I.ii
Ogives du chœur.
Vers 1130
Lefèvre-Pontalis, rest.
E. Chauliat, del.
Plan de Notre-Dame d'Étampes vers 1150.
Essai de restitution.
relief sur deux tores, celles de la seconde, d'un large filet en saillie sur un énorme boudin, prototype grossier d'un profil qui caractérise le style gothique rayonnant. Enfin, le tore de la troisième voûte est engagé dans un bandeau carré, comme dans les ogives normandes. Les compartiments de remplissage sont en blocage, comme dans les bascôtés du chœur.
Doubleau du chœur.
Les colonnes et les chapiteaux ornés de palmettes qui correspondent aux ogives, sont plantés obliquement, comme les tailloirs. Une gorge centrale, accostée de quatre boudins, est creusée dans les deux premiers doubleaux en tiers-point : cinq tores se profilent sur le dernier. Les formerets décrivent la même courbe et hnir unique boudin retombe sur un encorbellement qui fait corps avec le tailloir placé sous les ogives.
L'étude de toutes les piles du chœur est très instructive, car elle prouve que larchitecte avait dû bâtir doux chapelles
carrées, voûtées d'ogives dans les angles de l'abside et du transept, au lieu de boucher les arcades de la seconde travée par des murs de clôture provisoires, en attendant les ressources nécessaires pour commencer les bas-côtés du chevet, dont la construction postérieure entraîna la disparition des chapelles des croisillons. La pile nord-est du carré du transept, qui renferme un noyau cylindrique primitif, fut flanquée de deux dosserets avec colonne engagée et de deux
Doubleau du chœur.
autres colonnes qui soutiennent une ogive et une arcade du chœur.
Le premier dosseret est destiné à l'arc brisé qui encadre le croisillon nord, le second correspond à l'arc triomphal. Comme on y voit deux colonnes superposées et comme cette disposition se répète sur la pile sud-est de la croisée, on est tenté de conclure à l'existence d'un arc dont la clef arrivait beaucoup plus Ijas que celle du doubleau actuel, mais alors
DE NOTRE-PAME D KTAMI'E?
le style de leurs chaj)iteaux et le profil de leurs tailloirs ne seraient pas identiques. Pour résoudre ce problème, il suffit de faire observer que les deux bouts d'une poutre de gloire du XIIP siècle sont compris entre deux colonnes, à l'entrée du chœur de léglise de Saint-Jean-aux-Bois (Oise). C'est exactement le même cas, mais à Etampes toute trace de la poutre a disparu, comme dans ri'glise de Cunault, près de Saumur. Un second collage, dont je parlerai plus loin, fut opéré plus tard sur la face nord de la même pile.
Pile nord-est de la croisée.
La pile sud-est de la croisée conserve la trace dun remaniement analogue, mais on ajouta seulement trois colonnes autour du vieux massif circulaire, à savoir une sur la face nord, pour soutenir la poutre de gloire et l'arc triomphal, puis deux à lest qui correspondent, à une ogive et à une arcade du chœur. La pile suivante, qui s'élève entre la première et la seconde travée du chevet, appartient à deux campagnes diiférentes. Ainsi les cinq colonnes engagées vers lintérieur du sanctuaire et destinées aux ogives.
au doubleau et aux arcs en tiers-point moulurés, sont plus anciennes que les cinq autres collées au revers. De même, dans la pile en regard du côté nord, les bases à gros tore des cinq colonnes qui remplissent les mêmes fonctions sont à un niveau plus bas que celles des colonnes vis-à-vis du bas-côté, dont les bases présentent un profil différent. En effet, leur tore inférieur est aplati et un groupe de moulures se détache sur leur socle.
Il est bon de faire observer que Tare de la première travée du chœur monte aussi haut que celui des croisillons, enfermant un second transept. On ne pouvait donc percer une
Seconde pile nord du chœur.
fenêtre au-dessus de sa clef, mais la seconde travée présente à droite et à gauche une large baie amortie par les formerets, qui s ouvre au-dessus de la toiture des bas-côtés, comme dans la troisième travée, éclairée de chaque côté par une fenêtre basse en plein cintre, à boudin continu, quand les collatéraux n existaient pas. Ces deux baies, aujourd'hui bouchées et cachées par des tableaux, sont de précieux témoins du premier état du chœur.
E. Lefèvre-Pontalis, phot.
Notre-Dame d'EtaiTipes.
Abside.
DE NOTRE-DAME D ÉïAMFES 19
I.e chevet plat est éclairé par deux triplets superposés, mais les trois fenêtres inférieures, à boudin continu, ont une archivolte en plein cintre. Celle de l'axe forme une niche destinée à encadrer l'autel, comme à Vernouillet (Seine-et- Oise), à Villers-Saint-Paul (Oise) et dans plusieurs églises du Soissonnais. Plus haut s'ouvrent trois baies en tierspoint. Faut-il conclure à une interruption dans les travaux. Je ne le crois pas. D'ailleurs, on peut faire la même remarque dans le chœur de la cathédrale de Noyon et dans le croisillon sud de la cathédrale de Soissons.
Quatrième campagne.
L'agrandissement du chœur par des bas-côtés doubles fut commencé vers le nord, comme l'indiquent le profil des ogives et le style des clefs de voûte. En examinant à l'extérieur le collage de l'une des absidioles contre le chevet plat, il est évident que l'architecte du chœur n'avait pas prévu l'avancement des collatéraux jusqu'à l'alignement du mur de fond. Le second bas-côté est limité par un mur oblique qui vient se souder maladroitement à la face orientale de l'ancien transept. Tout cet angle de l'église est assez homogène, sauf la surélévation des voûtes des deux absidioles, dont les culs-de-four nervés furent remplacés par deux branches d'ogives quand on entoura l'église d'un chemin de ronde crénelé.
" Les trois piles qui séparent les deux bas-côtés sont flanquées, la première de seize, la seconde de treize et la troisième de huit colonnettes, reliées par deux listels aux angles rentrants. La première a dû remplacer une colonne isolée qui divisait le transept en deux vaisseaux recouverts de cliarpente. Tous ces supports sont bien homogènes, comme le prouvent la concordance des joints et le tore aplati des bases à griffes. 11 n'en est pas de même au revers des
trois piles du chœur. Ainsi, une colonne et quatre colonnettes vinrent sappliquer sur la pile nord-est du transept. Ce n'est pas tout: sur la face occidentale, une colonnette fut découpée dans un dosseret plus ancien. On voit encore les traces de cette reprise et la trace du socle primitif adossé à des socles moulurés et à des bases qui se distinguent par leurs griffes plates. Un remaniement du même genre modilia le plan des piles suivantes pour les préparer à recevoir des croisées d'ogives.
Les nervures toriques qui recouvrent les deux travées accolées à lest du croisillon nord sont dégagées par des cavets, mais les doubleaux et les formerets décrivent une courbe en tiers-point très surhaussée. Les voûtes suivantes se trouvent à un niveau plus bas ; leurs ogives, ornées d'un boudin entre deux biseaux, viennent se réunir a deux clefs bien curieuses, dont lune a été dessinée par Viollet-le- Duc (1). Huit anges aux ailes éployées ou repliées se détachent sur les nervures et dans les compartiments en blocage. La ressemblance de ces figures avec celles des anges sculptés dans les écoinçons du portail méridional permet d attribuer cette porte à la même campagne. On peut signaler quelques maladresses : ainsi, une colonne destinée à un Ibrmeret ne porte rien.
En avant des absidioles, un gros tore se profile sur les ogives et les clefs de voûte sont tlanquées de quatre rois, comme dans une travée de la nef, à Chars ,Seine-et-Oise). Au nord, une porte en plein cintre s'ouvre entre quatre colonnes, dont les chapiteaux à feuilles dacanthe reçoivent une archivolte à claveaux nus. Du même côté, les fenêtres du XIP siècle, flanquées de quatre colonnes et encadrées par un cordon mouluré, se font remarquer parleurs grandes proportions (2 . La décoration des chapiteaux se compose
(1) Dictionnaire d'architecture, t. III, p. 259.
(2) La première baie renferme un reniplage du X\'I'' siècle et le beau vitrail des Sibylles.
E. Lefi'vre-Pdntalis. phot
Notre-Dame d'Étampes.
Voûtes des bas-côtés nord du chœur.
de feuilles d'acanthe et celle des tailloirs d un large cavet surmonté d'un listel.
Le croisillon nord lut voûté d'ogives par les mêmes ouvriers, bien que le diamètre des tores appliqués sur les
li. Chauliat, del.
Clef de voûte du bas-côté nord du chœur.
nervures soit différent dans les deux travées. Pour mener à bonne fin cette opération, il fallut rebâtir une pile isolée fort mal plantée, comme toutes celles du clievet. puis relancer deux piles dangle et deux piles intermédiaires en rehaussant les murs. La trace de cette reprise est bien apparente, au dehors, sur le mur occidental du transept. Il
Ogives du croisillon nord.
fut donc facile de percer au nord deux oculi à six et à sept lobes, et à louest. deux petites baies en plein cintre sous les formerets.
Cinquième campagne.
Elle eut pour objet l'addition dun bas-côté double au sud du chœur, puis l'allongement du croisillon méridional, qui fut entièrement rebâti. Les travaux commencèrent par les deux absidioles. comme au nord, mais larchitecte de ces chapelles était plus habile que son prédécesseur. La première, voisine du chœur, conserve une voûte dogives à sept branches toriques qui correspondent à des colonnettes et qui sont
encadrées par un doubleau en tiers-point gami de trois boudins, tandis que la section des îormerets est carrée. Deux fenêtres en plein cintre s'ouvrent au-dessus de deux baies en tiers-point et de quatre arcatures de la même forme.
Entre les deux chapelles, le chartrier voûté d'ogives se trouvait sous le trésor. On y entrait jadis par une arcade en tiers-point aujourd'hui bouchée et flanquée d'une tourelle d'escalier polyg-onale du XVP siècle. L'absidiole sud-est, dont le doubleau en tiers-point retombe également sur des dosserets accostés de deux colonnettes. est voûtée par cinq nervures toriques. On y remarque des formerets en plein cintre ou brisés, comme l'archivolte des fenêtres hautes et des fenêtres basses.
Les doubles collatéraux sont voûtés par quatre croisées d'ogives à tore unique dans la première travée, mais en avant des chapelles une arête se profde entre deux baguettes. Cette variante correspond à un décrochement des lits d'assises visible à l'extérieur, entre la première et la seconde travée, dans le mur oblique. L'interruption des travaux paraît avoir été de courte durée. On remarque, comme de l'autre côté, la hauteur décroissante des voûtes en partant du transept. Les piles intermédiaires, fort mal plantées, à cause de l'obliquité du mur extérieur, sont au nombre de deux seulement, parce que les chapelles sont très profondes ; leur massif central est cantonné de quatre colonnes et de douze colonnettes. Elles correspondent aux faisceaux de colonnettes collés contre les piles du chœur, car le profil de leurs bases à tore aplati et Tornementation des socles revêtus de moulures, de dents de scie et de petites rosaces, sulïiraient à prouver que ces supports ne sont pas homogènes.
Les deux voûtes d'ogives du croisillon sud s'appuient sur des nervures toriques et des doubleaux en tiers-point moulurés ; une petite rosace se détache sur leur clef, comme dans les trois travées du chœur et dans l'autre bras du tran-
sept. Il faut en conclure que les trois étapes de la reconstruction du chevet ne furent séparées que par un court intervalle. En tout cas. les croisées d'ogives du croisillon méridional n'ont pas été montées après coup, comme celles du croisillon nord, car leurs piles cantonnées de petits fûts se liaisonnent avec les murs, mais des faisceaux de colonnettes viennent se coller contre les anciens piliers ronds de la croisée.
Pile sud-ouest de la croisée.
J3ans le mur de fond s'ouvrait un portail en plein cintre, aujourd'hui bouché, dont les quatre fûts soutiennent une archivolte à deux boudins encadrée par un cordon mouluré. Cette porte est d'un style plus avancé que celle qui se trouve au nord du chœur. On peut faire la même remarque à propos des roses polylobées, à dix et à douze rayons, qui sont percées au-dessus des fenêtres en plein cintre du transept et de la travée voisine, amortis à l'extérieur par un seul grand pignon. Cette curieuse disposition est la conséquence de la hauteur presque égale des
E. Lefèvre-Pontalis. phot.
Notre-Dame d'Étampes.
Bas-côtés sud du chœur.
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E. Lefèvre-Pontalis. phot.
Notre-Dame d'Étampes.
Statues du portail méridional.
ni-; NOTRE-DAME HÉTAMPES 25
voûtes dans le croisillon et dans la première travée des bascôtés du chevet, qu'on peut considérer comme un second transept.
Tout Tangle sud-est de l'église appartient à une date postérieure à celle du grand portail méridional. En effet, cette porte, plaquée après coup contre le mur du bas-côté sud. faisait saillie à cause de sa profondeur, mais aujourd'hui son jambage droit est collé sur le transept. La colonnette d'angle qui passait derrière la statue de saint Paul a disparu, mais l'architecte du croisillon sud conserva la statue, déposée aujourd'hui dans une absidiole du nord à côté de celle de saint Pierre, qui faisait pendant. Il fut obligé de ménager une niche en plein cintre, dans le mur occidental du transept, pour ne pas masquer l'aile de lange qui orne 1 un des écoinçons (1). Le fond du croisillon sud primitif ne dépassait donc pas raligncment du mur du Itas-côté sud quand le portail fut mis en place.
M. Eug. Lefèvre vient d'étudier, avec le plus grand soin, l'iconographie et la statuaire de ce remarquable portail (2). mais la question de sa date n'est pas résolue. Si les premières portes de ce tyi)e. caractérisées par de longues statues aux vêtements collants et plissés, devaient être celles de Saint-Denis, qui ont perdu leur caractère primitif, le portail du Mans, encadré par un arc en plein cintre, peut se classer à la suite, mais l'archivolte du portail d'Etampes est franchement brisée, comme celle des trois portes occidentales de Chartres. En outre, le tympan, les voussures et les
(1) Cette observation m'empèctie d'adopter l'opinion de notre confrère René Merlel sur le démontage de ce portail qui ne peut pas provenir de la façade occidentale de l'église rebâtie au XIII<^ siècle.
(2) Le portail royal d'Etampes, 2>= édition. Paris, Picard, 1908, in-8". 116 p.
anges sculptés dans les éeoinçons portent Tempreinte d'un style plus avancé qu'à Chartres, où le chantier de la façade et des tours était en pleine activité vers 1145, suivant le témoignage de Robert de Torigni. Le portail d'Etampes peut donc remonter au milieu du XIP siècle et doit être lœuvre des artistes de l'atelier chartrain qui ont reproduit les oves allongés des socles, les tailloirs ornés de feuilles d'acanthe et d'autres détails des trois portes occidentales de Chartres.
Le clocher occidental fut bâti au XII« siècle en quatre campagnes différentes, mais il est difTicile de les rattacher à telle ou telle période de la construction de l'église. Le mur oblique du XII 1* siècle, qui cache le pied de la tour, fut appliqué contre la façade romane plantée d'équerre. Au-dessus du soubassement, plus ancien, qui se compose des murs intérieurs du porche, on aperçoit le premier étage précédé d'un glacis à écailles et ajouré sur chaque face par deux baies en plein cintre : leur archivolte à deux tores retombe sur quatre colonnettes (1). Des colonnes d'angle superposées adoucissent la sécheresse des arêtes. La troisième campagne fut dirigée par un autre architecte, qui diminua l'épaisseur des murs en les raccordant par un large glacis. Les baies géminées en plein cintre du second étage sont encadrées par un boudin continu assez mince et par un cordon torique. La tablette de la corniche, ornt'e de petites boules, s'appuie sur des masques.
La flèche octogone avait été amorcée pendant la même période, ainsi que ses quatre lucarnes bordées de deux tores et surmontées de gables pleins dont il reste l'amorce. Les
(1) L'ornementation du glacis et les moulures qui encadrent les baies ne permettent pas de faire remonter au Xh siècle cet étage de la tour, par comparaison avec les clochers de Hhuis et de Morienval (Oise).
E. Lolèvre-Poutalis. phot.
Notre-Dame d'Étampes.
Flèche du clocher.
I>E NOTHE-liAME D ETAMPES 11
clocheloiis d'angle prévus ne devaient coniprendre que deux rangs d'arcades à jour. Un quatrième maître de Tœuvre modifia !<■ |)nij(>l de son [trédécesseur et acheva la flèche, ornée décailles en dénis de scie et de boudins sur les angles, après avoir posé des lucarnes gàbN'cs, de petite dimension. sur le gable coupe* des autres lucarnes. Kn ouli<'. il suréleva les clochetons hexagones par un troisième rang d'arcatures en plein cintre, couronné d'une petite flèche.
Ainsi, le clocher n'est pas plus homogène que l'église. Malgré le repentir ou l'interruption, faciles à constater à la base de la flèche, sa silhouette n'en est pas moins remarquable, mais les clochetons d'angle sont peu solides et mal proportionnés. 11 est ('vident que la flèche appartient à une époque avancée du XII'' siècle, car elle est beaucoup plus élégante que celle du clocher méridional de Chartres et de tous les clochers romans du bassin de l'Oise. Les clochetons hexagones, uniques en leur genre, avec leurs trois rangs de six arcades superposées, forment un ty|)e intermédiaire entre ceux du XII'' et du XIII' siècle.
Au commencement du XIII' siècle, une façade gothique, dont le mur oblique est percé de trois portes, fut plaquée sur les murs romans et l<^s travées des bas-cùtés tangentes au porche furent transfoi-mées en chapelles. La chapelle du nord, recouverte de six branches d'ogives toriques, qui ont dû remplacer une yoùte d'arêtes, est encadrée par un doubleau en tiers-point surhaussé, garni d'une arête entre deux boudins. Deux fenêtres et une porte eu tiers-point s'ouvrent dans les murs, qui se relient à ceux du XIP siècle. La chapelle du sud, limitée par deux nuu's obliques et éclairée par une f(mêfre en tiers-point, est voùtt^e par une croisée d'ogives et une petite voûte d'arêtes du XIIP siècle. L'arcdoubleau qui la i)récède retombe sur des cha{)iteaux et des consoles ornées de feuillaiies gothiques.
Le portail central s ouvre entre huit colonnettes séparées par un ran*j- de petites boules. Son archivolte en tiers-point, ornée de quatre boudins, dun cordon de feuillages et de fruits d'arum, retombe sur des chapiteaux à feuillages et des tailloirs décorés de rinceaux. Dans le tympan, malheureuse-
E. Chauliat, del.
Créneaux à l'angle nord-est de l'abside.
ment mutilé, on distingue l'Annonciation, la Visitation, la Nativité, l'Annonciation aux bergers, la fuite en Egypte, le songe des Mages et le couronnement de la Vierge. Le portail du bas-côté nord, ilanqué de quatre colonnettes et encadré par des voussures aux arêtes abattues, est moins
DE NOTRE-DAMF D KTAMPES 29
riche que celui du bas-cùté sud, qui ressemble au portail central, mais qui est dépourvu de bas-reliefs.
Dans Taxe de la l'a(;ade, une fenêtre en tiers-point du XIIP siècle, encadrée par six colonnettes et trois tores, éclaire l'intérieur du porche. Au-dessus, une ligne de créneaux se continue du côté sud et autour du chevet. Il est évident qu'aucun des architectes du Xll* siècle n'avait eu la pensée de fortifier l'église, dont les larges fenêtres rendaient la valeur défensive illusoire, car il fallut surhausser les murs, reconstruire les voûtes des absidioles du nord, modifier leur toiture et celle des chapelles du sud pour établir un chemin de ronde crénelé. Deux raisons permettent de rattacher ces travaux de di'fense à -l'unique campagne du Xlll* siècle, la première, c'est que la façade occidentale se liaisonne avec le grand mur nu qui précède les créneaux, la seconde s'appuie sur une intéressante observation de M. E. Leîèvre. A l'angle nord-est de Tabside, contre la tourelle d'escalier dn croisillon nord et à l'est du croisillon sud, notre confrère a remarqué une ligne verticale de petites boules entre deux créneaux. Or, ce motif de décoration, prototype de celui que les Anglais désignent sous le nom de « bail tlowers ». se retrouve sur les jambages du portail central delà façade. Il faut en conclure que lecrénelage fut achev(' })ar les mêmes ouvriers.
Les travaux exécutés à Notre-Dame d'Étampes, de 1513 à 1515, n'eurent qu'une importance secondaire. Le compte des recettes et dépenses du trésorier de la collégiale, le chanoine Jean Guichart. publié par M. Maxime Legrand (1), fait mention de l'aménagement de la chapelle du Sépulcre,
(1) Annales de la Société historùiiie cl archéologique du (îàtinaÏ!;, 1907, p. 72-116.
au fond du croisillon nord, qui est transformée en sacristie. Deux maîtres-maçons, nommés Michau Morry et Le Petit Thauny. appareillèrent deux croisées d ogives qui retombent sur des colonnettes prismatiques au-dessous de la voûte du XI I'^ siècle. La porte de la chapelle, encadrée par une décoration flamboyante, fut rehaussée des statues de la Vierge et de sainte Marguerite. Jean Paris et Claude Chantereau, imagiers, firent le voyage de Paris pour visiter des Sépulcres, acheter de la pierre de Saint- Leu et 811 livres de pomb pour recouvrir la flèche qui s'élevait sur le carré du transept.
Il est certain que plusieurs personnages de ce Sépulcre furent sculptés en bois de noyer, notamment le Christ en croix, la Vierge, saint Jean et les deux anges, d'après un article des comptes, comme la scène de la Résurrection, audessus du Sépulcre de Saint-Maclou de Pontoise. Le peintre Henri Requin peignit plusieurs statues de la chapelle, les deux clefs de voûte (1) et la scène de VEcce homo au-dessus de la porte. Jean Lefèvre, verrier, répara les vitraux de la Transfiguration, des Tisserands, de maître Jehan Hue, de saint Michel et de sainte Madeleine, mais la verrière des Sibylles, encadrée par un remplage de la Renaissance dans une fenêtre du XIl" siècle, au nord du chœur, fut mise en place au moins vingt ans plus tard.
Si l'on ne tient pas compte de ces remaniements et de la crypte du XP siècle, je crois avoir démontré qu'il fallut cinq campagnes différentes pour bâtir le gros œuvre de l'église dans le cours du XIP siècle, une pour le grand portail méridional et trois pour le clocher. En y ajoutant la période de la construction de la façade et du chemin de ronde crénelé, qui se place vers 1210, on arrive au total de dix campagnes dans un espace de quatre-vingts ans au plus. Ce chiffre anormal permet de suivre toute l'évolution
(1) La troisième voûte est moderne, comme le chevet plat.
m; .N(iTni;-iiA.MK i> kiamim^s
du siyU' golliique, en étudiant ce curieux édifice et en cherchant à distin<j^uer les étapes successives de son agrandissement entre 1140 et 1180.
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