ÉGLISE DE BURY
tailloirs inférieurs coupés vis-à-vis de la nef, mais une nouvelle étude de l'appareil des piles flanquées de quatre colonnes et de huit colonnettes m'a fait constater que ces massifs étaient homogènes, comme à Foulangues. Les assises des petits fûts ne forment pas queue tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre, comme à Saint-Étienne de Beauvais et à Saint-Germer. mais elles font corps avec les angles rentrants. D'ailleurs. les chevrons des grandes arcades ne se continuent pas derrière les trois colonnes qui correspondent aux retombées des voûtes, ce qui prouve bien que leur passage était prévu.
Il faut en conclure que les croisées d'ogives de la nef et des bas-côtés sont contemporaines des piliers qui portent la trace de repentirs et de maladresses. Ainsi, à première vue, il semble que les chapiteaux correspondant aux bâtons brisés des grandes arcades furent encastrés après coup, mais c'est leur hauteur anormale de 0m57 qui décida lappareilleur à évaser leur corbeille en les faisant déborder des angles rentrants. Tous les chapiteaux, garnis de volutes perlées, de tiges entrelacées, de fruits d'arum, sont d'un style très lourd, mais ceux qui méritent d'attirer l'attention dans le bas-côté nord représentent deux hommes qui taillent la vigne et qui bêchent la terre. En face, on voit saint Lucien, tenant sa tète dans ses mains, entre un bourreau et saint Pierre: ces trois personnages sont placés sous des gables ajourés par des arcatures en
plein cintre.
Les voûtes du bas-côté nord offrent des profils différents. La première est garnie d'une arête entre deux boudins, comme celles du bas-côté sud; la seconde d'un boudin en amande entre deux tores, comme la
A. Ventre, del-
Eglise de Bury.
Plan.
E. Lefèvre-Pontalis, phot.
Église de Bury.
Nef.