‹ Collected papersChapitre 18 sur 84 · EGLISE DE BURY · texte numérisé non relu

EGLISE DE BURY

troisième, dont les sommiers sont ornés de trois personnages et d'une femme, que le Dr Woillez a eu le tort de vouloir identifier avec Constantin, Clovis, Charlemagne et Clotilde. car le cercle d'orfèvrerie qui retient leurs cheveux nest pas une couronne. Le surhaussement des doubleaux en tiers-point mérite d'attirer l'attention. Les fenêtres de la nef et des collatéraux sont en plein cintre. Une cuve baptismale octogone, flanquée de quatre colonnettes et ornée de volutes perlées, remonte à la seconde moitié du XIIe siècle. Elle ressemble aux fonts de Saint-Vaast-les- Mello que j'attribue au XIIIe siècle.

Le transept roman fut rebâti en grande partie au XIIIe siècle. On avait projeté une lanterne sur le carré, dont la voûte d'ogives est du XIIIe siècle, mais on refit au XVIe siècle la pile d'angle octogone nordouest et les deux baies supérieures à remplage flamboyant. Les anciens croisillons furent surélevés et voûtés d'ogives. Ces travaux furent entrepris vers 1250. au moment de la reconstruction du chœur.

Le grand transept gothique, dont la voûte centrale fut refaite au XVIe siècle, conserve trois piles d'angle du XIIIe siècle entourées de colonnettes. Chaque croisillon est recouvert de deux voûtes d'ogives à tore aminci, dont les clefs ont été remplacées. Au nord, on remarque la claire-voie bouchée, dont les arcades jumelles trilobées sont surmontées d'un trèfle: au sud, les fenêtres hautes géminées à rosace se relient à la claire-voie par leur meneau central. Les deux roses à remplage tréflé sont bien conservées. On admire dans le croisillon sud un triptyque en bois sculpté et doré, daté de 1548. qui représente des scènes de la Passion, comme ceux d'Airion et de Marissel.

g ÉGLISE DE BURY

Le chœur, limité par un mur droit et flanqué de bas-côtés, comme le chevet de l'église de Cambronne et d'un grand nombre d'églises du XIIIe siècle voisines de Paris, renferme deux travées voûtées d'ogives, dont l'une a sa clef primitive, une claire-voie tréflée qui est bouchée et. au fond, un triplet avec deux oculi, encadrés par un arc de décharge en plein cintre. Les fenêtres de la première travée ont un remplage flamboyant du XVIe siècle, mais celles de la seconde sont du XIIIe siècle, comme les voûtes d'ogives des collatéraux éclairés par des fenêtres en tiers-point au nord et géminées au sud. Deux colonnes isolées portent les grandes arcades en tiers-point du sanctuaire. ' La façade est une œuvre du XIIe siècle. Son portail, en plein cintre, à plate-bande appareillée, flanqué de huit colonnettes qui reçoivent des bâtons brisés, des gorges et des boudins, est surmonté de trois fenêtres en plein cintre. A l'angle sud-ouest, une grande tourelle d'escalier fut ajoutée après coup dans la seconde moitié du XIIe siècle, comme l'indiquent le décrochement de ses assises et le contrefort engagé dans l'appareil. Elle est couronnée d'une flèche à écailles et boudins dont la pointe est moderne. Il faut signaler la curieuse voûte en berceau rampant qui porte les marches.

Deux portes romanes, bouchées, suivraient dans le bas-côté nord, mais celle du bas-côté sud est beaucoup plus riche et ressemble au portail de la façade. Les fenêtres de la nef. encadrées par des pointes de diamant, sont flanquées de lits d'assises très minces. La corniche, à petites arcatures subdivisées, d'un type classique dans le Beauvaisis, est soutenue par des modillons. Le mur occidental du croisillon nord primitif est encore intact.

Épaulé par des contreforts d'angle couronnés de pinacles et par des arcs-boutants. le croisillon sud se distingue à l'extérieur par l'élégance de son architecture gothique. Sa rosace à seize rayons, reliés par des arcs trilobés, s'ouvre au milieu d'un carré dont chaque angle renferme un trèfle. Sa tourelle d'escalier est amortie par une flèche octogone et son pignon, orné de crochets, s'élève au-dessus d'une corniche à feuillages.

Le chœur, dont les arcs-boutants s'appuient sur des culées à fleurons du XIIIe siècle, conserve une corniche ornée de grandes dents de scie. Son chevet plat, qui ressemble à celui de l'église de Gaillon (Seine-et- Oise), présente un triplet inférieur sous la claire-voie, une rosace cerclée de pointes de diamant, dont le remplage fut refait au XVIe siècle, et un oculus dans le pignon. Dans l'axe de ses collatéraux, on voit des fenêtres en tiers-point flanquées de deux colonnettes, et les baies géminées du bas-côté sud sont encadrées sous un arc de décharge en plein cintre.

Église de Cambronne.

Une charte d'Eudes III, évèque de Beauvais, prouve l'existence d'une église à Cambronne vers 1145, mais il n'en reste plus que les deux croisillons, car le carré du transept surmonté d'un clocher, la nef et le bascôté nord furent rebâtis successivement au milieu du XIIe siècle. Mathilde, comtesse de Clermont, qui épousa Alphonse III, roi de Portugal, fit reconstruire le bascôté sud et le chœur à chevet plat, consacré le 4 décembre 1239 par Robert, évèque de Beauvais, comme

le prouve cette curieuse charte de dédicace conservée à la sacristie :

(&reo,orio nono papa métropolitain*, ^enrtco remt0, Cuoooieo reo,e, Jltattlîrts 2lutïoitôO sponeo, romïtisae bolonieitsis, presbitero plebiô (Èuierriro eanberonensis, 3n testa saeri (Beneoieti mense oeeembri 3litno milleno îritrenteno quaîïrageno îllno ôiibstraeto fuit a pastore Hoberto 6eloaei l)oe templum saneto 6tepl)ano oeoiratiim.

La nef, divisée en quatre travées, est recouverte de croisées d'ogives à gros boudin, dépourvues de formerets et séparées par des doubleaux en tiers-point aux arêtes abattues. Malgré certaines apparences qui m'avaient fait croire à l'addition des voûtes, comme notre confrère M. Régnier, les piles cantonnées de douze colonnettes sont homogènes, car les assises des fûts qui correspondent aux nervures de la nef et du bascôté nord forment queue dans le massif, tantôt à droite, tantôt à gauche, comme à Saint-Etienne de Beauvais et à Saint-Germer, ce qui exclut l'idée d'un remaniement des supports. Les grandes arcades en tiers-point, ornées de deux boudins au nord, furent surhaussées en même temps que les piles du côté sud au XIIIe siècle. Une baie en plein cintre s'ouvrait dans l'axe de chaque travée.

Le bas-côté nord conserve ses quatre voûtes d'ogives à tore en amande et ses doubleaux en tiers-point. Les arcatures, remplies de maçonnerie, offrent un exemple

A. Ventre, del.

Eglise de Gambronne.

Plan.

précoce de l'usage de l'arc brisé. Au XIIIe siècle, le bas-côté sud fut reconstruit et sa largeur fut doublée, comme l'indiquent les deux arcatures primitives au revers de la façade. Ses voûtes d'ogives, garnies d'une arête émoussée entre deux tores, furent reportées beaucoup plus haut que celles du XIIe siècle ; leurs compartiments portent la trace de peintures décoratives et de faux joints rouges comme les voûtes du chœur. Les fenêtres en lancette, à boudin continu, prouvent que l'élargissement de ce bas-côté fut l'objet de la seconde campagne du XIIIe siècle. Il faut signaler les fonts baptismaux du XVIe siècle avec leur petite cuvette accolée à la grande, la pierre tombale de Jean de Hédouville, mort en 1558, et de sa femme, et une dalle de 1683 signée par Pierre de Bubon, tombier à Senlis.

Vers le milieu du XIIe siècle, un architecte rebâtit le carré du transept pour donner une base solide au clocher, en relançant dans les quatre piles les colonnettes qui soutiennent les doubleaux en tiers-point, mais il ne put trouver la place des colonnes d'angle destinées à la voûte d'ogives, dont le tore en amande retombe sur des petits masques. Comme la nef romane primitive existait encore à cette époque, il avait ménagé à l'ouest, sur la souche du clocher, un solin en saillie où la toiture venait s'engager. La dernière voûte de la nef masque ce solin dont la pointe seule est apparente, ce qui prouve que le carre du transept est antérieur à la nef. Chaque pile d'angle renferme des colonnettes de trois campagnes différentes.

Les croisillons, qui présentent un caractère plus archaïque, furent élevés par le même jarchitecte que l'église de Bury. En effet leurs nervures, garnies d'une

arête entre deux boudins, offrent un profil déjà signalé dans cet édifice et deux vieillards barbus, à genoux, se détachent, ainsi qu'un autre personnage, sur les sommiers dans le croisillon sud où les chapiteaux sont tout différents de ceux de la nef. Dans le croisillon nord, également dépourvu deformerets, un oculus s'ouvre à l'ouest, à côté d'un escalier du XIIIe siècle.

Le chœur, terminé en 1239, est une œuvre remarquable. Ses quatre travées communiquent par des arcades en tiers-point avec de larges bas-côtés qui viennent buter contre un mur droit, comme à Bury. Les voûtes d'ogives, décorées d'une fine arête entre deux tores, retombent sur des colonnettes. Les deux premières piles se composent d'un massif cylindrique flanqué de quatre colonnes, comme à Saint-Leud'Esserent, mais les autres sont cantonnées de douze colonnettes. Cette différence de plan entre les supports correspond à deux campagnes, car on voit un décrochement des assises au milieu du mur extérieur. La plupart des chapiteaux sont d'un style très médiocre et la scotie des bases est remplie de perles. Les tribunes qui s'ouvrent sous le toit en appentis des bas-côtés, comme à Saint-Étienne de Beauvais et à Saint-Évremond de Creil, sont ajourées dans chaque travée par trois baies trilobées avec un quatre-feuilles dans le tympan. Sous le formeret, un grand trèfle vitré entre deux triangles sphériques éclaire les parties hautes, comme la grande verrière du chevet dont les deux meneaux soutiennent un large trèfle. Les bas-côtés du sanctuaire, voûtés d'ogives, renferment des baies en tiers-point et une fenêtre tréflée à l'orient.

Les restes des peintures de la fin du XIIIe siècle qui décoraient le chœur méritent d'attirer l'attention

E. Lefèvre-Pontalis, phot.

Église de Cambronne.

Bas-côté sud.

i';<;lise de cambhonnE 11

des archéologues. Au revers du transept, le Christ, entouré d'anges, assiste à la résurrection des morts. On distingue encore le Christ ilanqué des animaux symboliques sur la voûte de la troisième travée et des figures effacées dans les écoinçons des grandes arcades, une Notre-Dame de Pitié dans le bas-côté nord, des rinceaux et des rosaces autour des fenêtres basses et des faux joints rouges sur les murs.

Le portail principal, ilanqué de quatre colonnettes. a été restauré, sauf les deux boudins de l'archivolte en plein cintre qui encadrent un tympan découpé en petits losanges, comme à Fay-Saint-Quentin et à La Rue- Saint-Pierre. La fenêtre centrale de la façade conserve un cordon de pointes de diamant et celle du bas-côté sud un rang d'étoiles perlées qui retombe sur deux masques. Le pignon couronné d'une croix de pierre fut refait au XIIIe siècle. Le bas-côté nord conserve des petites arcades cintrées de sa corniche: au-dessus, la corniche de la nef se compose de demi-cercles biseautés. Au sud, les fenêtres basses, flanquées de deux colonnettes, remontent au XIIIe siècle, mais la porte latérale a été remaniée.

Le clocher central est une des tours octogones les plus jeunes de la région, avec celle de Tracy-le-Val. En effet, l'archivolte de ses huit baies supérieures est brisée, tandis que l'arc en plein cintre persiste dans les baies du premier étage, également encadrées par quatre colonnettes, deux tores, une gorge et un cordon à double biseau. En outre, le faible relief de sa corniche beauvaisine et les jours rectangulaires de la flèche garnie d'écaillés en dents de scie ne permettent pas de reporter sa construction avant l'année 1160 environ. Cette tour, du même type que celle de Cauvigny,

Page 1