DE SOISSONS
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La crypte de Saint-Médard de Soissons a survécu à la ruine des quatre églises bâties successivement audessus de ses voûtes (1). Elle présente une orientation assez précise, dirigée dans le sens de l'axe transversal. Son plan affecte une disposition assez singulière : il se compose d'une galerie centrale , coupée à angle droit d'un côté par sept chapelles rectangulaires , et de l'autre, par trois réduits de la même forme. Un remaniement, exécuté au XIIe siècle, a fait subir à ce plan une modification importante, en prolongeant l'une des chapelles du côté de l'est ; mais, primitivement, toutes les galeries transversales avaient la même profondeur. Deux escaliers reliaient l'église souterraine à la basi-
(1) I.a crypte est surmontée actuellement d'un bâtiment à plusieurs étages, construit vers 1840.
lique supérieure ; ils étaient placés sur la face occidentale. Comme leurs marches sont à moitié détruites, on pénètre aujourd'hui dans la crypte par une fenêtre ouverte au niveau du sol.
Dans son état primitif, le plan de la crypte de Saint- Médard dessinait les branches et la partie supérieure d'une croix : il ressemblait à une église à chevet carré , dont la nef aurait été détruite , mais dont le transept subsisterait encore. C'est une disposition très rarement adoptée dans les cryptes romanes qui se terminent presque toutes par des absides en hémicycle, comme celles de Saint-Eutrope de Saintes, de la cathédrale d'Auxerre et de Saint-Aignan à Orléans. La construction souterraine qui s*en rapproche le plus par son plan, c'est la crypte de la collégiale de Saint-Quentin (1). Bien qu'elle soit beaucoup moins vaste, elle présente une allée centrale où trois chapelles rectangulaires viennent aboutir à angle droit, comme à Saint-Médard de Soissons. On peut également signaler trois réduits de la même forme dans la crypte de Saint-Seurin. à Bordeaux, qui remonte au XIe siècle (2).
(1) On trouvera le plan de cette crypte dans l'ouvrage de M. Edouard Fleury, Antiquités et monuments du département de l'Aisne, t. II, p. 276.
(2) Voici les principales dimensions de la crypte de Saint- Médard :
Longueur totale, 27m90.
Longueur de la galerie centrale, 19m 70.
Largeur totale, 16m30.
Largeur de la galerie centrale, 2m80.
Largeur des chapelles de l'est, 3m.
Largeur des chapelles de l'ouest, 2m 40.
Hauteur de la galerie centrale, 4m.
La crypte de Saint-Médard est construite en grand appareil, et l'épaisseur de ses assises varie entre 0m30 etOm50. Sa galerie centrale est recouverte au milieu par trois voûtes d'arête établies sur plan carré, et à ses extrémités par deux voûtes analogues, de forme allongée, qui correspondent à des chapelles dont l'entrée est très étroite. De larges doubleaux en plein cintre , soutenus par des pieds droits peu saillants , séparent toutes ces voûtes les unes des autres ; ils sont dépourvus de décoration , comme toutes les autres parties de la crypte. Cette construction est dans un excellent état de conservation , et sa solidité lui a permis de résister à toutes les ruines amoncelées à la surface du sol.
La première chapelle qui se trouve placée du côté de l'orient (J) est recouverte d'une voûte en berceau et communique avec la galerie centrale par une porte dont l'arc en plein cintre fait une pénétration très accentuée dans les claveaux de la voûte. Elle est éclairée par deux fenêtres, qui sont percées au niveau du sol extérieur : ces petites ouvertures sont en plein cintre. Celle de gauche paraît avoir été creusée dans le mur après la construction, car son archivolte se raccorde d'une façon très irrégulière avec la voûte de la chapelle. Celle de droite, au contraire, est ancienne et forme une pénétration analogue à celle de la porte d'entrée. Entre ces deux fenêtres s'ouvrent deux niches, dont l'une est encadrée par une archivolte en plein cintre , et l'autre par un arc en tiers-point. Sur la paroi opposée, on distingue un retrait assez large de forme surbaissée et deux niches
(1) C'est le côté opposé à la ville de Soissons.
profondes de 0ra30 environ, encadrées par un arc en plein cintre et par une voûte en cul-de-four. Le mur occidental présente deux renfoncements analogues. 11 est incontestable que ces niches, inspirées par le souvenir de celles qui étaient en usage dans les constructions antiques, sont contemporaines des assises du monument, et comme la crypte n'en contient pas moins de trente-quatre (1), leur destination a été l'objet de nombreuses controverses. Il convient de remarquer tout d'abord que les niches de ce genre se rencontrent uniquement dans les quatre chapelles les plus éloignées du centre de la crypte. Ces chapelles ont toujours été closes par des portes, et elles formaient, sans doute, des lieux de sépulture distincts. Gomme les niches qui s'y trouvent sont peu larges et très rapprochées du sol, on a supposé qu'elles servaient de sièges aux religieux qui assistaient aux offices. Bien que les niches soient réparties d'une façon irrégulière dans les quatre chapelles, cette opinion parait assez vraisemblable , car il est impossible d'admettre qu'elles étaient destinées à recevoir des statues. D'ailleurs, pour expliquer l'utilité de ces renfoncements, il faudra toujours recourir à des hypothèses plus ou moins hasardées ; aussi, la question nous paraît-elle à peu près insoluble.
La seconde chapelle est reliée à la nef centrale par une étroite ouverture destinée à recevoir une porte. Au-dessus du linteau s'ouvre une petite fenêtre en plein cintre, profondément ébrasée. Cette chapelle est voûtée en berceau, et ses murs présentent douze niches en cul-de-four analogues aux précédentes. Deux d'entre
1 Elles ont en moyenne 1*55 de hauteur, 0m 60 de largeur et sont placées à 0m 30 au-dessus du sol.
elles sont encastrées dans l'angle des pieds droits de la porte. Le chevet, rebâti au XIIe siècle pour agrandir cette partie de la crypte, fait une saillie de 5m50 sur les deux chapelles voisines (1). Il était élevé sur un plan polygonal; mais ses murs, enclavés dans des constructions modernes, ont été démolis jusqu'à l'appui des trois fenêtres qui l'éclairent. Les deux baies latérales remontent également au XIIe siècle ; leur archivolte en plein cintre est soutenue par deux colonnes garnies de chapiteaux à feuilles d'acanthe. Un plancher, refait clans ces dernières années, surmonte l'extrémité de cette chapelle, et c'est par la fenêtre ouverte dans son axe que l'on entre actuellement dans la crypte , depuis l'effondrement des anciens escaliers. Malgré l'importance de ce remaniement , la place où s'élevait le chevet primitif est facile à reconnaître.
La troisième chapelle est encadrée, du côté de la grande galerie, par un grand arc en plein cintre qui se continue pour former la voûte en berceau. Son plan est rectangulaire , comme celui de toutes les autres chapelles ; dans le mur du chevet s'ouvre une fenêtre cintrée reconstruite à l'époque moderne. On distingue dans l'épaisseur des parois trois niches en plein cintre assez larges , un retrait creusé sous un arc en tierspoint et deux piscines du XIVe siècle, appuyées sur des petites colonne ttes. Toutes ces ouvertures paraissent avoir été taillées dans le cours du moyen âge et ne sont pas contemporaines du gros œuvre de la crypte.
(1) Ce remaniement important pourrait très bien avoir été exécuté vers 1131 , date d'une nouvelle dédicace de l'église supérieure, célébrée par le pape Innocent II, comme l'atteste la chronique de saint Médard Spicilegium de d'Achery, t. II, p. 488.
8 LA CRYPTE DE SAINT-MÉDAflD DE SOISSONS.
Recouverte également d'une voûte en berceau, la quatrième chapelle est placée dans l'axe transversal du monument ; elle communique directement avec la nef centrale, comme la précédente, et son chevet est éclairé par une fenêtre moderne (1). Les pieds droits de la voûte renferment une piscine, deux larges renfoncements dont l'arc est en cintre surbaissé, et deux arcatures élégantes du XIIP siècle ; chacune d'elles est garnie d'un arc trilobé et d'un cordon de fleurs entrouvertes qui reposent sur deux colonnettes fort bien conservées. C'était, dit-on, dans ces deux niches que se trouvaient, avant la Révolution, les statues de Glotaire et de Sigebert. Elles avaient été sculptées au XIIP siècle, comme on peut en juger par les débris d'une de ces figures, retrouvés dans un puits qui occupe le centre de la crypte. Ce puits, aujourd'hui comblé , a été fouillé vers 1840 , sans beaucoup de
succès
La cinquième chapelle, complètement semblable aux deux précédentes , est voûtée en berceau : ses murs n'ont pas moins de lm 40 d'épaisseur, comme ceux des autres chapelles. Une baie cintrée , sans caractère , s'ouvre au niveau du sol ; elle a dû remplacer une ouverture beaucoup plus étroite, car la crypte fut certainement éclairée autrefois, du côté de l'orient par des fenêtres, et c'est pour livrer passage à la lumière que les constructions étaient enfouies à la faible profondeur de lm60. Les deux faces de cette chapelle sont garnies d'une piscine et de trois arcatures cintrées. La chapelle voisine, où l'on pénètre par une
(!) C'est dans cette chapelle qu'était placé anciennement le tombeau de saint Médard.
porte rectangulaire , surmontée d'une baie en plein cintre, renferme huit niches en cul-de-four analogues à celles qui ont été décrites plus haut. Il est probable que la seconde chapelle, dont le chevet a été complètement refait au XIIe siècle, présentait anciennement des dispositions identiques et des dimensions aussi étroites. Quant à la septième chapelle, elle communique avec la nef centrale par une porte en plein cintre. La fenêtre du chevet a été reconstruite dans ces dernières années. Cette chapelle renferme deux piscines du XIIIe siècle et dix petites niches en cul-de-four. Elle est recouverte d'une solide voûte en berceau qui s'appuie directement sur les pieds droits, sans moulure intermédiaire.
Le côté opposé aux chapelles est flanqué, à chacune de ses extrémités , d'un couloir qui communiquait anciennement avec un escalier conduisant à l'église supérieure ; entre ces deux portes s'ouvrent trois réduits , recouverts d'une voûte en berceau et reliés directement à la galerie centrale par un double arc en plein cintre, comme les trois chapelles qui leur font face. La voûte repose sur des pieds droits construits en grand appareil, et, vers le milieu de chaque galerie, elle forme un retrait assez accentué. Au fond, le mur de clôture a été reconstruit à l'époque moderne, et des sondages, exécutés au mois de janvier 1885, ont permis de reconnaître que les trois caveaux se continuent un peu plus loin. Il convient de faire observer que ces trois réduits ne renferment pas de niches ou de piscines, et Ton est conduit à supposer qu'ils n'ont pas servi de chapelles , comme les autres galeries transversales. Leur construction rappelle d'une manière frappante les trois réduits rectangulaires de la crypte
de Saint-Quentin , et ils ont dû être uniquement destinés à contenir des sépultures. Kn effet, des fouilles opérées en 1852 firent découvrir, dans cette partie de la crypte, trois cercueils de pierre en forme d'auge , plus larges à la tête qu'aux pieds. Ces coffres renfermaient , à leur partie supérieure , des emboitements carrés ou arrondis, destinés à encadrer la tête du mort, disposition très fréquente dans les tombes des IXe, Xe et XIe siècles (1). La crypte de Saint-Médard de Soissons renferme actuellement un grand nombre de débris anciens, retrouvés, soit dans le sol des galeries, soit sur l'emplacement de l'église. Il convient de signaler surtout un beau sarcophage chrétien, dont le couvercle est garni d'imbrications en forme d'écaillés ; deux chanfreins de tailloirs revêtus de palmettes entrelacées, qui peuvent provenir de la basilique consacrée en 841 (2) , des débris de statues , des inscriptions, la dalle du tombeau de l'abbé Richard, mort en 1037 (3).
etc.
Un cachot souterrain, voisin de la crypte, est considéré comme l'ancienne prison de Louis le Débonnaire. Bien que ce caveau ne puisse pas être considéré comme une dépendance de la crypte, dont il est complètement séparé, nous croyons utile de le décrire, afin de combattre l'opinion qui veut en faire la prison du fds de Charlemagne, au mépris de tous les principes de
(1) M. l'abbé Darras a écrit sur ces tombes une courte notice qui a été insérée dans les Bulletins de la Société archéologique de Soissons, t. VII, 1853, p. 48.
(2) Ces tailloirs ont été dessinés dans l'ouvrage de M. Fleury, Antiquités et monuments du département de l'Aisne, t. II,
(3) Elle porte cette simple inscription : abba mcardus.
l'archéologie. Il se compose d'une galerie souterraine voûtée en berceau brisé, qui communique, à droite, avec une salle carrée ; à gauche, avec un réduit de onl10 de longueur sur :2moo de largeur. C'est une construction qui n'est pas antérieure au commencement du XIIIe siècle. On est donc suffisamment édifié sur la valeur d'une légende qui attribue à l'empereur prisonnier , dont la langue était celle des serments de Strasbourg, l'inscription suivante, gravée en caractères gothiques du XVe siècle, sur la paroi de la galerie :
Hélas je suys bon prins des douleurs que f endure. Mourir mieux me vauldrait, la peine me tient dure.
Du reste, si l'on en croit les chroniqueurs, la prison où Louis le Débonnaire fut enfermé en 833, n'était pas un cachot souterrain. Le moine Odilon indique très nettement que c'était un bâtiment placé au niveau du sol, quand il fait dire au prince : « (Me) adhibita magna custodia sut tectiun quoddam retradunt (1). » De plus , cette prison communiquait avec l'oratoire de la Sainte-Trinité , suivant le témoignage du même auteur : « Ingressusque Sanctse Trinitatis vicinum carceris oratorium » (2). Or, la chapelle de la Trinité dépendait, comme le rapporte Dom Michel Germain, de l'ancien palais des rois de France , qui était placé loin de l'église, près de l'enceinte du monastère de Saint-Médard (3). La véritable prison de Louis le
(1) a De Translatione Sancti Sebastiani et Gregorii », apud Migne, l'atrologie lutine, t. CXXXII.
(2) Ibid., t. CXXXII, col. 618.
(3) Cf. Mabillon, De re diplomatica, liv. IV, p. 300
Débonnaire, ainsi que le palais dont elle faisait partie, avait disparu depuis longtemps, quand Dom Germain écrivait son ouvrage au XVIIe siècle.
Quant aux cellules souterraines, où l'on prétend que le malheureux empereur aurait été enfermé, on peut les considérer peut-être comme les anciens cachots de l'abbaye, et c'est sans doute quelque moine condamné à la prison qui a tracé l'inscription dont nous avons cité le texte. D'ailleurs, cette tradition erronée est relativement récente; car, en 1770 , au moment où l'abbé d'Expilly composait son dictionnaire , c'était à une salle servant de pressoir qu'on donnait le nom de « prison de Louis le Débonnaire « (1).
La crypte de Saint-Médard présente l'aspect d"une construction très homogène. Ses murs ont conservé intact leur caractère primitif, sauf les remaniements exécutés au chevet de la seconde chapelle au XIIe siècle et quelques arcatures creusées dans les parois des galeries. Mais, son architecture est d'un style si simple qu'on éprouve une grande difficulté à en fixer la date. Les assises ne sont pas ornées, comme dans d'autres cryptes, de sculptures qui puissent fournir les éléments d'une discussion archéologique. On y chercherait en vain un chapiteau, une colonne , un tailloir ou une base: c'est un souterrain complètement dénudé, et, quand on y pénètre, on croirait entrer , au premier abord, dans la cave d'une maison moderne. Le plan ne permet pas même d'établir un rapprochement avec celui d'une crypte à date certaine . puisque sa forme rectangulaire est tout à fait originale. Néanmoins,
(1) Dictionnaire géographique des Gaules et de la France, t. VI, p. 834.
LA. CRYPTE DE SAINT-MÉDARD DE SOISSONS. \'i.
l'appareil des parements, les voûtes en berceau des chapelles , les voûtes d'arête de la nef et les arcs en plein cintre des doubleaux indiquent qu'on se trouve en présence d'une galerie très ancienne, et il est évident qu'aucun autre édifice du Soissonnais, construit à l'époque romane, ne peut lui être comparé.
L'incertitude qui règne sur la date précise de cette crypte a donné naissance à des opinions fort diverses ; mais, avant d'en discuter la valeur, il convient d'étudier les textes où il est question des églises élevées successivement dans l'enceinte de l'abbaye.
On sait que saint Médard, évèque de Noyon et de Tournai , mourut vers o4o , sous le règne de Clotaire , et que son corps fut transporté à Soissons, pour y être enterré sur le territoire de la villa royale de Crouy (1). Grégoire de Tours nous apprend que Clotaire éleva une basilique au-dessus de sou tombeau par cette phrase : « Clotacharius rex... basilicarn super eurn fabricare cœpit , quam postea Sigibertus . fil i us ejus explevit atque composuit (-). » Mais, s'il faut en croire le biographe anonyme de saint Médard, qui écrivait à
(1) L'auteur anonyme de !a vie de saint Médard, dont l'ouvrage est imprimé dans les Bollandistes, à la date du 8 juin, dit en effet : « Erat autem illud rus quo hase agebantur, ex ditione regalis fisci,cui Croviacus vocabulum est. » Cf. Grég. de Tours, Historia Francorum, liv. IV, chap. xix, et De Gloria confessorum, ch. xcv.
(2) Grég. de Tours, Historia Francorum, liv. IV, eh. xix. Le même fait est raconté dans la chronique de saint Médard, à la date de 556. Cf. d'Achery, Spicilège, édit. de 1723, t. II, p. 487.
« Clotarius Francorum rex ecclesiam in honore ipsius extra
civitatem Suessionensem miro opère fabricavitet multis opibus ditavit. »
la lin du IXe siècle (1), on se contenta d'abord de construire un abri provisoire, formé de claies d'osier et recouvert de chaume sur la sépulture du saint évêque, en attendant qu'elle pût être placée dans un édifice de grande dimension. « Erigitur super sancti tumbam pro temporis opportunitate parvum tugurium exili oimine constructum , quousgue ut régla decreverat dignitas, coarcerratis in opus expensis aida famosissimaperito fabricaretur studio (2). » Plus loin, le même auteur ajoute : « Erat super gepulcrum sancti cellula minutis contexta virgulfis et dedicato templo fuit amota (3). »
A la mort de Clotaire. en 561. la basilique de Saint- Médard n'était pas encore achevée (4), et ce fut Sigebert qui la termina (o). Ce prince y fut enseveli à côté
(1) En effet, cet écrivain raconte l'incendie de la basilique de Saint-Médard, par les Normands, en 88(3, comme un fait qui venait d'avoir lieu. ■• (Basilicai quœ imper est a Marcomannis
exusta »
(2) Vila Sancti Medardi ab anonymo Suessionensi scripta, imprimée dans les Bollandistes , à la date du 8 juin , dans le Spïcïlège de Luc d'Achery, édition de 1723, t, II, p. 70. et par fragments dans les Historiens de la France, t. III, p. 453.
(3,1 Fortnnat, dans sa vie de saint Médard, a rapporté le même fait : • ( Clotarius I intérim exiquam erigi super tumbam Sancti exilibus tantum intexta virgultis, capellulam fecit. ■■ Cf. Bibliotheca Floriacensis, IIe partie, p. 130,
! a Essetque in brevi manu céleri consummandum si ejus conatui mors ex improviso non obstutisset. o i Biographe anonyme, loco citato) .
(5) Grég. de Tours, Histona Francoritm, liv. IV, ebap. ix.-
Fortunat, liv. II, pièce xvi, exprime la même opinion :
En ma templa eolit niinio Sigiberctus amore Insisiens operi promptus amore lui :
Culmina custodi qui templum in culmine duxit. »
L'auteur anonyme de la vie de saint Médard dit de même :
de son père, en 575 (1), et les écrivains s'accordent à célébrer la magnificence de l'église bâtie de son vivant (2). Cet édifice primitif eut le sort de presque tous les monuments religieux élevés dans la Gaule par les rois mérovingiens ; il tomba en ruine au commencement du IXe siècle , et Louis le Débonnaire entreprit de le reconstruire dès l'année 827 : mais il mourut, comme Clotaire, avant d'avoir achevé son œuvre. Le biographe anonyme de Saint-Médard établit d'une manière très précise l'existence successive des deux basiliques, quand il parle de celle où fut enterré Sigebert. « Nemo sane autumet hanc esse basilicam qaœ olim a Chludovico Cassure (4) cœpta super est a
« Postquam Sigibertus non minori quam pater erga sanctura fervens devotione, opus quod morte patris interdiu dilatum fuerat, consummavit. » Cf. Bollandistes, juin, t. II, p. 83.
(1) Grég. de Tours, Historia Francorum, liv. IV, en. xxi et xxxii. — Aimoin, De Gèstis Francorum, liv. III, ch xn in fine.
(2j Biographe anonyme dans les Bollandistes, loco citato. — Radbod, évêque de Noyon, qui écrivit au XI1' siècle une vie de saint Médard, dit en parlant de cette église : « ( Sigibertus ) admirabili enim diversi generis lapidum constructione secundum quod a pâtre susceperat ecclesiam illam decoravit, auro et argento ac necessariis in officio ecclesiastico omamentorum varietatibus abundanter exornavit. » Cf. Bollandistes, juin, t. II, p. 93.
(3) En effet, dans une charte datée de 827 et publiée dans le Gallia Christiana, t. X, Instrumenta, col. 95, ce prince s'exprime ainsi : « Cum... ad memoratum locum venissemus et ecclesiam ad venerationem Sancti Medardi prsefatique prœclarissimi Christi martyris Sebastiani a fundamentis construere et ornare. •
(4) Il s'agit de Louis le Débonnaire.
Marcommanis exusta, verum illa prior a Sigiberto
rege patrata (1). »
Le 27 août 841 (2), Charles-le-Chauve put assister à la dédicace de la basilique commencée par son père. Elle était presque terminée , suivant le témoignage de Nithard , et cet écrivain nous apprend que le roi transporta lui-même dans l'église les célèbres reliquaires de l'abbaye de Saint-Médard , qui avaient dû sans doute être déposés clans une chapelle provisoire pendant la durée des travaux. « Cumque Suessionicam peter et urbem, monachi de Sancto Medardo occwrerunt Mi deprecantes ut corpora sanctorum
Medardi, Sebastiani in basilicam ubi mine quies-
cunt, et jam tune maxima ex parte sedifwata erat transferret (3). On était alors à la veille de ces invasions normandes, qui laissèrent tant de ruines sur les bords de la Seine, de l'Oise et de l'Aisne. La richesse du monastère de Saint-Médard attira vers Soissons une bande de pillards, sous ia conduite de leur chef. Sigfried. L'église nouvelle fut incendiée et détruite de fond en comble en 886, quarante-cinq ans après sa consécration, comme nous l'apprennent les annales de Saint-Vast (4). Ce désastre ne put être réparé qu'au XIIe siècle . et le pape Innocent II vint présider luimême, en 1131. l'inauguration d'une église plus vaste
(1) Cf. Bollandistes, loc cit., et Mabillon, Annales ordinis Sancti Benedicti, t. Il, p. 621, liv. XXII. ch. xxxill.
(2) Gallia Chrisliana, t. IX, col. 416.
(3) Nithard, liv. III, ch. il, in fine. Historiens de la France, t. VII, p. 24.
(4) <• Post hase Sigefridus famosisimmam ecclesiam beati Medardi igné cremavit » {Historiens de la France, t. VIII , p. 82).
que les précédentes (1). Pendant quatre siècles, cette église se conserva intacte, mais les guerres de religion la ruinèrent en 1568. Celle qui la remplaça fut consacrée en 1582 (2), et elle a disparu à son tour en 1793. Ainsi, quatre églises se sont succédé dans l'abbaye de Saint-Médard, et tandis que les écrivains nous fournissent des détails sur leur construction, ils ne parlent pas de la crypte. Grégoire de Tours (3), Aimoin , le biographe anonyme et la chronique de Saint-Médard emploient sans cesse le terme de basilica pour désigner l'église abbatiale, et si Fortunat . en composant son poème sur la vie de saint Médard, a décrit l'endroit où il était enterré sous le nom de tumulus (4) ou de sepulchrum (b), il faut entendre par ces expressions un simple tombeau, et non pas une crypte véritable. On ne voit apparaître dans aucun de ces auteurs , à propos de l'église de Saint-Médard , le mot de crypte qu'on trouve cependant employé par ces différents historiens dans d'autres passages (<6) , et qui faisait partie de la langue latine usuelle. En outre, le biographe de saint Médard, qui donne des détails précis
(1) La chronique de Saint-Médard contient, en effet, cette phrase à la date de 1131 : « Ecclesia beati Medardi Suessionis dedicatur a domno Innocentio papa secundo praedicto » Cf. d'Achery, Spicilège, t. II, p. 488.
(2) Gallia Christiana, t. IX, p. 406.
(3) Historia Francorum. t. IV, ch. xix et LU ; t. V, ch. XXXV et l; liv. IX, ch. ix.
(4) Fortunat, liv. II, pièce xvi, vers 112.
(5) lbid., vers 137.
(6) CI. Grég. de Tours, Historia Francorum, liv. I, ch. xxxix. « Crypta Cantobennensi », liv. X, ch. xxxi, « Per cryptas et latibula », et le liv. 1, De Miraculis, ch. vin. o In qua basilica est crypta abditissima. »
sur l'inhumation de Clotaire, nous apprend que ce roi <« in ipsa quam cœperat necdum finierat basilica ante gloriosi pontificis tumulum honestam merito obtinuit sepulturam » (1). Cette phrase implique bien l'idée de deux sarcophages placés l'un près de l'autre dans la basilique. La chronique de Saint-Médard rapporte de même que Clotaire fut enterré dans la basilique (2).
Grégoire de Tours dit également : ■ Quem quatuor fiïii magno honore Suessionas déférentes, in basilica Sancti Medardi sepelierunt * (3). Enfin, Sigebert fut enterré à côté de son père dans l'église : « In ipsam quam operose construxit basilicam lateri patris sui junctus honorifice depositus ac sepultus est » (4). Aimoin dit également à ce sujet : « Corpus Sigiberti in ecclesia Sancti Medardi Suessionis justa patrem Clotariwm est humatum (5). •• Le témoignage de ces différents auteurs se rapporte uniquement à la basilique, comme il est facile de le
constater.
Malgré l'absence de tout document écrit permettant
(1) Historiens de la France, t. III, page 453.
(2) « Clotarius tenens totum regnum Francorum obiit quem quatuor filii ejus magno honore Suessionis déférentes in basilica Sancti Medardi sepelierunt an no li regni sui. » Cf. Monnmenta Germaniœ historica, Scriptores, t. XXVI, p. 518.
(3) Grég. de Tours, Historia Francorum, liv. IV, en. xxi. Cf. Aimoin, liv. II, ch. xxxvn. « Sepultusque in basilica Sancti
Medardi. »
(4) Cf. Hist. de la France, t. III, p. 453. - Grég. de Tours, liv. IV. ch. xxxn, dit de même : « Inde postea Suessionas in basilica Sancti Medardi quam ipse eedificaverat translatus secus Clotharium patrem suum sepultus est. »
(5) De gestis Francorum, liv. III, ch. xn, in fine.
d'affirmer qu'il existait une crypte sous la basilique de Glotaire, M. de La Prairie (1). M. l'abbé Poquet (2) et M. Edouard Fleury (3), ont soutenu que la crypte de Saint-Médard était contemporaine de Clotaire, d'après les uns, de Sigebert, d'après les autres. Ce serait donc un monument de la fin du VIe siècle. M. Edouard Fleury, en voulant appuyer son opinion sur des textes. a commis des méprises étranges, et n'a vérifié aucune citation. C'est ainsi (4) qu'il attribue à Grégoire de Tours (o) une phrase écrite comme on a pu le voir plus haut par le biographe anonyme de saint Médard : « Erat super sepulcrum sancti cellula minutis contextà virgultis. » Dans un autre passage (6), il donne comme le texte original de Nithard, deux lignes empruntées au Gallia Christiana. Il s'agit de la cérémonie d'inauguration de l'église de Louis le Débonnaire , et tandis que les auteurs du Gallia racontent que Charles le Chauve et les évêques transportèrent les reliques de la crypte dans la basilique (8), Nithard ne mentionne pas le caveau souterrain et dit simplement en parlant de l'empereur : « Quibus acquiescens, inibi remansit et
(1) Bulletin de la Société archéologique de Soissons, année 1879, p. 101.
(2) Pèlerinage à Saint-Médard, dans les Bulletins de la Société archéologique de l'Aisne, année 1863, page 69.
(3) Antiquités et monuments du dép. de l'Aisne, t. II, p. 297
(4) Ibid., t. II, p. -277.
(5) Ibid., t. IV, ch. xix.
(6) Ibid., t. II, p. 280.
(7) Ibid., t. IX, col. 406.
(8) « Rege ipso feretrum bajulante Sanctorum reliquias propriis humeris impositas ex inferiori crypta in basilicam novi opère ampliori spatio donatam transtulere. » Gallia Christiana, t. IX, col. 406.
uti postulaverant beatorum corpora propriis humer is cum omni veneratione transtulit » (1) , M. Fleury s'appuie donc à tort sur Nithard , pour conclure que la crypte est antérieure à l'église de Louis le Débonnaire et qu'elle est mérovingienne (2).
Bien que cette opinion se réfère à des citations aussi inexactes, elle mérite d'être discutée. On peut lui opposer les textes que nous avons réunis dans les pages précédentes où le mot de crypte ne se rencontre pas une seule fois, et les passages relatifs aux tombeaux de Glotaire et de Sigebert. Enfin, si, à cette époque, il y avait eu un caveau quelconque sous la basilique, il aurait été certainement démoli au IXe siècle. En effet, l'auteur anonyme de la vie de saint Médard mentionne que l'église mérovingienne fut détruite à cette époque de fond en comble: « funditus destructa », pour être remplacée par un édifice plus vaste, a et in maximo ambituaugustius est restaurata(S). »> Le moine Odilon, dans son sermon sur saint Médard, dit de même en parlant de cette première basilique : « ita est a fundamento diruta, ut lapis super lapidem, in illa nequaquamrelinqueretur fabrica (4). » Quant aux quelques lignes citées par M. Fleury, où les auteurs du Galba Christiana racontent que Charles le Chauve transporta les reliques de la crypte dans l'église : « Ex in fer ion crypta in basilicam (o) », il ne faut pas leur assigner
(1) Nithard, liv. III, ch. n, m fine. Historiens de la France,
t, VII, p. 24.
(2) Antiquités et monuments du dép. de l Aisne , t. Il,
(3) Historiens de la France, t. III, p. 453.
(4) Cf. Migne, Patrologie latine, t. CXXXI1, col. 631.
(5) Gallia Christiana, t. IX, col. 4113.
la valeur d'un texte original, et d'ailleurs ce passage ne peut servir à prouver que l'édifice est contemporain de Clotaire ou de Sigebert. En effet, la crypte devait certainement exister en 844, époque de la dédicace de l'église fondée par Louis le Débonnaire, car elle avait dû être construite en même temps que les fondations de ce monument. On peut fort bien admettre qu'elle ait été livrée au culte aussitôt après le décintrage de ses voûtes, tandis que les ouvriers continuaient à élever l'édifice supérieur. Les galeries souterraines ont probablement servi de chapelles provisoires pendant la durée des travaux et l'on comprend facilement que Charles le Chauve ait pu venir chercher dans la crypte les châsses qui renfermaient les reliques pour les déposer dans la basilique.
D'un autre côté, il faut se garder de tomber dans un excès contraire, et de rajeunir outre mesure ces antiques galeries souterraines, comme M. Vitet l'a proposé en 1831. Après avoir constaté l'analogie de la crypte avec les constructions « qu'on peut supposer avoir été en usage dans les premiers siècles de la conquête ». M. Vitet conclut d'une façon bien contraire en ces termes : « Cette crypte se termine par cinq absides et communique avec l'église supérieure par deux escaliers qui correspondaient aux collatéraux de l'église. Cette disposition n'est pas très primitive et pourrait même faire penser que cette crypte, quoique fort ancienne, est postérieure à l'an 1000 (1). » Or. les absides
(1) Rapport au Ministre de l'Intérieur sur les monuments, les archives et les bibliothèques des départements de l'Oise, de la Somme, de l'Aisne, p. 8. Dans le paragraphe qui précède ce passage, M. Vitet s'exprime ainsi : « La tradition veut que
dont parle M. Vitet sont de simples chapelles rectangulaires Sans cloute, si elles étaient disposées, comme à Saint-Philibert de Tournus , autour d'un déambulatoire on pourrait dire que ce plan n'indique pas une époque très reculée. Mais, à Saint-Médard de Soissons, on ne trouve rien de semblable, et les réduits aboutissent tous à angle droit dans la galerie centrale. En outre, on peut faire observer que M. Vite*, en attribuant la crvpte au XP siècle, n'a pas tenu compte du silence absolu des textes sur la construction d'une église à Saint-Médard de Soissons pendant cette période. Les auteurs du Gallia christiana ont^ parlé d'une église consacrée par Innocent II, en 1031 (1) ; mais c'est, évidemment, le résultat d'une faute d impression. Car ce pape occupa le siège pontifical de 11.30 à 1143 ; et l'on doit, dès lors, attribuer la dédicace dont il est question à l'année 1131. Bailleurs, la mention contenue dans la chronique de Saint-Médard, à la date de 1131 : « Ecclesio beati Medardi dedicatur a domno Innocentio papa secundo prœdicto (2) »», est assez précise pour dissiper tous les doutes. Comme nous lavons expliqué plus haut, il n'y eut que trois églises bâties à Saint-Médard avant le XIIIe siècle : la première, vers 560 : la seconde, de 827 à 841 : la troisième en 1131. H faut nécessairement que l'on choisisse l'une de ces dates pour fixer l'âge de la crypte.
Chilpéric, et, à ce que je crois, son fils Clotaire, aient été enterrés à Saint-Médard. i II a commis évidemment une méprise sur ce point, car c'est Clotaire I« et son fils Sigebert, mars non pas ChUpéric et Clotaire II qui furent ensevelis dans la basi lique, d'après le témoignage de Grégoire de Tours.
(1) Gallia Christiana, t. IX, col. 406.
(2) Cf. d'Àchery, Spicilegium. Éd. de 1723, t. II, p. 48?.
La dernière , celle de 1131 , nous paraît devoir être complètement écartée , car aucun archéologue ne pourrait admettre qu'au XIIe siècle, dans une région où l'architecture était déjà parvenue à un si haut degré de perfection , on ait élevé une crypte dont le style fût aussi primitif.
Entre ces deux opinions extrêmes, qui font remonter l'une au VIe, l'autre au XIe siècle, la crypte de Saint- Médard, il s'en place une troisième que personne n'a encore entrepris de défendre. Nous n'hésitons pas à la proposer, en faisant remonter l'ensemble de cette construction au IXe siècle. Aucun texte ne peut contredire une semblable assertion. Elle n'est pas, comme celle de M. Fleury, en opposition avec le passage où le biographe anonyme de saint Médard raconte que l'ancienne église , bâtie par Clotaire, fut démolie au IXe siècle jusque dans ses fondations (1). En outre, elle s'accorde avec le texte suivant, qui se trouve dans la chronique de Saint-Médard , à la date de 839, et dont l'importance est capitale. « Ipse enim Carohis Calvus mutare fecit corpora sanctorum Medardi et Sebastiani et Gregorii (2) et aliorum et ponere in cryptas sexto kalendas septembris (3). » La cérémonie
(1) Funditus destructa, cf. Bollandistes, loc. cit.
(2) Ces corps avaient été apportés de Rome dans la basilique en 826, comme Je prouve la mention que la chronique de Saint-Médard renferme à cette date : « Corpora sanctorum Sebastiani et Gregorii et quorumdam aliorum à Roma delata sunt in ecclesia beati Medardi Suessionensis. » Cf. d'Achery, Spicilège, t. Il, p. 488. — Le moine Odilon a raconté cette translation en détail dans le « Liber de translatione Sancti Sebastiani et Gregorii », apud Migne, Patrologie latine, t. CXXXII, col. 581.
(3) D'Achery, Spicilegium, t. II, p. 488.
dont il est fait mention se rapporte plutôt à l'année 841 qu'à l'année 839, si l'on en croit Nithard (1); mais cette différence de deux ans s'explique aisément par l'habitude qu'avait le chroniqueur de Saint-Médard de grouper un grand nombre d'événements sous la même date, ce qui lui a fait commettre quelques erreurs de chronologie. Néanmoins ce passage est tout à fait précis ; il nous montre que Charles le Chauve fit déplacer le tombeau de saint Médard pour le transporter dans la crypte qui venait probablement d'être achevée. Ainsi se trouvent justifiés les témoignages de Grégoire de Tours (2), d'Aimoin (3) et du biographe anonyme (4) qui déclarent que saint Médard, Clotaire et Sigebert furent enterrés dans la basilique et qui ne mentionnent pas l'existence de la crypte à l'époque mérovingienne. Il est donc fort légitime d'admettre que la crypte de Saint-Médard est une construction carlovingienne, bâtie vers 830, c'est-à-dire dans la première moitié du IXe siècle. Ses caractères archéologiques sont du reste assez frappants pour que sa grande ancienneté ne puisse lui être contestée. La disposition toute particulière du plan, l'appareil des murs, des voûtes et des petites niches en cul de four, attestent une architecture encore primitive qui peut fort bien être contemporaine d'une époque aussi reculée.
(1) Liv. III, ch. il, in fine.
(2) Flistoria Francorum, liv. IV, ch. xix, xxi et lu.
(3) De geslis Francorum, liv. III, ch. xu, in fine.
(4) Cf. Bollandisles , 8 juin.
Caen. — Imp. II. DeleSQUES, rue Froide, 2 et 4.
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