‹ Collection Archeologique du Prince Pierre SoltykoffChapitre 24 sur 59 · PLANCHE VIII · texte numérisé non relu

PLANCHE VIII

Colle planche renferme deux montres et un couvercle. La petite montre (fi". I") est un gracieux bijou couvert de fines ciselures. Sur l'anneau qui l’entoure on a gravé quatre figures symboliques, le Printemps, l’Eté, l’Automne et l'Hiver. Le Printemps est représenté sous les traits d’une jeune fille couchée et dormant ; un Amour se tient debout auprès d’elle et semble épier l'instant de son réveil. L'Été est aussi une jeune femme qui, nonchalamment étendue dans les sillons dorés, tient une longue gerbe dans ses bras. L’Automne, c’est le dieu IJacchus; il sommeille sous une treille, uu baquet rempli de raisins est à scs pieds. L'Hiver est représenté par un homme ; il est assis sur les bords de la mer ou d'un douve , et parait suivre des yeux un navire voguant vers l’horizon; cette nef emporte peut-être ses illusions, ses doux rêves d’amour et de bonheur.

Le cadran de celle pièce est en argent doré surmoulé d’un cercle blanc sur lequel les heures sont gravées. Le centre offre un tableau intéressant dont le sujet est Jésus-Christ et la Samaritaine conversant auprès du puits de Jacob, non loin est la ville de Siehem, aujourd'hui Naplouse, que domine la haute montagne de Garizim. La femme de Samario écoule avec recueillement les paroles du Dieu fait homme; une de ses maius est appuyée sur la margelle du puits el l’autre sur sa cruche. La divinité rayonne sur la figure du Christ; la Samaritaine est convertie. L’espace doré qui entoure le cadran est occupé par des ornements ciselés tels que des fleurs, des fruits, des rameaux, et enfin par une petite el toute gracieuse figure de chérubin dont les ailes légères et diaphanes se déploient au-dessus de midi.

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Sur le couvercle supérieur de la boite, on a gravé la scène de Jésus chez Simon le pharisien. La Madeleine lave les pieds du Seigneur et celui-ci désignant à ses hôtes cette jeune et belle pécheresse , prononce ces mémorables paroles : « Il lui sera beaucoup pardonné parce qu’elle a beaucoup aimé. » Le couvercle inférieur que j’ai fait graver séparément (fig. 2) est entouré d’un couronne chargée d'arabesques gravées en champ-levé. Le centre offre oncore un sujet biblique. C'est la scène où Jésus-christ, la veille de sa résurrection, sort des limbes d'où il a délivré les patriarches; les flammes du purgatoire se dressent derrière lui.

Cette montre fut faite par James Vanbroff, soit sous le règne de Henri III soit au commencement du règne de Henri IV.

figure 3

La montre (fig. 3) est en cristal de roche élégamment façonné; le dessus, qui est en cuivre doré , forme un ovale bombé et décou|>é à jour comme les coupoles que nous avons décrites dans d'autres pièces. Au sommet de celle-ci est placé horizontalement le cadran d’argent et l’aiguille. Le mouvement de cette montre est à sonnerie; les rouages sont excellents et bien conservés; le coq , le cliquet, le barillet, les détentes sont découpés, gravés et ciselés comme la coupole. Cette montre fut faite par Conrad, Kreizer, lequel travaillait à Strasbourg dans les dernières années du xvr siècle, au moment où Habrecht, collaborateur de Conrad Dasipode, mettait la dernière main à l’horloge de le cathédrale de la ville.

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