MONUMENTS DE VERRE
Verre a deux couches, bleue et blanche, travaillé à la manière des camées, par le même procédé que le fameux Vase de Portland .
Plaque carrée de omi9 sur om2i.
La couche bleue est translucide, la blanche opaque.
Sur un rocher, en avant d’une colonne cannelée à chapiteau ionique, décorée de guirlandes de feuillage, que surmonte une statue de Pan capripède tenant lasyrinx, est assis un Satyre jeune, imberbe, nu, caractérisé par le type de sa figure et ses oreilles de cheval, bien qu’on ne lui voie pas de queue d’animal. Il a déposé à terre près de lui un lagobolon et un paquet noué dans une étoffe. Appuyant la main gauche sur le rocher, il élève la droite en présentant une grappe de raisin à un Satyrisque enfant, debout devant lui, qui se dresse sur la pointe des pieds pour chercher à atteindre le fruit. Derrière cette figure est un pin maritime.
Reproduit dans la planche XXII.
Cette précieuse plaque, l’une des merveilles de la collection, est complète, bien que brisée en plusieurs morceaux. On l’a montée dans un cadre moderne d’albâtre, porté sur trois pieds de bronze antiques, provenant de cistes de Préneste, en forme de griffes de lion, surmontées de la figure de cet animal rugissant (pareils aux pieds du n° 36). Sur ce cadre sont disposés, comme ornements, un certain nombre de fragments antiques, dont voici l’énumération :
A. Bronzes :
a. Masque tragique de femme;
b-e. Quatre masques comiques, deux d’hommes et deux de femmes;
f. Fragmentd’ applique représentant unetête de jeune Satyre , àlachevelure luxuriante et rude et aux oreilles de cheval.
B. Pâtes de verre imitant des camées :
g. Satyre soutenant une Mênade qui s’affaisse, ivre ;
h. Buste de Diane tenant l’arc et un rameau ;
i. Buste de Minerve casquée, avec l’égide sur la poitrine ;
j. Deux femmes au bain ;
k. Hercule Bibax soutenu par un Satyre ;
/. Mercure et Vénus debout, en face l’un de l’autre ;
m. Tête de Y empereur Claude , nue, tournée à gauche;
G. Pâtes de verre, imitant des intailles :
n. Victoire nue, agenouillée, immolant un taureau devant un autel monumental;
o. Bacchante ivre, marchant à gauche;
p. Tête de Méduse , de profil, tournée à gauche ;
q. Vénus assise, tenant la colombe et ayant près d’elle l’ Amour;
r. Homme barbu tenant un coq ;
s. Satyre jouant de la double flûte ;
t. Deux guerriers embrassés;
u. Tête impériale laurée, assez peu distincte ;
v. Marsyas et Olympus;
x. Satyre ivre dansant ;
y. Amour , appuyé sur la massue d’ Hercule.
i 36 — Tessère ronde de verre blanc , irisé.
Grappe de raisin en relief. — Revers bombé.
137 — Petit fond de coupe en verre d'un vert émeraude.
Sur le dessous, en creux, l’inscription rétrograde X AQVILO. fA, autour d’un croissant.
137 b*s — Fond d’une coupe a godrons en verre blanc transparent , irisé.
En dessous, le monogramme cruciforme du Christ, en relief, tracé à l’envers.
138 — Verre cémétériai. chrétien.
Fond d’une coupe de verre blanc à ornements d’or.
L’inscription BONI dans un cartouche entouré d’un cercle de zigzags.
139 — Verre cémétérial chrétien.
Fond de coupe fragmenté, en verre blanc à décors d’or.
Buste de femme de face, avec la coiffure des impératrices du m° siècle. A sa droite, l’inscription hybride ZHCAIC ANIMA BONA, «puisses-tu vivre, âme bonne », en deux lignes. Le commencement de la légende, à la gauche du buste, a disparu.
140 — - Verre cémétérial chrétien.
Très-petit médaillon de verre bleu, orné de figures en or.
Lazare en momie, debout devant l’entrée de la grotte sépulcrale.
La destination des médaillons de verre chrétiens à sujets exécutés en or, dont les dimensions sont aussi exiguës que celles de la pièce que nous décrivons, a longtemps constitué un problème archéologique insoluble. La découverte faite, il y a quelques années, à Cologne, d’une antique patère de verre, a fourni à la sagacité pénétrante de M. J. B. De Rossi l’explication longtemps cherchée en vain. Cette patère est, en effet, parsemée de petits médaillons tout pareils aux nôtres et disposés encercle concentriques convergeant autour d’un sujet principal. On connaissait l’existence de ces patères de verre dans les premiers siècles par une ordonnance du pape
Zéphyrin *; le monument de Cologne révèle la nature de leurs ornements ; quand on le considère attentivement, on voit que les petits médaillons étaient confectionnés à part et ensuite rapportés sur le verre en fusion de la patère. Le corps de celle-ci, beaucoup plus mince que les médaillons historiés, se brisait facilement, tandis que les médaillons résistaient davantage, et c’est ainsi qu’on en rencontre isolément.
Le plus souvent séparés de cette façon du vase auquel ils appartenaient, ils présentent des figures détachées qui semblent n’offrir aucun sens : par exemple, un lion, un Mage seul portant son offrande sans que l’on voie à qui il la présente, un personnage isolé, les bras étendus, etc. Réunies dans la patère de Cologne, ces mêmes figures reprennent leur sens. Ainsi le médaillon lion est voisin du médaillon Daniel, celui qui représente un arbre est rapproché de celui qui fait voir Adam et Eve, et quelquefois l’un ou l’autre seulement. De la même manière, le médaillon de Laçarc, tel que nous l’avons ici, était nécessairement complété par un autre, qui faisait pendant et où la représentation de la scène était achevée au moyen de la figure du Christ disant au mort : « Lève-toi et marche! »
Voy. De Rossi, Bulletino d’archeologia cristiana, décembre 1864; abbé Martigny, Dictionn. des antiquités chrétiennes , 2e édit., art. Fonds de coupe.
Imitations d’intailles en pâte de verre.
141 — Scarabéoïde de verre blanc. Travail asiatique.
Sous le plat, lion couché.
142 — Verre blanc bleuâtre transparent. Style imitant l'étrusque.
Diane assise sur un cerf tourné à droite. La déesse a le haut du corps nu et se retourne vers la gauche pour tirer de l’arc.