CATHÉDRALE
Histoire. — Malgré les recherches de M. l'abbé Blond et de M. le chanoine Mûller, l'histoire de Notre-Dame de Senlis avant le milieu du XIIe siècle est enveloppée d'obscurité. Il est impossible d'admettre que la basilique primitive se soit conservée jusqu'à la fin du Xe siècle, époque où l'évêque Eudes l'aurait rebâtie. La mention du nécrologe « Odo episcopus qui hanc ecclesiam fundavit » doit s'appliquer plutôt à ce prélat qu'à Eudes II, qui vivait en 1068, car, en 1154, Louis VII emploie l'expression « média corruens vetustate » pour désigner la cathédrale, en recommandant l'œuvre de sa reconstruction à la charité des fidèles. Il fallut démolir l'église de Saint-Gervais et de Saint-Protais ainsi que le prieuré de Saint-Miche,l pour faire place au nouvel édifice. Des quêteurs parcoururent la France pour réunir les ressources nécessaires, car le diocèse de Senlis était l'un des plus petits évèchés de France. Les travaux furent conduits avec lenteur, et quand la cathédrale fut consacrée, le dimanche 16 juin 1191, les deux tours de la façade n'étaient pas terminées.
Au XIIe siècle, le transept était à peine indiqué par deux chapelles latérales en avant du chœur, mais, après la construction de l'élégante flèche du clocher sud, vers 1260, on prit le parti d'établir un transept au milieu de la nef. La salle capitulaire fut bâtie vers la fin du XIVe siècle, grâce aux dons généreux du doyen Pierre III l'Orfèvre, qui a fait sculpter ses armes sur les
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clefs de voûte. L'incendie de 1417 détruisit la toiture de l'église, mais la foudre en alluma un autre, beaucoup plus terrible, au mois de juin 1504. Les voûtes, les fenêtres de la nef et du chœur s'effondrèrent et le transept fut très endommagé.
Après avoir réuni des sommes importantes, grâce à la faveur royale, le chapitre confia la restauration des parties hautes à l'architecte Michel de Bray, qui avait déjà refait les voûtes en 1514 et qui dirigeait encore le chantier en 1520. L'évèque Guillaume Parvi posa la première pierre du croisillon sud le 25 avril 1521. mais les travaux, dirigés par Pierre Chambiges et Jean Dizieult. qui recevaient 120 livres par mois, étaient encore en pleine activité en 1532. Jean et Adam Souldoier furent chargés de vitrer sa grande rose le 15 avril 1534. Vers la même époque. Jean Dizieult acheva le croisillon nord bâti sous le règne de François 1er. comme l'indique la salamandre et l'F couronné de son portail. L'addition d'un second bascôté au nord, de chapelles latérales dans le bas-côté sud et sur les flancs du chœur, la réfection des fenêtres hautes et des arcs-boutants pendant le premier tiers du XVIe siècle, donnent à l'enveloppe extérieure de la cathédrale l'aspect d'un édifice gothique flamboyant.
Nef# Au XIIe siècle, la nef se composait de trois travées simples suivies de cinq grandes travées doubles. Ses bas-côtés étaient dépourvus de chapelles latérales, sauf celles qui formaient un petit transept, et cinq chapelles en hémicycle s'ouvraient sur le déambulatoire. L'étroitesse des trois premières travées s'explique par le voisinage de la façade et des tours : leurs
E. Lefèvre-Pontalis, dir. A. Ventre, del.
Cathédrale de Senlis.
Plan au XIIe siècle.
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A. Ventre, del.
Cathédrale de Senlis.
Plan actuel.
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arcs <'ii tiers-point surhaussés, garnis de boudins sur les arêtes, retombent sur des |>ilrs cantonnées de vingtdeux et de seize colonnettes. On remarque ensuite l'alternance des piles et des colonnes isolées, comme dans la cathédrale de Noyon. Il faut en conclure que les voûtes d'ogives primitives étaienl établies sur plan carré avec doubleau intermédiaire passant par la clef. Cette disposition fut d'ailleurs conservée par l'architecte Michel de Brav après l'incendie de 1504, mais il donna aux nouvelles nervures le profil prismatique et remplaça les fenêtres en tiers-point du XIIe siècle par des verrières à remplace flamboyant.
Les trois premières travées étaient recouvertes de croisées d'ogives barlongues: l'une de ces voûtes, audessus de la tribune d'orgues, conserve ses anciennes nervures en amande. Trois colonnettes partaient du tailloir des colonnes isolées pour soutenir le doubleau central et les ogives des cinq autres grandes voûtes. Les chapiteaux, ornés de feuilles d'acanthe, de tiges entrelacées, de feuilles recourbées, sont couronnés d'un tailloir dont le tilet. le boudin central et le cavet sont à peine dégagés: on voit des grilles sur le tore aplati des bases.
Les tribunes qui surmontent les bas-côtés et le déambulatoire sont voûtées d'ogives à boudin en amande, et leurs doubleaux. flanqués de deux tores, décrivent une courbe en tiers-point, comme les arcades qui s'ouvrent sur la nef. Encadrées par six colonnettes et quatre boudins, ces baies, bordées d'une balustrade du XVIe siècle, ne sont pas subdivisées par un petit fût central, comme à Saint-Etienne de Beauvais et à la cathédrale de Noyon. Les fenêtres des tribunes sont en plein cintre.
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Bas-côtés. — Le bas-côté nord a conserve quatre voûtes d'ogives du XIIe siècle, à boudin aminci, avant le transept, mais la cinquième voûte est du X\ Ie siècle. Dans la première travée, dont les ogives sont plus robustes, on voit une ancienne fenêtre en tiers-point et. dans la sconde. un portail surmonté d'un arc de décharge en plein cintre. Les travées suivantes furent défoncées vers 1530. quand on doubla le bas-côté en montant des piles ondulées à la place du mur de clôture et des croisées d'ogives à nervures prismatiques. La voûte centrale se fait remarquer par sa couronne à clefs pendantes et les quatre anges musiciens qui ornent les compartiments de remplissage.
Un escalier conduit à la salle capitulaire transformée en sacristie et bâtie dans les dernières années du XI\ " siècle. La colonne centrale, qui reçoit les ogives toriques à filet, est surmontée d'un chapiteau très curieux où des musiciens font danser des bourgeois, un fou et un sauvage au son de divers instruments : on remarquera l'orgue et le souffleur. Les grandes fenêtres en tiers-point sont divisées par un meneau, deux arcs trèfles et un quatre-feuilles.
Les quatre premières voûtes du bas-côté sud sont encore intactes. Au XVIe siècle, on se borna à percer le mur de ce collatéral entre les contreforts primitifs pour établir trois chapelles voûtées avec des liernes et des tiercerons. qui sont éclairées par des fenêtres à remplage flamboyant, mais on eut soin de conserver dans la quatrième travée un ancien portail latéral en tiers-point flanqué de quatre colonnettes et de deux boudins qui retombent sur des chapiteaux et des tailloirs à feuilles d'acanthe.
Transept. — M. l'abbé Blond, en 1866, et Viollet-
le-Duc avaient reconnu que le transept n'existait pas au XII' siècle, mais M. Anthynie Saint-Paul a prouve au Congrès archéologique de 1877. que les croisillons furent établis dès le XIIIe siècle. Je ne crois pas qu'on ait commencé ce travail avant 1270 environ, à cause du profil des arcs et des voûtes basses du croisillon nord, du style des chapiteaux à crochets et du profil des bases à petits supports. 11 fallut démolir à cette époque quatre travées et deux grandes voûtes, puis on éleva les deux piles d'angle nord-est et sud-ouest cantonnées de seize colonnettes : l'une d'elles s'écrasait en 1304. L'arcliitecte rétablit ensuite la première arcade après la croisée en lui donnant plus d'ouverture, ainsi qu'à celle des tribunes. La preuve de l'addition du transept après coup se déduit tout d'abord de deux colonnes du XII' siècle, engagées dans les piles nord-ouest et sud-ouest: ce sont des témoins des travées disparues. En outre, les fouilles faites pour le calorifère en 1887, dont M. le chanoine Millier a rendu compte, ont fait découvrir les fondations des piles primitives.
La face orientale du croisillon nord prouve que la saillie du transept était aussi forte au XIIIe siècle. En effet, les deux voûtes basses et les arcs en tiers-point moulurés qui retombent sur une pile intermédiaire flanquée de douze colonnes à l'entrée d'une chapelle, sont encore intacts, ainsi que la fenêtre du nord. La tribune supérieure renferme également des voûtes, des colonnettes, des chapiteaux et une fenêtre du XIIIe siècle, mais l'archivolte de ses baies fut reprise au XVIe siècle. Dans la première travée du croisillon sud, il faut signaler, du côte de l'orient, d'autres
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témoins du XIIIe siècle, notamment des chapiteaux à crochets, dans la pile d'angle et sous une arcade des tribunes.
La voûte en étoile du carré du transept a remplacé, vers 1515. une croisée d'ogives du XIIIe siècle. Les deux voûtes à losange central du croisillon nord, toute sa face occidentale, son mur de fond, avec le portail à tympan ajouré et la grande rose, la partie haute de la face orientale, ne furent achevés que sous l'épiscopat de René Le Roullier, vers le milieu du XVIe siècle. Le croisillon sud fut à peu près reconstruit de fond en comble vers 1525: sa chapelle orientale présente une voûte dont le cercle central sert de point d'appui à huit nervures et dont les cinq clefs pendantes sont reliées par des arcs détachés. La voûte correspondante sur le bas-côté remonte à la même époque, ainsi que la pile ondulée intermédiaire et toutes les autres parties de ce bras du transept avec ses tribunes, sa rose et ses fenêtres à remplage flamboyant.
Chœur. — L'hémicycle du sanctuaire est en fer à cheval, comme celui de Notre-Dame de Paris. Les o-rands arcs en tiers-point surhaussés retombent sur six colonnes monolithes posées sur une feuille de plomb, comme à la cathédrale de Noyon: leurs chapiteaux à feuillages furent refaits à l'époque moderne, mais leurs bases à tore aplati, ornées de griffes, se sont bien conservées. Dans la première travée, un arc en plein cintre encadre deux baies géminées en tierspoint de la tribune. Les autres baies sont identiques à celles de la nef, mais plus étroites. On voit nettement que la reprise du XVIe siècle part de l'appui des
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fenêtres hautes à remplage flamboyant, comme dans le vaisseau central. Les huit branches d'ogives de l'hémicycle rayonnent autour d'une clef centrale.
Passons dans le bas-côté sud. A partir du transept, la seconde voûte d'ogives, dont le tore est aminci, remonte au XII1 siècle, comme toutes celles du déambulatoire. En face de l'avant-dernière travée double, un faux croisillon de la même époque forme un rectangle recouvert de deux voûtes d'ogives. Encadrée par deux arcs en tiers-point qui retombent sur une colonne isolée, cette partie de l'église fait une saillie sur le mur extérieur. Trois escaliers partent du même point, l'un monte aux tribunes: le second descend dans une curieuse crypte octogone du XIe siècle voûtée d'arêtes et flanquée d'une absidiole à l'est: le troisième donne accès à la sacristie polygonale voûtée par huit branches d'ogives du XIIIe siècle et maladroitement restaurée. C'était une ancienne chapelle sépulcrale à deux étages semblable à l'Octogone de Montmorillon. Le faux croisillon nord est éclairé par deux fenêtres gothiques modernes : on y voit également un escalier qui dessert les tribunes et dont la porte à linteau est encadrée par un arc de décharge.
En avant des cinq chapelles rayonnantes, une chapelle voûtée d'ogives prismatiques et éclairée par deux fenêtres à remplage flamboyant fut bâtie vers 1463. Il fallut défoncer les murs extérieurs pour la faire communiquer avec le déambulatoire, et la même opération fut faite en 1671 du côté nord pour ajouter une autre chapelle. Depuis que M. Daniel Ramée eut la fâcheuse idée de remplacer la chapelle centrale du rond-point par une chapelle gothique d'un style très médiocre en 1847. il n'y a plus que quatre
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chapelles rayonnantes en hémicycle du XIIe siècle. Celles du nord sont voûtées, la première par une croisée d'ogives dont les formerets en tiers-point encadrent deux fenêtres de la même forme, et la seconde par trois nervures qui se rejoignent au-dessus d'un autel orienté et adossé à une seule fenêtre. Du côté sud. les chapelles primitives, maladroitement voûtées par quatre branches d'ogives en amande, sont encadrées par un arc en cintre brisé garni de trois boudins. Le formeret central suit la courbe surbaissée de la fenêtre et les deux autres décrivent une courbe en
tiers-point.
Il faut signaler toute la série des tombes plates des évèques du XVI". du XVII' et du XVIII" siècle, sculptées par les tombiers de Senlis. dont les œuvres sont répandues dans toute la France. Les tètes, les mains et les crosses en marbre incrusté ont disparu pour la plupart. L'une des plus anciennes épitaphes est celle de l'évèque Simon Bonnet, mort en 1496.
Façade. — Le portail central en tiers-point fut sculpté vers 1180: son tympan représente la mort, l'ensevelissement et le couronnement de la Vierge par le Christ entouré de quatre anges. Un arbre de Jessé peuple les voussures de statuettes : on voit, à gauche, Abraham portant cinq élus dans son sein et David jouant de la harpe. Les huit statues des piédroits ont des tètes refaites en 1846 1 , comme les chapiteaux des colonnes : leurs supports mutilés furent entaillés maladroitement pour y fixer des pièces qui sont tombées. Ces figures de prophètes, remarquables parles plis des vêtements, tiennent des attributs restaurés. Il est
(1) L'une des tètes primitives se trouve au Musée.
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donc dillicile de les identifier, mais, en les comparant à celles du portail central du croisillon nord de la cathédrale de Chartres, on peut reconnaître: à droite. David. Isaïe, Jérémie et le vieillard Siméon ; à gauche, saint Jean-Baptiste. Samuel qui se prépare à sacrifier un agneau. Moïse qui tient la colonne du serpent d'airain, et Abraham avec Isaac, les pieds sur un bélier. Sous les statues, les travaux des mois se développent en commençant par la droite.
Les portes latérales sont ilanquées de six colonnettes qui correspondent aux trois boudins de l'archivolte en tiers-point surhaussé. Dans le tympan, quatre colonnettes à fût orné soutiennent un triplet dont l'arcature centrale allongée s'ouvre entre deux oculi. Cette curieuse décoration rappelle celle des portails de Xamps-au-Yal Somme et de Saint- Vaast-les-Mello (Oise). Au-dessus du grand portail on voit une grande baie en tiers-point, deux statues d'évèques du XIIe siècle, dans des niches, et un oculus dont le remplage est du XVIe siècle, comme la balustrade supérieure.
Tours. — Flanquées de contreforts d'angle, les tours, qui restèrent inachevées en 1191. ne sont pas exactement pareilles. Ainsi, celle du nord, qui doit être la plus ancienne, présente des baies en plein cintre à l'étage inférieur, tandis que l'autre est percée de baies en tiers-point. Au-dessus, on voit des arcatures en plein cintre avec cordon d'étoiles, puis deux oculi moulurés : le quatrième étage est ajouré par de longues baies en tiers-point, qui s'ouvrent entre des colonnettes. sous des boudins et des pointes de diamant. La tour du nord a un toit en pavillon, des pinacles et une balustrade du XVe siècle, mais celle
du sud fut couronnée, vers 1230, par une flèche ajourée, justement célèbre.
Cette flèche s'élance d'un étage octogone avec colonnettes d'angle, percé de longues baies en tierspoint sur les pans orientés. Comme les baies des autres faces sont beaucoup plus petites, il faut en conclure que les trois arêtiers à crochets des clochetons d'angle, qui s'appuient sur trois colonnes posées sur des masques et reliées par des arcs brisés, étaient bien prévus dès le XIIIe siècle, malgré leur apparence de collage. Une cage d'escalier passe dans le clocheton sud-est. qui est plus large. La flèche, avec ses huit lucarnes tréflées. dont le gable est ajouré, repose sur un bandeau de damiers: ses assises sont ornées d'écaillés et ses arêtes de crochets. L'architecte de cette flèche, dont la hauteur est de 78 mètres, fut un homme de génie, qui créa un type spécial de clochetons d'angle et de lucarnes gothiques. Elle fut le prototype de celle de Mogneville (Oise et des flèches des églises du Valois au XVI" siècle.
Croisillons et abside. — Au nord du transept, un portail en tiers-point, à moulures prismatiques contw nues et à remplage flamboyant divisé par une niche, s'ouvre entre deux colonnes torses. La salamandre de François Ier se détache au sommet de son gable. Plus haut, on voit une galerie encadrée par quatre arcades, une balustrade, une rose et un pignon de style flamboyant. Les deux tourelles d'angle, qui renferment des escaliers, sont revêtues d'un élégant placage d'arcatures et de pinacles, comme celles delà façade de Saint- Pierre. A gauche, deux fenêtres superposées du XIII' siècle éclairent une chapelle el la tribune.
E. Lefèvre-Pontalis, phot.
Cathédrale de Senlis.
Flèche du clocher sud.
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Le portail du croisillon sud, qui est beaucoup plus riche, ressemble à ceux de Saint-Nicolas de Rethel. des cathédrales de Beauvais et de Troyes et de l'église de RùmiUy-les- Vaudes (Aube) : son trumeau, surmonté d'une niche à dais, reçoit deux arcs surbaissés sous un tympan ajouré. Les voussures sont garnies de redents trèfles, de huit groupes représentant des scènes de la vie de la Vierge et de clefs pendantes. L'écusson du gable et les anges qui le soutiennent sont modernes. La décoration des parties hautes est semblable à celle de l'autre bras du transept, mais les tourelles qui renferment des escaliers semblent plus ornées. Un groupe de la Trinité est sculpté au sommet du pignon, où l'on accède par deux escaliers bordés de balustrades.
Les arcs-boutants du transept sont plus élégants que ceux de la nef et du chœur, dont les culées conservent des pinacles et des gargouilles du XVIe siècle. Les fenêtres hautes, les balustrades et les deux tourelles rondes du chevet qui s'élèvent sur les souches carrées des escaliers primitifs des tribunes remontent à la même époque. Les chapelles rayonnantes du XIIe siècle sont couvertes en pierre, comme les chœurs de Berzy-le-Sec. de Chavigny, de Vauxrezis (Aisne): leurs fenêtres en tiers-point s'ouvrent entre deux colonnettes et la corniche à crochets des galeries de l'abside fut posée au XIIIe siècle.
COLLEGIALE DE SAINT-FRAMBOURG
Fondé par la reine Adélaïde, femme de Hugues Capet, le chapitre de Saint-Frambourg voyait son église tomber en ruines au milieu du XIIe siècle. Les
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chanoines vinrent implorer Louis VII, qui posa la première pierre d'un nouvel édifice le 9 mai 1177, mais deux bulles d" Alexandre IV prouvent que la construction n'était pas encore terminée en 1259. « C'est, dit avec raison M. le chanoine Millier, un monument d'une science consommée, où l'élégance s'unit à la force et le charme de l'ensemble à une merveilleuse simplicité ».
La nef unique du XIIIe siècle, large de 9m75, se termine par un hémicycle et la longueur totale atteint 45-70. Quatre voûtes d'ogives sexpartites, comme celles de" Notre-Dame de Paris, de Saint-Jean-aux- Bois et d'Angicourt (Oise), recouvrent ce superbe vaisseau. Les nervures et les doubleaux en tiers-point. garnis d'une fine arête entre deux baguettes, viennent rejoindre des clefs percées d'un trou, rehaussées de feuillages et flanquées de petits personnages qui ont la tète en bas. La dernière clef et celle du chœur, ou rayonnent huit branches d'ogives, sont ornées d'une croix à volutes semblable à celles de Notre-Dame de Mantes. Les formerets en tiers-point, qui retombent sur le faisceau des trois colonnettes destinées a soutenir les voûtes, encadrent des fenêtres de la même forme flanquées de deux colonnettes. Il faut signaler deux petites chapelles latérales du XV« siècle, les arcs de décharge en plein cintre au-dessus des armoires du sanctuaire et les chapiteaux à crochets.
Le portail de la façade a perdu ses huit colonnettes et son tympan, mais ses voussures en tiers-point élancé sont garnies de boudins, de feuillages refouillés et de fruits d'arum. Au-dessus, une rose cerclée de boudins de pointes de diamant et de gros boutons fut remplie par un triplet dès le XIIIe siècle, par raison
A. Ventre, del.
Saint-Frambourg de Senlis.
Plan.
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d'économie. Les ruines du clocher latéral au nord de la première travée permettent de prouver que son premier étage était voûté d'ogives à trois tores et que ses baies géminées étaient flanquées de six colonnettes. Les contreforts de l'église se terminent par un long glacis sous une corniche a crochets, et les fenêtres sont encadrées par deux colonnettes, un boudin et des pointes de diamant.