‹ Collection Archeologique du Prince Pierre SoltykoffChapitre 46 sur 59 · KS PENDULES ET DBS MONTRES A ÉQUATION · texte numérisé non relu

KS PENDULES ET DBS MONTRES A ÉQUATION

« Solem quis dicere falsum amical? » Qui osera soupçonner de l’erreur dans le soleil? (Virgile, Cêorg.)

Les astronomes, suivant l’expression de P. Le Roy, ont fait plus que l’oser; ils ont prouvé, comme nous l’avons dit dans le chapitre précédent, que la marche de l’astre du jour était irrégulière. C’est pour obvier à cet inconvénient que les horlogers des xvu* et xvnf siècles ont inventé les pendules à équation.

L’équation est celte partie de l’horlogerie qui indique les variations du soleil ou la différence de son retour au méridieu.

Les premières horloges qui ont été faites ne marquaient que le temps moyen; la disposition de ces machiues ne pouvait indiquer les parties du temps que par des intervalles égaux.

Ce ne fut que lorsqu’on eut déterminé la quantité de variation apparente du soleil, après une lougue suite d’observations astronomiques, que l’on chercha les moyens de faire suivre aux horloges ccs mêmes variations du soleil, ce qui donna lieu aux pendules à équation. Les différentes espèces de construction que l’on a mises eu usage pour faire marquer aux horloges le temps vrai et moyen peuvent se réduire aux suivantes : 1" aux pendules à équation qui marquaient les deux temps par le moyen de deux aiguilles; telle est celle dont parle le P. Alexandre, p. 343. Cette pièce était dans le cabinet de Philippe 11, roi d’Espague; elle fut la première pendule à équation connue.

Voici ce que dit Sully, dans sa réponse au P. Kéfra, sur les premières équations : « Il y a deux manières de produire à peu près la même chose ide marquer l’équation) ; l’une est par une pendule dont les vibrations

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sont réglées par le temps égal ou moyen, et dont la réduction du temps, égal à l'apparent, est faite par le mouvement particulier d’une seconde aiguille de minutes sur le cadran, et c’est de cette manière qu’est faite la pendule du roi d’Espagne...

« La seconde manière , qui est celle que j’entends et qui n’a pas encore été exécutée, que je sache, est par une pendule dont les vibrations seraient réglées sur le temps apparent et qui, par conséquent, seraient inégales entre elles. Cette pendule ayant son cudran à l’ordinaire, ses aiguilles d’heures, de minutes, de secondes, seraient toujours d’accord, et montreraient uniquement et précisément le temps apparent comme il nous est mesuré par le soleil.

«Celles que l’on construisait en Angleterre, à la même époque, étaient établies suivant le premier système, lequel fut adopté de préférence par Julien Le Roy et Ferdinand Berlhoud. »

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• Sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI, les montres étaient fort répandues en France; celles en or présentaient presque toutes des sujets ciselés qui, se détachant eu relief sur le fond des boites, représentaient des fruits, des guirlandes de fleurs, etc. Parfois aussi ou entourait ces bottes de diamants ou de perles fines. Les cadrans, ordinairement en émail, n’offraient rien de particulier; mais les aiguilles qui marquaient les heures et les minutes étaient souvent parsemées de petites roses.

Lorsque Voltaire se fut retiré à Feruey, il établit dans celte contrée une fabrique d’horlogerie qui eut du succès. Les montres que l’illustre auteur de Zaïre et de Mahomet faisait fabriquer, dans la retraite qu’il s’était choisie, étaient généralement ornées d’un médaillon peint sur émail qui représentait soit un buste de femme, soit un sujet pastoral. Il existe encore une assez grande quaulité de ces montres, qui sont fort recherchées des amateurs.

Plus heureux que Charles Quint, le patriarche de Fcrney trouvait que scs différentes pièces d’horlogerie donnaient l’heure avec une grande précision. « Je n’aurais rien à désirer, disait-il, si mes ouvriers, calvinistes et catholiques, s’accordaient aussi bien que les frêles instruments qu’ils me fabriquent, s

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Les pendules, au commencement du règne de Louis XV, différaient peu de celles que l'on Taisait sous Louis XIV. La marqueterie, qui Tut à la mode sous le règne de ce prince, couserva la faveur publique jusqu'au milieu du xvm* siècle, époque où ce genre d'ornements fut remplacé par des peintures assez communes. Ce fut aussi sous Louis XV que l’on fit des pendules de cheminée qui furent plus tard nommées rocaille; elles durent cette dénomination aux ornements dont on les surchargeait; ceux-ci étaient un mélange de feuillages eu cuivre doré, de fleurs et de fruits en porcelaine peinte, etc.; enfin, dans leur ensemble, ces pendules ressemblaient en effet à ce que l’on nomme une rocaille.

Les pendules dites placards sont de la même époque ; on les plaçait dans les salles à manger et dans les alcôves; celles qui avaient cette dernière destination étaient à tirage ou répétition, souvent à réveille-matin.

Ce fut sous Louis XVI que l'on commença à faire des montres plates (relativement aux précédentes). Lépine se distingua particulièrement dans ce genre de travail; mais cet habile horloger, s’il vivait encore aujourd'hui, serait effrayé en voyant nos montres véritablement plates, et il dirait, non saus quelque raison : « De telles montres ne peuvent pas donner l'heure avec exactitude; ce sont des bijoux de fantaisie que la postérité ne connaîtra pas, car ils 11 e vivront pas l'espace d'un demi-siècle. «

Les Anglais sont plus sages que nous; ils ne sacrifient pas à la mode quand il s'agit d’un objet sérieux, d’un instrument propre à mesurer le temps. Ils ont su conserver à leurs montres de poche une épaisseur et une solidité qui les rendent bien supérieures aux nôtres.

Notre nation est, dit-on, la plus spirituelle de l'univers; nous aimerions mieux qu’elle en fut la plus raisonnable.

LKS SI’UÈ.itES MOUVANTES.

L’astronomie ayant fait d'immenses progrès au xvin* siècle, les sphères mouvantes ou horloges planétaires, reçurent aussi de grands perfectionnements; clics les durent en partie à Passemanl et à Autide Janvier (Voy. la note 6), horloger de Louis XVI (Voy. note 7). Celles de Janvier sont plus simples et en môme temps plus exactes; mais nous ne pouvons pas les décrire ici convenablement, car alors nous serions obligé d'employer des ligures techniques que ne comporte pas un ouvrage comme celui-ci. Nous

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nous bornerons à donner la description succincte de la sphère de Passemant, description pour laquelle les figures ne sont pas indispensables.

DESCRIPTION DE LA SriIÈRE DE rASSEMANT.

Cette horloge astronomique, la plus importante de toutes celles qui ont été faites sous Louis XV, et qui eut un succès d’enthousiasme, est placée dans les appartements du roi, au château de Versailles, où on peut la voir encore aujourd'hui. Dans cette pièce vraiment curieuse, les révolutions des corps célestes, leur lieu dans le zodiaque, leurs stations et rétrogradations apparentes, le lever et le coucher du soleil, pour tous les pays du monde, se trouvent marqués ; les jours y croissent et décroissent ; la terre y a son mouvement de parallélisme, la lune ses différentes phases; les éclipses y sont rigoureusement marquées. Le nombre de l'année, représenté dans cette raachiue, change tous les ans, et les changements sont disposés pour dix mille années. Tous ces phénomènes s’exécutent, dans la sphère, au moyen de soixante roues et d’autant de pignons, dont peu sont dans son intérieur, ce qui la rend à la fuis plus dégagée et plus solide, et lui donne un aspect plus agréable, à la vue.

De plus, cette pendule marque le temps vrai et le temps moyeu par une équation simple et nouvelle, de l’invention de l’auteur. Elle donne le jour de la semaine, le nom et le quautième du mois, soit que le mois ait trente ou trente et un, vingt-huit ou vingt-neuf jours lorsque l’année est bissextile. Le pendule bat les secondes, qui sont marquées par une aiguille concentrique, etc.

Passemaut a employé daus cette machine deux inventions de Julien Le Roy. Par la première, sa pendule sonne l'heure, les quarts, et les ré|iète à volonté; par la seconde, il compense l'efTet du chaud et du froid sur son régulateur; et sa construction, semblable à celle de Julien Le Roy quant au principe, en est d’ailleurs fort différente : tout le mécanisme en est caché dans la lentille.

Si, de l’extrême complication d'effets produits par celte pendule, nous passons à la manière dont ils s’exécutent, nous verrons qu'à cet égard elle l’emporte infiniment sur toutes les autres machines de ce genre qui oui été faites antérieurement.

Le savant Pigeou d’Osangis, qui a fait au commencement du xvur siècle plusieurs sphères mouvantes, avait placé, comme tous ses prédécesseurs, la

sphère au-dessus de la pendule ; il s'ensuivait que celle-ci lie pouvait avoir qu’un ressort pour force motrice : de là naissait l'obligation de n’y mettre qu'un pendule fort court cl très-léger, ce qui rendait la machine incapable d'aucune justesse.

Passement, au contraire, ayant imaginé de mettre la sphère au-dessous de la pendule, put appliquerait rouage un poids inouflé et un pendule fort pesant qui ne parcourt guère qu'un degré et qui bat les secondes fixes.

En second lieu, l'auteur a évité dans sa sphère lu confusion qui régnait autrefois dans ces sortes d'ouvrages ; il a séparé et placé dans uu ordre clair et distinct la pendule à secondes, la sonnerie et tous les mouvements des planètes. Le premier rouage occupe une cage dans la partie antérieure de la machine; le second, dans lu postérieure; et le troisième placé horizontalement au-dessus des précédents, remplit aussi ses fonctions dans une cage particulière. Les quantièmes sont disposés avec beaucoup d'harmonie sur la grande plaque de la pendule, et toutes les parties qui composent ce bel ouvrage sont à découvert.

Quant à la précision des calculs de cette machine, ils sont tels, que l'Académie des sciences, dans ses mémoires de 17-49, déclare que, dans la sphère de l’assemant, ou ne peut trouver en trois mille ans un seul degré de différence avec les tables astronomiques.

Quel travail immense et obstiné n’a-t-il pas fallu pour arriver à une aussi grande précision ! l)oit-on être surpris d’apprendre que Passemaut ait employé plus de vingt années à cette recherche? Encore si ce savant mathématicien eût trouvé des tables des nombres premiers, portées aussi loin que celles de Sinus ; mais les plus étendues étaient celles du Père Preslet. Le jésuite Vaillant, en 1743, en proposa à l'Académie qui allaient à cent mille ans; mais elles n’ont pas été imprimées, et d’ailleurs les calculs de Passemaut étaient faits antérieurement à 1740.

Ainsi, il fallut non-seulement trouver des nombres exacts pour exprimer les révolutions des planètes, mais il fallut encore chercher tous leurs diviseurs pour choisir ceux qui pouvaient être réduits en roues. Les nombres premiers, se rencontrant à chaque pas, nécessitaient de nouvelles opérations, souvent aussi infructueuses.

Non content de toutes ces difficultés, l'auteur en chercha encore de nouvelles en s’assujettissant, pour la solidité et la bonne harmonie de sa machine, à donner à toutes ses roues des deulures à peu près égales; tandis que dans les ouvrages précédents on avait toujours mêlé de grosses dentures

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