PLANCHE IX
Li montre (%. 1") es{.curieuse au point de vue historique, elle marqué dans sa forme, non [uis une décadence, mais un goût nouveau; elle rappelle l’époque des Valois par la finesse du dessin, la richesse de l'ornementation, cependant elle n'est plus de cette belle époque. Le fondateur de la dynastie des Bourbons règne en franco. Gabrielle d’Estrécs, Marie d'Enlragues, ont .remplacé la duchesse d’Etampes et Diane de Poitiers. Le x\T siècle est jnorijjopd,. mais les artistes qui l'illustrèrent ont en mourant laissé des émules d’un rare talent, et ils pourront encore prolonger la renaissance, dont le portique' hardiment festonné ne se fermera loul-à-fail qu'au moment où commenceront les sanglautes saturnales de la Fronde.
Sous Louis XII, les montres, dont l'invention était récente, étaient généralement fort épaisses et presque sphériques. Sous François I" elles prirent la forme d’une tabatière comme on le voit (pl . Yl). La croix latine, la croix de Malte, le gland ou l'olive, la coquille, l’octogone, l’ovale, l'hexagone, le carré long, etc., furent les formes que l’on adopta de préférence sous Henri II, Charles IX, Henri III et Henri IV. Toutefois, sous le règne de celui-ci, on essayait déjà de donner aux montres la forme que l’on voit lig. I laquelle se rapproche beaucoup de celle des, montres modernes.
L’époque de Henri IV ouvrit donc un nouveau cycle à l’horlogerie; quelques outils furent améliorés et, par suite, les organes de tous les instruments horaires. La présente montre est à sonnerie. Le cadran est remarquable par le grand nombre et la finesse des dessins dont il est parsemé ; le cercle des heures est en argent ün; l'aiguille, d’un beau galbe est en acier bleui;
COLL KCTION ARCHÊOLOGIQCE OU PRINCE SOLTYKOFF.
le dessus el le dessous de celle montre son! à jour et découpés comme une dentelle ou une guipure ; au centre du cercle supérieur, l’artiste a placé une ligure d’homme h cheval; le cavalier est revêtu de son armure; il porte un chapeau rond dont le bord relevé du côté de l'oreille gauche est surmonté d’un panache flottant. Le cheval, d’une forte encolure, et caparaçonné suivant la mode de l'époque, semble lier de sou fardeau; le cavalier est de haute mine et de haut rang; son geste est noble, aisé et courtois; il porte une longue barbe, son nez est légèrement arqué, et sa bouche fine et moqueuse semble toujours sourire. Ce chevalier c’est Henri IV, c’est le roi de France et de Navarre.
Le couvercle inférieur, gravé séparément (flg. 2), est semblable au premier pour la richesse artistique de l'ornementation el la belle tournure de la figure équestre, mais ici le cavalier est beaucoup plus jeune; ses traits ne manquent ui de noblesse ni de beauté; une grâce naturelle se remarque dans son maintien; ce jeune homme c’est le fils de Marie de Médicis et du roi de France, c’est le futur Louis XIII.
L’anneau ou pourtour do cette montre est à jour comme les couvercles : des amours, des fleurs, dos animaux do plusieurs espèces y sont gravés et ciselés avec talent. Bref, celle boite de montre est charmante, et je ne serais pas étonné que co fut Thomas de Leu qui en ail dessiné la forme el les détails. Et ce n’est pas seulement la boite de celte pièce d’horlogerie qui est belle, le mouvement ne l'est pas moins. Le coq ne laisse rien à désirer pour la perfection du dessin et de la gravure ; on distingue sur le dessus de cette pièce un homme à cheval portant une lance sur sou épaule; son chapeau, sou jusle-au-corps et ses autres vêlements sont de l’époque de Henri IV. A côté du coq est le cliquet (Voy. planche VI, lig. 5 ); celte pièce qui, dans les montres modernes n’est qu’un simple morceau d'acier, prend ici beaucoup d’importance par sou développement sur la platine et son ornementation. Parmi les dessins à jour dont elle est couverte, on distingue un écureuil qui, assis parmi des fleurs et des rameaux microscopiques, mange, avec uuc satisfaction non équivoque, un petit fruit qu’il vient de cueillir. Cette montre a été faite par Cusin, maître horloger de la ville d'Autun.
On voit par cette description, et surtout par la gravure fig. 1 et 2 de la planche IX, que les dessinateurs, les graveurs, les ciseleurs des premières années du XVII' siècle, égalaient en talent, leurs prédécesseurs de la renaissance, ou plutôt, nous le répétons, la renaissance se prolongea pour plusieurs branches des beaux-arts jusqu'à la fin du règne de Louis XIII.
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La montre (fig. 3) est de la forme d’un coquillage, elle est en cristal de roche taillé comme on le voit dans la ligure; le cadran est en cuivre doré et gravé; le cercle des heures est en argent et l’aiguille en acier; les couvercles, celui du dessus et celui du dessous, sont connue le pourtour de la boite en cristal de roche taillé à côtes; les alvéoles de ces cristaux sont en cuivre doré et offrent à l’œil des dessins d'une grande finesse.
Le mouvement est intact, il n’a pas été restauré dans ses organes par les ouvriers du XVII* siècle. Celle montre est de l’époque de Charles IX.
FIGURE i
La ligure 4 représente une montre octogone en cristal de roche , comme celle que nous venons de décrire. Le cadran seul est remarquable : il est en cuivre doré, et l’artiste qui l’a façonné s’est plu à l'orner de charmants dessins à jour délicatement burinés. La surface unie qui entoure ce cadran est gravée en champ-levé ainsi que les couvercles, qui s’ouvrent à charnière et dans lesquels sont enchâssés des cristaux unis. Au travers de ceux-ci on voit d’un côté les heures et de l'autre les pièces du mouvement dont la platine est couverte, notamment, le coq et le cliquet.