‹ Collected papers (volume 4)Chapitre 40 sur 43 · L EGLISE DE LA CELLE-BRIERE · texte numérisé non relu

L EGLISE DE LA CELLE-BRIERE

remonter au XI'' siècle, comme M. Buhot de Kersers la prétendu. La coupole centrale octogone, assise sur une moulure en biseau, se compose de pans inégaux : les

E. Chauliat, del.

Chapiteau du transept.

plus petits correspondent à quatre trompes en cul-de-i'our.

La première travée du croisillon nord, de même largeur

que les bas-côtés, est recouverte d'une voûte en berceau

qui sélève à un niveau supérieur à crlle de la seconde

Eglise de La Gelle-Bruère.

Coupe sur le transept.

E. Chauliat, del.

E. LelAvre-Pontalis, phot.

Église de La Celle-Bruère.

Nef et bas-côté sud.

LKCLISr: I)K LA CELLK-BHl'KHK t

travée, afin dépauler la coupole, conimo à Orcival Puy-de- Dôme). Ce système de butée généralement réalisé en Auvergne par deux petites voûtes en quart de cercle avait donc pénétn'^ dans le Berri. car les architectes des églises de Cliàleaunicillant. de Ligniéres et de Puy-Ferrand adoptèrent ce dernier parti. La voûte de la seconde travée est encadrée par un doubleau en plein cintre (|ui s'appuie sur deux colonnes, lue IViK^re delà iiiénic l'orme s ouvre dans le mur de fond.

Le bas-côt(' voiU('' en i)erceau rpii longe !<■ elueur et rpii précède la jtremière al)sidio]c voûtée en cul-de-l'our communique avec le chœur i)ar trois arcades. Une disposition du même genre se rencontre aux Aix-d'Angillon. à Blet, à (Iharost. à (Ihàleaumeillanl. à Chezal-Benoit. à Dèvres. à Plaimpied. à Saint-Oiisirille i(^lier . à Méobecq, à Saint- Genou (Indre) et à Saint-Bcnoit-sur-Loire. comme dans les églises normandes. I>a partie droite du mur est décorée ])ar trois arcatures en ]»lein cinli-e qui s'appuient sur des pilastres.

[.a seconde absidiole. [)lus large et moins profonde, est encadn'e j)ar deux colonnes et par un arc cintré qui précède la voûte en cul-de-four. Les chapiteaux, ornés de tètes de femmes et de feuillages, méritent d'attirer l'attention. Un bandeau biseauté passe sous l'appui de la fenêtre de Ihémicycle. Toutes ces dispositions se répètent dans le croisillon sud. Des masques de femmes et des monstres qui tirent la langue ou qui avalent des boules se détachent sur les chapiteaux de labsidiole la plus éloignée du sanctuaire.

La voûte en berceau du chœur précède une voûte en culde-four : deux colonnes viennent s'engager dans le décrochement des murs. De chaque côté, dans la partie droite, s'ouvrent trois arcades en plein cintre qui retombent sur deux grosses colonnes monolithes et sur deux colonnes engagées. Une large scotie surmontée d'un petit tore se développe autour des bases. Au nord, les chapiteaux sont

L EGLISE DE LA nELLE-BRlEKE

garnis de larges palmettes et de feuillages qui se relieu l à l'astragale : on voit des dragons affrontés sur une corbeille.

E. Chauliat, del.

Cfiapiteau du cfiœur.

Les sculpteurs ont découpé huit dés sous les tailloirs à double cavct, comme au sommet des chapiteaux corinthiens. Du côté sud. les chapiteaux sont remarquables. Le premier, qui couronne une colonne engagée, est orné de deux

K. Lffi'vri'-Pontalis, phot.

Église de La Celle-Bruère.

Chœur.

E. Chauliat, del.

Église de La Celle-Bruère.

Bas-côté sud du chœur.

K. Lei.'vr<-Poiii:ilis, pliot.

Kglise de La Celle-Bruère.

Travées droites du chœur.

L KG USE IH-: LA CKLLK-lîHUERE

masques et de feuillages. Le second, ([iii correspond à un fût isol('', se distin^^-uc par quatre tèles d'hommes barbues, très saillantes, dont les cheveux se divisent en mcches, sui-

E. Chauliat, ciel.

Chapiteau du chœur.

vant la mode du XII'' siècle. Au milieu de chaque l'ace de la corbeille, des figures de femmes alternent avec les masques d'angle. Il faut mentionner ensuite huit oiseaux dont les cous s'entrelacent et quatre dragons alfrontés qui dévorent

l'église pe la celle-bruère

la tige dune volute. A l'entrée de Ihémicycle, éclairé par trois fenêtres en plein cintre qui s'ouvrent entre deux colonnettes, on remarque à droite un chapiteau où deux lions se dressent au milieu d'élégantes palmettes: à gauche, deux têtes dangle barbues et trois masques intermédiaires.

Base d'une colonnette du chevet.

Ne quittons pas l'intérieur de l'église sans étudier le remarquable tombeau de saint Silvain, placé dans le croisillon sud. M. l'abbé Duroisel a décrit cette œuvre d'art, qui provient d'une chapelle bâtie au XV*" siècle dans la paroisse et dont les peintures étaient très originales {i}. Le gisant, de petite taille, vêtu du costume sacerdotal, a la tête appuyée sur un coussin, entre deux anges mutilés. On ne peut plus lire que vingt mots de l'épitaphc :

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patron rt noiiâtrr Damr

licui' inuoquf et mlamc

tant V lenrs prrrs faire

. . . para^is Dicn nons uaiillf rrtrairr

(1) Saint Siloain. sa chapelle, son tombeau, son culte à La Celle-Iiruére ; Bourges, 1893, in-8".

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LKdl.lSK DE LA C1:LLI>J5HI'KIŒ H

Le socle, de style namboyant. est rehausse'' de l)as-reliers. Au uord. le (Christ, monté sur une àiiesse et suivi ]>ar les douze apôtres, l'ait sou entn'e à .li-rieho, sous les yeux de Zachéc quon aperçoit dans un arbre. La scène qui correspond à la tète du gisant représente saint Pierre envoyant les deux moines saint Silvain et saint Silvestre évanof'liser la Gaule. Dans le panneau méridional, encadré par des moulures et des colonnettes, comme les autres, saint Silvain et sainte Rodène ensevelissent sain! Silvestre dans son cercueil. On voit ensuite saint Pierre (|ui remet le bâton pastoral à saint Silvain. la résurrection de saint Silvestre et le baptême de sainte Kodène par saint Silvain. Le bas-relief qui se trouve sous les pieds de la statue est dilïicilc à interpréter, mais comme sainte Rodène y ligure, on peut supposer que .saint Silvain la présente aux fidèles après son baptême.

Épaulée par des contreforts d'angle peu saillants, la façade en petits moellons conserve une port(^ en plein cintre, dont les deux colonnettes ont dispai'u : le tailloir m biseau de leurs cliapit(\aux est orné de ])almettes et d'entrelacs. Le tympan nu, qui repose sur un linteau appareillé, est encadré par deux rangs de claveaux sans moulures, puis par un cordon garni de damiers et d'entrelacs en forme de losanges. Au-dessus des modillons et du glacis qui amortissent la saillie du portail, s'ouvre une fenêtre en plein cintre à boudin continu : son cordon mouluré forme un bandeau à la hauteur de l'imposte. Une croix, qui se compose de cercles entrelacés, couronne le pignon, dont les rampants sont décorés de billettes.

Sous les fenêtres percées dans l'axe des collatéraux, on voit deux bas-reliefs, d'un caractère très archa'ïque et d'une facture très grossière, qui représentent des lutteurs. A droite, les combattants, vêtus d'un court bliaud à petits plis et chaussés de souliers, s'empoignent par la tète et par la ceinture. Des serpents s'agitent au-dessus de leurs têtes : on

L PX.LISE DE LA CELLE-HHl ERE

distingue entrc^ leurs jamlx's un renard eonranl cl un disque emuianehé. I>e nom de ^{l^ly^c ^^o lit entre les deux personnages. Dans le groupe de gauelie, la lutte est cneore plus vive. Les deux hommes, plus frustes, se saisissent mutuellement par la tète: un earquois se détache à l'angle de la

E. Lefiivro-Pontalis, phot.

Bas-relief de la façade.

pierre et le nom de ^j^^VS ^'^^ grav»'- sur un fragment d'arcade. Trois autres sculptures, égahmient réemployées, décorent la façade, notamment un mas(|ue humain et un taureau qui pose le pied sur une boule.

A quelle date peut-on attribuer les bas-relici's des lutteurs? i\I. Buhot de Kersers les fait remonter à l'époque carolingienne, mais les rares figurines humaines du YIIP

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