Gerhard, Etr. Spieg. pl. ccxm
Malavisch est assise au centre de la composition, sur un siège carré, tournée vers la droite; elle est vêtue d’un long chiton à manches courtes, richement brodé au col, puis d’un himation qui enveloppe ses jambes; ses bijoux consistent en collier, pendants d’oreilles, bracelets aux poignets et au haut du bras gauche; ce dernier garni de bulles pendantes ; enfin, fibules rondes sur les épaules. Deux des Charités sont occupées à ajuster sur sa tête une riche mitra de couleurs variées, tournée plusieurs fois autour de sa tête. Elles ont toutes deux les cheveux retenus derrière la tête par une sphendoné, et le front orné d’une haute stéphané, que. garnit à son sommet un rang de perles. Celle qui arrange le bandeau sur le front, parée d’un collier, de cercles de métal au poignet et d’un bracelet garni de bulles au-dessus du coude gauche, ne porte pas de chiton, mais seulement un himation drapé sur le bras droit et laissant a nu toute la partie supérieure du dos, avec le bras gauche. Celle qui noue la mitra derrière la tête, ayant pour bijoux un collier et des bracelets en cercle aux poignets, est vêtue d’un péplos ajusté au moyen de fibules sur les épaules et le haut des bras, de manière à former une tunique à manches larges et courbes dans le genre du colohion des temps romains. La première reçoit sur le miroir du Musée Britannique le nom de Miinthucli , appellation qui paraît la caractériser comme celle des Grâces, qui préside spécialement au mundus muliebris '. La troisième de ces déesses, coiffée comme ses deux compagnes, portant chiton et himation, qui enveloppe ses jambes, est assise à l’extrémité gauche de la scène, ayant à terre à côté d’elle un calathos cylindrique; elle tient à la main l’alabastron contenant le fard noir pour les yeux et le style avec lequel on l’appliquait à l’angle des paupières. La figure assise à l’autre extrémité, en pendant avec elle, coiffée d’une stéphané d’un modèle un peu plus simple, est vêtue d’un chiton sans manches et d’un himation, parée de pendants d’oreilles, de deux colliers, l’un serré, composé d’un rang de perles, l’autre plus lâche, avec des bulles pendantes, de cercles de métal aux poignets et d’un bracelet garni de bulles au haut du bras gauche; elle fait, de la main droite, le geste d’adresser la parole à Malavisch , et tient dans la gauche un collier. C’est Turan , la Vénus étrusque, d’après le miroir du Musée Britannique,
. Voy. A, Fabrelti, Glossar. ital. p. 1 195 ; Corssen, Spr. d. Etnisk. t. I, p. 338 et s.
où elle se voit désignée par son nom, à la même place, après Munthuch '. Auprès d’elle, à terre, est une sorte de meuble en forme de demi-cylindre, muni d’une anse mobile sur son côté convexe.
Éros , représenté comme un adolescent ailé et nu, se tient debout sur le devant de la composition, à un plan un peu inférieur. Une bandelette ceint ses cheveux. Il tient de la main gauche un coffret ouvert et présente de la droite un fruit à l’héroïne assise que l’on pare. A ses pieds, on voit d’un côté la colombe de Vénus, et de l’autre un jeune daim couché1 2.
Toute une série de figures sont gravées sur le bord extérieur, formant un cercle autour du sujet principal; c’est là une particularité tout à fait exceptionnelle, qui ne se reproduit que sur un très-petit nombre d’autres miroirs étrusques.
En bas, à la naissance du manche, une femme assise, les cheveux ceints d’un diadème, a sur ses genoux un coffret plat et ouvert, et tient un collier de ses deux mains; nous y reconnaissons Pitho , car le dernier attribut lui est donné fréquemment dans les œuvres de l’art. Il est un emblème du fameux lien de la Persuasion, si souvent chanté par les poètes, emblème d’autant plus naturel que, dans le grec, heT^ci s’employait pour dire « une corde, un lien ». Le nom de Pitho dans la langue étrusque paraît avoir été Reschitalc 3.
Viennent ensuite, en remontant sur la bordure du miroir, six Éros ou Génies ailés , trois de chaque côté, qui volent en tenant chacun une pièce de parure ou un ustensile de toilette, alabastron, bandelette, bracelet, collier, stéphané ornée de grosses boules, écharpe 4; tous sont nus et ont les pieds chaussés. Enfin, à la partie supérieure, on voit six personnages couchés sur les lits d’un triclinium. Aux deux extrémités de cette nouvelle composition, l’un joue delà double flûte, et un autre marque la mesure en
1. Sur un autre miroir, c’est Turan elle-même qui arrange la coiffure de Malavisch : Gerhard, Etr. Spieg. pl. ccxv.
2. Les animaux cervidés étaient consacrés à Aphrodite et à Eros fOppian. Cyneg. II, 187); plus d’une fois les peintures de vases en donnent pour monture à ce dernier (Ch. Lenormant et de Witte, El. des mon. céramogr. t. IV, pl. lii et lui).