DES HORLOGES MARINES. — TRAVAUX DK HARISSON
Jean llarisson, dès l’année 17 20, était parvenu à corriger la dilatation des verges des pendules, de telle sorte qu'une horloge qu'il lil en 1727 ne variait pas d'une seconde en un mois. Vers le même temps, il lit une horloge destinée à éprouver le mouvement des vaisseaux, et elle supporta cette épreuve sans perdre de sa régularité.
En 1735, llalley, Bradley, Machin, (iraham et Sclimit, étonnés du talent et des succès de llarisson, attestèrent, dans un écrit signé d’eux, qu'il avait découvert et exécuté, avec Beaucoup de peine et de dépenses, une machine pour mesurer le temps en nier, sur des princi|*es qui paraissaient promettre une précision très-suffisante pour trouver la longitude : en conséquence, ils estiment que llarisson a mérité le plus grand encouragement de la part du public, et qu'il importe de faire l’épreuve des différentes inventions par lesquelles il est parvenu à prévenir les irrégularités qui proviennent naturellement des différents degrés de température et du mouvement des vaisseaux.
Au mois de mai 1730, l'horloge de llarisson fut mise à hord d'un vaisseau de guerre qui allait à Lisbonne; le capitaine Roger de Wills attesta par écrit qii'è son retour llarisson avait corrigé à l’entrée de la Manche une erreur d’environ un degré et demi qui s’était glissée dans l’estime du vaisseau. quoi qu’on cinghM directement vers le nord. Ce fui alors que llarisson crut pouvoir s’adresser aux commissaires des longitudes. Muni des certificats convenables de ses premiers succès, il exposa les moyens qu’il avait de simplifier encore et de réduire le volume de son horloge. Il fui accueilli favorablement, et reçut, en 1737, des secours propres à le mettre en état de suivre ses vues, de sorte qu'en 1730 il produisit sa seconde machine. Elle fut soumise à de nouvelles expériences, dont le résultat fut qu’elle était très-susceptible de donner la longitude dans les limites exigées par l'acte du parlement.
llarisson continua de travailler, et en 1741 il exécuta une nouvelle machine plus petite, et «pii parut supérieure aux deux premières. Douze membres de la Société royale attestèrent qu'elle leur paraissait plus commode, plus simple et moins sujette à se déranger, ajoutant qu’ils ne pouvaient trop recommander aux commissaires de la longitude un homme de tant de talents. pour l’aider à mettre la dernière main à celte troisième machine.
DU PRINCE SOLTYKOFF.
Le 30 novembre I7-Ü), Folkes, président de la Société royale, annonça dans l'assemblée de cette illustre compagnie que Harisson avait obtenu le prix ou la médaille d'or qu’on donne chaque année à celui qui a Tait l’expérience ou la découverte la plus curieuse, en conséquence de la fondation de M. Godefroid Copley. M. Folkes ajouta que M. Hans Sloane, exécuteur testamentaire de Copley, avait recommandé Harisson à la Société royale, à raison du précieux instrument qu’il avait fait pour la mesure du temps. Par ces considérations, le président donna à Harisson celte médaille, sur laquelle était gravé son nom, et il prononça un discours dans lequel il fit connaître avec détails tous les genres de mérites de l'œuvre du lauréat. On voit dans ce discours que Harisson, avant de venir à Londres, demeurait à Harrow, dans le comté de Lincoln, près de Barton sur l’Humber. H n’était pas destiné d’abord à la profession dans laquelle il a excellé depuis, mais il y fut porté par inclination et par curiosité. Il suivait sou génie, et cela vaut mieux que tous les préceptes de l’art. II travailla dans sa jeunesse avec son père, qui était charpentier cl menuisier; cela lui donna occasion d'examiner d'abord la nature du bois, et il y trouva quelques avantages dont il profita. Il fit des horloges où les pivots étaient en cuivre et tournaient dans du bois, sans qu'il rôt besoin d’huile et sans qu’il y eut d’usure à craindre. Il employa aussi des rouleaux de bois à la place des ailes de pignon, et cela lui réussit. Eufm, il imagina un échappement nouveau où la roue ne frottait pas sur les palettes ou sur la pièce d’éehappeluent. On peut lire dans la Connaissance tles temps, année I7lî.’i, plusieurs autres détails intéressants sur les premiers essais en mécanique du célèbre Harisson. Nous nous occupons pour le moment des œuvres sérieuses de cet artiste.
Lorsque Harisson eut fini sa troisième machine, elle n’occupait pas plus d’un pied carré avec tous ses accessoires.
Enfin, eu 1758, Harisson imagina une quatrième machine, qu’il a exécutée depuis; mais assez satisfait de la troisième, il crut enfin devoir s'adresser à la commission des longitudes, qui, après divers délais, ordonna le 12 mars, que l’épreuve de la montre de Harisson serait faite conformément à l'acte du parlement. Ce fut Harisson le fils qui fut désigné, sur la demande de son père, pour faire le voyage à la Jamaïque. Cette destination fut choisie, parce que ce voyage est ordinairement de trois semaines, et que, pour le faire, la machine est dans le cas d’éprouver des températures fort différentes.
Divers contre-temps retardèrent ce voyage d’environ six mois; enfin, les