‹ Collected papers (volume 4)Chapitre 36 sur 43 · V . l,.'lVvre-Pnul:llis. l>lint · texte numérisé non relu

V . l,.'lVvre-Pnul:llis. l>lint

Cathédrale de Bayeux.

Tour du sud.

Église de Bazenville.

Clocher-porche.

E. Lefèvre-Ponlalis, phot.

Cathédrale de Bayeux.

Clocheton du transept.

LES CLornERS nu calvados

Bernirres et du Manoir, doivent être considérés comme de véritables exceptions. 11 en est de même des clochersarcades qui s'élèvent sur le pignon de la façade à Lieurey

Clocher-arcade de Mithois.

et à Mithois. Ce dernier, flanqué de six colonnettes, se compose de deux petites baies en tiers-point séparées par

un fût en délit et encadrées sous un arc de décharge. A Périers, les deux baies sont surmontées d'un linteau.

Les clochers gothiques du Calvados se distinguent aussi des clochers romans par l'allongement extraordinaire de leurs baies géminées (l),dont l'archivolte en tiers-point très moulurée retombe sur de fines colonnettes, comme dans la tour nord de la cathédrale de Lisieux. J'ai déjà signalé quelques clochers romans dont les baies étaient très hautes, comme à Saint-Loup-Hors ; par contre, les ouvertures du dernier étage du clocher sud à Saint-Pierre-sur-Dives ont encore les proportions romanes, comme à Baron et à Sousmont-Saint-Quentin. oîi chaque face est percée de trois baies. Par exception, les baies en plein cintre du clocher du Manoir (2) sont recoupées par un pilastre qui porte im linteau et un tympan plein.

La hauteur des baies des clochers gothiques tendit sans cesse à s'accroître, si bien qu'il fallut étrésillonner par des meneaux horizontaux les colonnettes en délit qui recoupaient l'ouverture en deux parties. L'une des plus anciennes Applications de ce système particulier aux clochers du Calvados se voit dès la fin du XIP siècle dans les baies du clocher du Vieux-Saint-Sauveur, à Caen. Une traverse arrondie vient couper les deux colonnes jumelles de la pile centrale. Il en résulte que le remplage de chaque baie ressemble à un meneau cruciforme, comme à Formigny, à Dernières, k Ouistreham, à Nonant, à Vierville. Dans les baies des clochers d'Audrieu, de Bretteville-

(1) Les tours percées d'une seule baie sur chaque face, comme à Baron, à Cuverville, à Ducy-Saiiite-Marguerite, à Maizières, à Noron, à Sainte- Honorine-des-Perthes, à \'aucelles, près de Baveux, et à V^illicrs-le-Port. sont plutôt rares. Elles portent encore l'empreinte d'influences romanes et remontent au premier tiers du XIII'^ siècle.

(2) M. de Caumont eut tort d'attribuer cette tour au XVI" siècle. J'ai relevé beaucoup d'erreurs sur la date des clochers du Calvados dans la Statistique monuiuentale.

A. Burthe d'Annelet, phot.

Clocher de Bernières.

Clocher-porche du Manoir.

l'Orgueilleuse, d Ktreham , de Tilly-sur-Seulle , le nombre des étrësillons se multiplie, comme dans les clochetons des tours occidentales de la cathédrale de Coutances. où il atteint le chilTre de sept. Ces traverses si caractéristiques forment un T dans les baies des clochetons des flèches et des tourelles d'escalier du XIII* siècle.

Les baies de la tour de Bazenvillc, ctrésillonnées par des arcs trèfles, des clochers de Ducy-Sainte-Marguerite, d'Ifs, de Louvières, de Villiers-le-Sec, ne sont pas refendues, mais généralement la colonnette centrale porte deux moitiés d'arcs en lancette qui viennent buter contre l'archivolte principale, suivant l'usage de lécole gothique normande. Leur écoinçon est tantôt plein, comme à Formigny, à Maizières, au Manoir, à Sousmont-Saint- Quentin, au Vieux-Saint -Sauveur de Caen. tantôt ajouré par un losange curviligne (i), un trèfle, un trou rond.

On voit très souvent de longues arcatures en tiers-point adroite et à gauche de chaque baie, comme à Baron, à Biéville, à Fierville-la-Campagne, à Ifs, à Lisieux, à Louvières, à Ouistreham, à Tilly-sur-Seulle, à Vierville : il est plus rare de rencontrer, comme à Saint-Sylvain, des arcatures subdivisées, ou un rang darcatures en tiers-point sous les baies, comme à Baron, à Bernières, à Formigny, à Villiers-le-Sec et dans les tours-lanternes. Certains clochers ajourés par une seule baie sur chaque face, comme à Nouant, à Vaucelles, près de Bayeux, sont dépourvus d'arcatures décoratives à droite et à gauche des baies. Le clocher sud de Saint-Pierre-sur-Dives. qui rentre dans cette catégorie, se distingue de tous les autres par les oculi en forme de quatre-feuilles et de polylobes qui s'ouvrent l'un au-dessus de l'autre, de chaque côté de ses quatre baies supérieures. Au sommet du clocher de Mosles,on voit un oculus

(1) Exemples : clochers d'Audrieu, d'Etreham, de Nonant, de i'icrville. de Lisieux (tour du uord), laulerne de Saint-Pierre-sur-Dives, clochetons du transept à la cathédrale de Bayeux.

percé sur toutes les faces. Des rosaces et des quatre lobes aveugles remplissent les écoinçons des baies et des arcatures supérieures sur le clocher nord et la tour centrale de la cathédrale de Lisieux, sur la lanterne de Saint-Pierresur-Dives.

Les minces colonnettes engagées dans les quatre angles des tours deviennent de plus en plus hautes, comme à Dernières, à Etreham. à Tour, à Yilliers-le-Port,mais elles font souvent défaut, comme à Vaucelles et à Ouistreham. Les modillons persistent sous les flèches d'un grand nombre de clochers du XIIP siècle, comme à Tour et à Saint-Pierresur-Dives. ou bien ils sont remplacés par un rang de petits quatre-feuilles gravés en creux, comme sur les tours centrales de la Trinité de Caen et de Ouistreham. qui doivent être l'œuvre du même architecte. Leurs arcatures nues retombent sur des pilastres, ce qui leur donne un caractère particulier.

Bâtières et flèches de pierre.

Les clochers du XIII- siècle présentent trois genres de couronnements (1) : la bâtière de pierre, la pyramide à quatre pans et la flèche octogone flanquée de quatre clochetons. La bàtière de pierre, toiture très économique, est surtout répandue dans le Bessin. à Barbeville.à Cussy, à Formigny, à Nonant. à Vaucelles. près de Bayeux. et à Yilliers-le-Sec. En dehors de cette région, j'en connais des exemples à Villerville, près de Trouville. et sur quelques clochers de la Manche. Les couvertures de ce type, qui s'appuient sur des arcs-diaphragmes en tiers-point, sont percées de deuxlucarnes très simples, souvent dépourvues de colonnettes : une petite

(1) Quelques clochers, comme ceux de Cuverville, de Demouville et de Gouslranville, se terminent par une plate-forme, sans doute faute de ressources pour bâtir la flèche.

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E. Chanliat, del.

Église du Vieux-Saint-Sauveur, à Gaen.

Baies du clocher.

E. Lpfrvie-Pontalis. phot.

Cathédrale de Lisieux.

Tour du nord.

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E. Chanliat. del.

Cloclier central de Ouistreham.

^efèvre-Pontalis, pKot.

Saint-Ktienne de Caen.

Abside.

A. liiinhi' d'Annelet, phot .

Clocher de Formigny.

LES CLOCHERS Df CALVADOS • 21

baie s'ouvre dans cliaquc pignon. Le même principe de toiture fut appliqué sur les porches de Barbeville, de Couvert, de Bernières, de Demouville, de Norrey, comme sur les bascôtés de l'église de Montataire, sur l'église de Rousseloy et sur une chapelle de l'église de Foulangues (Oise). Je n'ai pas rencontré une seule bâtière de pierre antérieure au XIII" siècle dans le Calvados. On fit plus rarement usage à la même époque de la bàtière en charpente, dont l'origine est plus ancienne, mais les clochers dEtreham, de Mosles, de Sousmont-Saint-Quentin en présentent des exemples. Les tours centrales de la Trinité de (kien et de Ouistreham sont recouvertes de toits en pavillon.

Le nombre des flèches carrées diminue beaucoup au XIII^ siècle, mais les clochers de Basse-Allemagne, de Baron, de Bazenville, du Manoir, de Quilly (1), de Roscl. les tourelles carrées des escaliers à la façade de l'église de Rots, au chevet de Saint- Etienne de Caen et de la cathédrale de Coutances ont conservé leur pyramide gothique. Des boudins d'arêtes et des écailles décorent ces flèches ajourées par quatre lucarnes.

L'une des plus anciennes flèches octogones gothiques de la région est celle du petit clocher latéral de Fontaineflalbout. qui remonte au commencement du Xlll'^ siècle et qui ne pouvait pas être flanquée de clochetons à cause des faibles dimensions de la cage (2). J'attribue volontiers à la même époque la flèche à huit pans du clocher roman de Campigny, flanquée de quatre petites pyramides triangulaires et ajourée par des fentes. La flèche octogone du clocher sud de Saint-Pierre-sur-Dives fut aussi l'un des premiers exemples de ce type dans k^ Calvados : ses arêtes sont accu-

(1) Les flèches des églises de Basse-Alleinagnc, de Ba/enville et de Quillj' sont les plus hautes pyramides carrées du Calvados.

(2) Far contre, les clochetons modernes des flèches de Bretleville-I'Orgueilleuse, de Douvres, de Langrune, de Secqueville-en-Bessin avaient été prévus au XIII" siècle.

22 LES CLOCHERS Dl CALVADOS

sées par huit boudins et ses panneaux décailles alternent avec des assises débordant les unes sur les autres. Ce système de décoration appliqué déjà sur la pyramide romane de Saint-Loup se voit également sur les tlèclies de Saint- Etienne de Caen et de Ducy-Sainte-Marguerite. Ailleurs, notamment à Bazenville. à Ifs. à Vierville, les lits se décrochent comme des tuiles et non plus en véritables gradins, comme sur les clochers de Thaon et de Ver.

La llèche d'Audrieu est inachevée. L inclinaison de ses pans avait été mal calculée, mais les architectes auraient pu réparer cette erreur de tracé en donnant aux arêtes une forme convexe, comme dans l'ancienne flèche de Bretteville. frappée par la foudre en 1864. Jai constaté que la flèche du clocher de Marolles lOise, qui remonte au Xll® siècle, présente la même particularité. D'autres flèches romanes et gothiques ont des pans inégaux par suite d'un défaut de plantation à la base. Ainsi la largeur des côtés de la tlèche de la tour du sud à la cathédrale de Chartres varie de l'"08. Les essais d'ajourage des flèches dans le Calvados avaient été bien timides (1), comme on peut le constater au XIP siècle, sur la pyramide du clocher de Colombiers-sur-Seulle. et vers 1220 sur la flèche octogone de Campigny. mais à la fin du XllP siècle, les constructeurs devinrent plus hardis. La flèche de Langrune est percée d'une série de trous polylobés, comme l'ancienne flèche de Bretteville.

A la base des flèches octogones se trouvent quatre petites pyramides, comme dans les clochers romans du Vexin et de la vallée de l'Oise. La transition entre les deux plans est obtenue au moyen de quatre trompes en tiers point. Les clochetons de la flèche du clocher sud de

(1) Les trous carrés visibles sur les flèches de Baron, de Basly, de Bazenville, de Colombiers-sur-Seulle, de Fontaine-Halbout ne sont que des trous de boulin.

Église de Saint-Pierre-sur-Dives.

Clocher sud.

lilalis, phot.

Clocher d'Audrieu.

LES CLOnnERS 1)1 CALVADOS

Saint-PieiTO-sur-Divcs sont uni(|ucs en leur •^■eiire, car leurs six pans inclinés part(Mitde la plate-foi-mo de la llèche, tandis que les autres architectes avaient reconnu avec raison la nécessité delever les clochetons liexagones sur un support du nicme plan. A Ifs. ce socIh, décoré d'arcalures, est plein, mais les conslrucleurs prirent le parti d'ajourer les

F.. Chauliat, deL

Clocher nord de Saint-Etienne de Caen.

Plan de la flèche.

clochetons par des petites haies en tiers-point ilanquées de colonnettcs. comme à Tour et à Bernières. Dans la ilèche de la tour nord de Saint-Ktienne de Caen, les clochetons hexagones, très élancés, sont percés de baies en plein cintre recoupées par une colonnette à traverse centrale.

La silhouette des clochetons des llèches du XIII'' siècle dans le Calvados est très variée. Tantôt les pans du socle polygonal sont inclinés, comme à Bayeux et à Tour, dont les flèches ont des liens de parenté très frappants, tantôt les clochetons s'élèvent sur un socle carré plein, comme à Ducy-Sainte-Marguerite, à Louvières, à Vierville, à Villiersle-Port, tantôt, comme à Audrieu ou à l'extrémité des croisillons de la cathédrale de Bayeux, leurs quatre baies sont divisées par un meneau cruciforme (1). Les flèches des clochetons, recouvertes d'écaillés, ne sont jamais ajourées. La seule flèche montée sur un étage octogone gothique est celle du clocher roman de Trévières, qui a été rebâtie (2).

Les lucarnes percées dans les flèches carrées ou octogones présentent également plusieurs types différents. Les plus simples se composent d'une baie en tiers-point flanquée de quatre colonnettes et dont le petit fronton est surmonté d'une tète humaine ou d'un animal couché, comme à la cathédrale de Bayeux, à Bazenville, à Ducy-Sainte-Marguerite, au Manoir, àQuilly,à Rosel et à Tour, L'architecte du clocher sud de la cathédrale de Chartres avait tiré le même parti de ce motif de décoration dès le milieu du XII'' siècle. D'autres lucarnes, comme celles de la flèche nord de Saint- Étienne deCaen, des clochers de Basse-Allemagne, d'Ifs, de Secqueville-en-Bessin et de Vierville, sont formées de deux ou de trois colonnettes en délit qui soutiennent une petite flèche à quatre pans, dont la base est ajourée par des baies très étroites. Les colonnettes peuvent faire défaut, comme à Douvres, où les montants des lucarnes, reliés par deux tra-

1) Les mêmes transformations se remarquent dès le XII« siècle dans l'Ile-de-France, à Nesles-la- Vallée et à Bougival ; dans la Bourgogne, à Saint-Germain d'Auxerre et à Vermenlon ; dans la Touraine, à Saint- Ours de Loches et à Beaulieu.

(2) Les flèches du même type qui couronnent les clochers modernes de Carcagny, de Creully et de Sommervieu ont été bâties vers 1840.

E. Lelèvre-Pontalis, phot.

Saint-Étienne de Gaen.

Flèche du clocher nord.

E. Lefèvre-Pontalis. phot.

Clocher d'Ifs.

E. Leièvre-Pontalis. pbot.

Cathédrale de Coutances

Tour du nord.

LKS CLOCDERS DT CALVADOS 2;i

versos, supjiortont une petite flèche hexagone qui vient s ajuster sui- quatre frontons (1).

La flèche de lu tour méridionale de Saint-Ktienne de Caen mérite une ('hule particulière, carelle ne ressemble! à aucune autre. 11 faut lattrihuer à la seconde moitié du Xlll*"

E. Chanliat, del.

Clocher sud de Saint-Étienne de Caen.

Plan de la flèche.

siècle. Ses quatre clochetons d'angle, de plan triangulaire, sont décorés sur les deux faces visibles de trois arcatures tréflées et les baies géminées, qui s'ouvrent ])lus haut, sont

(1) Les clochetons de cette flèche qui reposent sur des colonnettcs en délit sont modernes, mais les lucarnes, restaurées vers 1880, sont dessinées dans la Statistûiiip nioninnentale du Calvados, t. I, p. 451.

étrësillonnées par deux traverses engagées dans le meneau central. Lécoinçon est ajouré par un ocaliis, mais ce qui est bien plus anormal, c'est la petite flèche hexagone qui sort des glacis formés par la rencontre des trois frontons, comme à Douvres, [.es quatre lucarnes, recoupées par un meneau cruciforme, se distinguent par leur grande hauteur : leurs trois gables, percés d'un quatre-feuilles. reposent sur une cage ajourée par un triplet sur chaque face. Des fleurons se détachent au sommet des clochetons et des lucarnes.

Il faut ranger parmi les autres flèches du Xlll* siècle d'un type original en Normandie celles de la cathédrale de Coutances. L'architecte monta le dernier étage des tours sur un plan octogone qui concordait avec celui des clochers romans, suivant la disposition adoptée à Chartres, à 'Vendôme et à Senlis, mais la hauteur exceptionnelle des six clochetons qui partent de la base de l'étage supérieur pour se terminer un peu au-dessous du sommet des lucarnes mérite d'attirer l'attention (1). Trois clochetons, accolés aux tourelles hexagones des escaliers, sont amortis par une flèche carrée qui couronne des baies très longues refendues par une colonnette en délit et sept traverses.

Tours-lanternes.

Les tours-lanternes sont aussi rares dans le Calvados au XIIF siècle qu à lépoque romane, mais les architectes continuèrent à les surmonter d'un étage destiné à recevoir des cloches, sauf à la cathédrale de Lisieux dont la lanterne, voûtée par huit branches d'ogives comme les autres, n'était pas prévue à l'origine. Celle de Saint-Pierre-sur-Dives fut sans doute l'une des premières bâties au XIII*^ siècle dans la

(1) Les flèches occidentales de Notre-Dame de Saint-Lo, bâties au XV« siècle, sont une réplique de celles de la cathédrale de Coutances.

¥.. Lefèvre-Pontalis, phot.

Saint-Étienne de Caen.

Flèche du clocher sud.

Lefi^vre-Pontalis, phot.

Église de Norrey.

Tour centrale.

Oh

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Lou/ier, del.

Coupe de la tour-lanterne.

[.■-l'.inlalis. lihol.

Cathédrale de Coutances.

Tour centrale.

K. Li'fèvre-Pont;ilis, phot.

Tour-lanterne de Norrey.

région. Les baies en tiers-point de ses deux étages, refendues par un meneau, sont assey- basses. Des galeries permettent de eontourner la cage à l'intérieur, comme à Lisieux où le triforium aveugle de la lanterne est du même type quà la cathédrale de Rouen.

A Langrune comme à Norrey, des passages intérieurs permettent de circuler à deux niveaux dilîérents. Au-dessus de la voûte, lélage des cloches est percé sur chaciue face de longues baies jumelles en lancette, flanquées d'arcatures, comme dans la j)lupart des tours centrales. Des arcades aveugles assez basses décorent le soubassement masqué par les combles. A Rots, la lanterne du XllT' siècle pr»''scnle la même disposition, mais le dernier étage de la tour fut reconstruit au W'" siècle. La lanterne octogone de Saint- Sever, près de Vire, est une réplique de celle de la cathédrale de Coutances que j"ai déjà décrite (1), mais elle est restée inachevée : une baie en tiers-point, ilanquée de colonnettes, s'ouvre dans chacun de ses pans.

Clochers du XIV' siècle.

Si les clochers du XI V" siècle sont en très petit nombre, il est facile d en comprendre la raison. Les tours du XIl'" et du XIII® siècle étaient si nombreuses et si solides, que le besoin délever de nouveaux idocliers ne se fit pas sentir. Dailleurs, le mouvement de construction se ralentit beaucoup à cette époejue. La tour nord de Saint-Pierre-sur- Divcs, le clocher-porche de Saint-Jean, à Caen, terminé au XV" siècle, ne diffèrent des tours du XIIL siècle que par la plus grande hauteur de leurs baies et leur décoration.

Le clocher-porche d'Ellon présente au rez-de-chaussée une voûte originale : cest une croisée d'ogives aux angles

(1) Guide du (Amfjri's de (^.acn. p. '2.Î7.

abattus, qui vient buter au-dessus de quatre trompes en tierspoint, permettant de passer du carré à 1 octogone dans le seul but de réduire la portée de la voûte (1). Le clocherarcade de la chapelle de Bussy. qui a ét(' démoli, se composait de deux baies en tiers-point, comme ceux de Launaysur-Calonne et de l'ancienne église de Cabourg (2).

Le clocher de Saint-Pierre de Caen, bâti avant 1317 sur la première travée du bas-côté sud !3). est un v(^ritable chefd œuvre. Un ])orche élégant dissimule la lourdeur de son soubassement. Les longues baies jumelles du premier étage, encadn'es par dix colonnettes et flanquées de deux arcades aveugles en lancette, sédèvent au-dessus d'un étage garni d'arcatures : elles sont recoupées par une colonne en délit et des étrésillons de pierre. Les cordons d(^s archivoltes sont ornés de crochets et d'un fleuron à la clef. La plate-l'orme entourée d'une balustrade qui se trouve à la base de la tlèche hit une innovation contraire aux principes de composition du XIII- siècle (4). On en trouve d'autres exemples à Saint-Sauveur de Caen. à Maisy, à Maizières et h Rouvres. Ce parapet avait le défaut de nuire à la pureté des lianes verticales en sonlig-nant la naissance de la flèche, mais l'architecte du clocher de Saint-Pierre avait eu soin d'asseoir sa flèche sur un tambour octogone'. Aux angles de la plate-forme il éleva des clochetons hexagones dont

(1) Cf. A. de Cauniont: Statistique nwnunientale du Calvados, t. III, p. 394.

(2) Ibid.. t. II, p. 8; t. III, p. 508, et t. IV, p. 36(5.

(3) Celle date est celle du décès du trésorier Nicolle Langlois qui fit construire la tour, d'après son épilaphe transcrite i)ar De Bras: Les recherches et antiquilez de la ville de Caen, 1588. Nouvelle édition, p. 55. La date de 1308 donnée par M. l'abbé de La Kue dans ses Essais historiques sur la ville de Caen, 1820, t. I, p. 96, ne repose sur aucun texte.

(4) La balustrade du clocher de lirelteville-l'Orgueilleuse est une œuvre moderne. L'ancienne flèche, détruite par la foudre, en était déi)Ourvue, comme l'indique un dessin des carnets de M. Bouet.

F.. Lefi^vre-Pontalis, phot.

Église de Saint-Pierre-sur-Dives.

Tour-lanterne.

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