II • • • 1 • X • • I • I • I • I • I
La forme des lettres et les points qui les séparent me font croire à l'authenticité de cette inscription,
fgggp§ag|j||p€gsg||||j|| 31î|I|§p|gtiiÊ|§
Chapiteau d'une arcature,
d'autant plus que la date de 1:164 s'accorde bien avec le style de l'église dont l'ornementation porte l'empreinte d'une période avancée du XIIe siècle. Notre regretté confrère, Bélisaire Ledain. a beaucoup trop vieilli cet édifice en l'attribuant à la fin du XIe ou au
commencement du XIIe siècle (1), mais le caractère archaïque de certains chapiteaux des arcatures permet de supposer qu'ils ont été réemployés. La seconde ligne de l'inscription, d'ailleurs très effacée, résiste à tout essai d'interprétation, car les I peuvent n'être que les jambages d'autres lettres.
Cinq fenêtres en plein cintre s'ouvrent autour du chœur entre deux colonnettes. Leur archivolte est nue. mais avant la restauration on y distinguait divers ornements. Les baies latérales sont flanquées d'arcatures en plein cintre de la même hauteur, et la fenêtre centrale du chevet est plus haute que les autres. Toutes ces dispositions se retrouvent dans l'abside de l'église de Lusignan. Les chapiteaux des colonnes se font remarquer par la variété de leurs feuillages : on distingue sur une corbeille des arbres dans un bateau.
La façade présente au centre un beau portail en plein cintre du XIIe siècle, flanqué de deux arcatures moulurées de la même forme. Dix colonnettes soutiennent les quatre voussures: il faut signaler sur leurs chapiteaux un ange, un personnage avec une bourse pendue au cou. qui symbolise l'avarice entraînée par le diable, un homme et un masque à barbe pointue entre deux chimères, des grillons et des tètes humaines encadrés par des feuillages. Le biseau et le filet des tailloirs sont ornés de palmettes et de fleurs à quatre pétales.
La première archivolte est garnie d'un tore et d'ornements en forme de hache : la seconde de deux rangs
(1) Notice sur l église de Jazeneuil dans Robuchon. Paysages et monuments du Poitou. Vienne, t. II, p. 26.
de billettes entre des tores; la troisième de billeites séparées par des palmettes et d'un ruban plissé, motif fréquent dans le Poitou, mais qui se rencontre aussi dans le Soissonnais, par exemple au portail de l'église de Vic-sur-Aisne. La dernière voussure est rehaussée de longues billettes, de perles, de volutes accouplées
iini"'^'™'Tïïtii^ni!^''l^'"r"''am"l''"^rr^l'i'^
Chapiteau du portail.
et de trois rangs de fines billettes. La nudité de la partie supérieure de la façade, dont la fenêtre centrale a été remaniée, contraste avec la richesse du portail.
Au nord de la nef un portail encadré par deux colonnettes, un tore entre deux gorges et deux rangs de
.;iii.iml,i,ai,,^i.i,,».,TîTiii|nwp,^<)g^£^
Poulard du Palais, del.
Eglise de Jazeneuil.
Chapiteaux du portail.
Poulard du Palais, del.
Église de Jazeneuil.
Chapiteaux du portail.
Poukml du Palais, del.
Eglise de Jazeneuil.
Arcatures et modillons de l'abside.
E. Lefèvre-Pontalis, phot.
Église de Jazeneuil.
Abside.
billettes est encore intact, ainsi que les modillons de la corniche du bas-côté: au sud les deux baies géminées en tiers-point qui s'ouvrent entre les contreforts ne sont pas antérieures au XIIIe siècle. Le croisillon méridional est épaulé par des contreforts d'angle à doubles ressauts : on y entre par une porte en plein cintre percée sous deux belles fenêtres romanes flanquées de deux colonnettes. Celle de droite, divisée par un meneau qui porte un remplace flamboyant du XVe siècle, conserve une archivolte à trois rangs de rouleaux, comme une baie de l'abside. C'est un ornement assez rare dans la région, mais dont je signale des exemples à Poitiers, sous le porche latéral de Notre-Dame-la-Grande et dans une baie du clocher de Saint-Ililaire. ainsi que dans une fenêtre du bas-côté sud de l'église d'Airvault- La fenêtre de gauche est revêtue d'une série d'ornements qui ressemblent à des langues encadrées entre un tore et des billettes.
Sous le pignon refait au XVe siècle, comme le prouvent les deux ours et les crochets de ses rampants garnis de feuilles de mauve frisée, les modillons de la corniche représentent un animal dévorant un enfant, un roi couronné, une reine avec ses longs cheveux, un singe soufflant dans une flûte de Pan. L'absidiole, épaulée par quatre faisceaux de trois longues colonnes, a conservé ses trois fenêtres en plein cintre encadrées par deux colonnettes et par un rang de billettes.
L'abside est une orjuvre remarquable par la pureté de son style. Au-dessus d'un soubassement de sept assises s'élèvent de longues arcatures en plein cintre accouplées quatre par quatre entre les contreforts à trois colonnes. Une gorge, creusée sur l'arête des pilastres qui les soutiennent et sur leur archivolte,
est remplie de boutons côtelés. J'ai retrouvé la même ornementation sur les arcatures des chapelles rayonnantes à Saint-Jouin-de-Marnes. Les chapiteaux des pilastres sont rehaussés de palmettes.de feuillages gras, de fruits d'arum et d'une tète de bélier. Les deux colonnettes des fenêtres de l'abside soutiennent une archivolte garnie d'un tore, d'une gorge, de besants. de larges dents de scie ou de trois rangs de rouleaux. La plupart des modillons de la corniche représentent des tètes d'animaux à long cou qui ressemblent aux corbeaux des chapelles rayonnantes de Saint-Hilaire de Poitiers. Le clocher carré qui s'élève sur la croisée du transept a été rebâti: c'est une tour massive, sans aucun intérêt, couronnée d'une flèche en charpente.
Caen. — Impr. H. Delesques. rue au Canu. 3l.
L'ÉGLISE
DE