouvertures de cette tour bâtie au XIIP siècle sur le modèle de l'autre.
Le plus élégant clocher du XVL siècle dans le Calvados est celui de Saint-Patrice de Bayeux, daté de 1549. Divisé en cinq étages par des entablements successifs qui reposent sur des colonnes et sur des pilastres, il est ajouré au second
(1) Guide du Congrès de Caen, p. 316.