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CHATEL-MONTAGNE

(allier)

On sait qu'au XIIe siècle les églises du Bourbonnais furent soumises à deux influences architecturales venues de l'Auvergne et de la Bourgogne, qui vinrent se rencontrer en se pénétrant réciproquement dans certains édifices religieux, comme à Saint-Menoux et à Chàtel-Montagne. Cette dernière église, dont les remaniements sont si curieux à étudier, est trop peu connue des archéologues par suite de la difficulté des communications. Son plan primitif, semblable à celui de l'église de Mauriac (Cantal), se composait d'une nef flanquée de deux bas-côtés, d'un transept qui renfermait deux absidioles et d'un chœur en hémicycle, mais l'addition d'un grand porche occidental et la reconstruction du chœur qui fut entouré d'un déambulatoire et de quatre chapelles rayonnantes vers la fin du XIIe siècle modifièrent complètement l'aspect de ce monument, bâti en belles assises de granit (1).

(1) On peut consulter sur le prieuré et l'église : Vayssière : Archives historiques du Bourbonnais, t. II, p. 45 — Aubert de la Faige : Bulletin de la Société d'Émulation du Bourbonnais, t. XI,

4 l'église de chatel-montagne

La nef renferme quatre travées : sa voûte en berceau est soutenue par quatre doubleaux en plein cintre dépourvus de moulures et les piles sont cantonnées de quatre colonnes, comme à Gerzat, Le Crest, Saint- Hilaire-la-Croix (Puy-de-Dôme). Lanobre, Les Anglards-de-Salers, Mauriac et Montsalvy (Cantal), tandis qu'à Notre-Dame du Port et à Issoire, la plupart des piliers n'ont pas de colonnes vis-à-vis de la nef, car l'usage des doubleaux sectionnant la voûte principale est rare en Auvergne.

Les grandes arcades décrivent une courbe en plein cintre. De chaque côté, leurs claveaux plats sont engagés dans un blocage central recouvert de mortier, suivant un procédé appliqué dans les autres arcs et dans les archivoltes des fenêtres, comme dans le chœur de Saint-Benoît-sur-Loire. Au-dessus, dans chaque travée, trois petites arcades en plein cintre, qui retombent sur des pilastres carrés, s'ouvrent sur les bas-côtés voûtés en quart de cercle. Elles jouent le même rôle que les baies tréflées des tribunes des églises de Notre-Dame du Port et d'Issoire. C'est à Vignory (Haute-Marne) qu'on rencontre l'un des plus anciens exemples de cette disposition très rare, qui est en germe dans le carré du transept à Germigny-les-Prés et à Saint-Généroux dès l'époque carolingienne (1). On la retrouve au

1903, p. 276 — Archives de la Commission des monuments historiques, t. IV, pi. xl etxo — Raguenet: Petits édifices historiques, 2e année, 1905, n° 8. Dans la collection de photographies des monuments historiques, je tiens à signaler aux archéologues deux erreurs de légendes qui établissent une confusion entre la nef de Chàtel-Montagne et celles de Thil-Châtel (Côte-d'Or) et de Cerisy-la-Forêt (Manche).

(1) Cf. Choisy: Histoire de l'architecture, t. II, p. 227 à 229.

A. Ventre, del

Église de Ghâtel-Montagne.

Plan.

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