Catalogue Pourtalès, n
3. Il bisellio capitolino , dans le Bulletino délia Commissione archeologica municipale de Rome, 1874, p. 22-32, pl. II-IV.
par une plaque de bronze avec incrustations d’argent, laquelle a disparu.
Ce beau morceau provient des fouilles de l’Esquilin, comme les deux numéros suivants.
27 — Médaillon pareil à celui qui couvre la volute inférieure du numéro précédent.
Haut., o m. 08.
Ce médaillon provient évidemment de la décoration de l’accotoir de gauche du même bisellium.
28 — Armature a forme sinueuse ayant constitué la face antérieure de l’accotoir de gauche d'un bisellium.
Long, prise en ligne directe d’une extrémité à l’autre : o m. 27.
L’extrémité supérieure se termine en tête de mulet. La volute de l’extrémité inférieure est couverte par un médaillon circulaire, fortement bombé, d’où sort en haut-relief un buste de Diane pharétrée.
29 — Petite urne sans anses en forme de doliolum allongé.
Haut., o m. 1 35-
La panse est cannelée. Sur sa courbure supérieure et la naissance du col, on a figuré en bas-relief, un canthare dans lequel est planté un cep de vigne, grimpant le long d’un échalas; deux panthères et deux oiseaux volants sont disposés face à face des deux côtés. Trois autres vases d’où sortent des plantes, autour de chacune desquelles volent quatre oiseaux d’espèces diverses, complètent la décoration de la circonférence.
30 — Petite urne sans anses en forme de doliolum allongé.
Haut., o m. 12.
La panse est cannelée. Bas-relief sur le col. D’un côté Pan capripède, tenant la syrinx, amène un bouc pour le sacrifier devant un simulacre de Priape , en forme d’hermès, dont s’approche aussi par derrière un Bacchant nu, ayant près de lui une panthère. De l’autre côté, masques et animaux divers entourant un Bacchant nu, qui tient une panthère en laisse et porte une corbeille pleine de fruits.
3 1 — Vase en forme de bouteille à goulot allongé , fermé par un couvercle.
Haut., o m. 2 55. — Planche VIII.
La panse est formée par une double tête de Silène chauve, barbu et couronné de lierre, et de Ménade sans couronne. Le goulot est cannelé.
Comparer un vase presque exactement semblable dans les Annales de l'inst. archéol ., i858,pl. F.
32 — Situla de bain en forme de tête.
Haut., o m. 12. — Planche XII.
La tête est celle d’une jeune femme parée d’un diadème, d’un collier et de pendants d’oreilles. Au sommet, ouverture fermée par un couvercle à charnière, avec des deux côtés les anneaux auxquels s’attachait une anse mobile aujourd’hui disparue. Travail grec de la belle époque, rempli de finesse et d’élégance.
33 — Situla de bain en forme de tête.
Haut., o m. 10.
La tête est celle d’une jeune femme, les cheveux ceints d’un crédemnon, avec un collier. Au sommet, ouverture fermée par un couvercle à
charnière, accompagnée des deux anneaux destinés à attacher l’anse mobile,
34 — Situla de bain du même type.
Haut., o m. 1 1.
La forme est celle d’une tête de jeune femme couronnée de feuillages et de fleurs, avec aux oreilles des pendants en figure de feuilles. Le couvercle à charnière, autrefois placé à la partie supérieure, a disparu.
35 — Situla de bain en forme de tête.
Haut., o m. 12. — Planche XII.
La tête est celle d’un esclave imberbe et grotesque, au type d’une race étrangère, coiffé d’un bonnet plat d’étoffe. La pupille des yeux est incrustée en pâte de verre. Au sommet de la tête, dans le bonnet, ouverture fermée par un couvercle à charnière. Au-dessus des oreilles sont placés des anneaux dans lesquels s’ajustait une anse mobile, qui n’existe plus aujourd’hui.
36 — Grande ciste de Préneste, décorée de sujets en graffito.
Haut., sans les figures qui surmontent le couvercle : o m. 255.
Planches IV et V.
La boîte est de forme cylindrique. Tout autour, entre deux zones de riches palmettes, se succèdent, sans que rien les sépare, trois scènes figurées en graffito et empruntées au cycle de Troie :
i° Mercure , des ailes aux talons et coiffé du pétase ailé, apporte dans ses bras Ganymède , qui tient un coq1. Le messager des dieux présente
1. Ganymède portant le coq sur les vases peints : Passeri, Pict. Etrusc. in vasculis, pl. clvi. — Ch. Lenormant et de Witte, El. des mon. céramogr. t. I, pl. xvm. — Panofka, Bild. ant. Leb. pl. x, n° 8. —
le jeune T royen à Jupiter , qui, assis sur un trône à dossier richement orné, le torse découvert par devant, les jambes enveloppées d’une draperie qui descend de ses épaules, étend vers lui sa main gauche. V énus , vêtue d’une longue tunique et d’un ample himation, les cheveux ceints d’un diadème, avec un voile tombant derrière les épaules, se tient debout, accoudée au dossier du trône du roi de l’Olympe : une colombe vole vers elle. Derrière Vénus on voit Neptune barbu, debout, tenant le trident; il figure ici comme le dieu qui, avec Apollon, a bâti les remparts d’Ilion et qui dans les poésies homériques remplit toujours un rôle protecteur en faveur des Troyens. Après lui, sur la gauche, vient le roi père de Ganymède, Tros ou Laomé don *, barbu, lauré, couvert d’un manteau qui passe sur son épaule gauche et enveloppe ses jambes, laissant à découvert une grande partie de la poitrine et le bras droit. Debout et appuyé sur un bâton, il contemple l’entrée de son fils parmi les dieux.
2° Un guerrier barbu, cuirassé et coiffé d’un casque à l’aigrette trèsdéveloppée, Hector 2, avec un éphèbe vêtu d’une simple chlamyde et coiffé d’un large pétase, portent dans leurs bras un jeune homme, presque un enfant, frappé à mort, Troïlos. Celui-ci est vêtu d’une courte tunique s’arrêtant aux genoux3, ceinte autour des reins, avec deux bandes obliques qui se croisent sur la poitrine, où elles sont réunies par une agrafe ; ses pieds sont chaussés de bottines. Un vieillard barbu, Priam , enveloppé
Mus. etrusc. Gregorian. pl. xiv, n° 2. — Terres cuites de Thespies : F. Lenormant, Galette archéologique, 1875, p. 90, pl. xxiv, n" 1 . — Les monnaies de Dardanos de Troade ont pour type un coq (Mionnet, Descr. de méd. ant., t. II, p. 654 et suiv.), allusion directe à l’enlèvement de Ganymède.
Le coq est un emblème en rapport étroit avec la notion de l’amour drastique : Dio Chrysost. Orat. LXVI, 11; Petron. Satyr. 86, voy. De Witte, Catal. Durand, n° 665; Roulez, Choix de vases peints du musée de Leyde, p. 70 et suiv. ; F. Lenormant, Gaq. archéol. 1876, p. 90.
1. Il y a incertitude dans la tradition au sujet du père de Ganymède. La version la plus habituelle dit Tros; mais d’autres nomment Laomédon (Euripid. Troad. 822; Cicer. Tuscul. 1, 26), ce qui paraît avoir été la donnée adoptée par Pindare (Boeckh, Explic. ad Pindar. p. 108). L’auteur premier de la composition que nous avons sous les yeux suivait probablement cette version, car Laomédon est celui des monarques troyens que la fable met en relations avec Posidon.
2. Un célèbre groupe de marbre du Musée de Naples (R. Rochette, Mon. inéd. pl. lxxix; .Welcker, Ann. de l'Inst. arch. t. XXII, p. io5; Overbeck, Bildw. q. Thebisch. und Troisch. Heldenki eis, pl. xv, n° 7) représente Hector rapportant le corps de Troïlos, après le combat livré pour la possession de sa dépouille.
3. C’est toujours avec cette courte tunique que les monuments représentent le plus jeune fils de Priam, tué par Achille, quand ils ne le figurent pas complètement nu. Son âge est constamment celui de l’entrée parmi les éphèbes.
d’un large manteau par-dessus une tunique à manches, et appuyé sur un bâton, se lamente à ce spectacle et élève le bras droit avec un geste de désespoir.
3° Une jeune femme de la plus élégante beauté, Hélène , est assise dans le thalamos nuptial, sur les coussins d’un lit que supportent deux degrés ; elle paraît attendre son époux ; ses jambes sont enveloppées d’une légère draperie et le reste de son corps découvert. Un casque, en forme de bonnet phrygien, est suspendu au plafond de la salle. A la tête du lit, Pitho est assise sur les degrés. Vénus entièrement vêtue, sous les traits d’une matrone, faisant de la main droite le geste nuptial en écartant un pan de son péplos, se tient debout au pied du lit et semble encourager à entrer le jeune homme arrêté à la porte du thalamos. Il est bien difficile, surtout en voyant cette scène associée aux deux autres qui appartiennent incontestablement au cycle troyen, de ne pas admettre que l’artiste prénestin a voulu y retracer l’épisode de la fin du IIIe chant de Ylliade où Aphrodite jette Hélène dans les bras de Pàris, soustrait aux dangers de son combat singulier avec Ménélas. On s’attendrait donc à reconnaître le beau Phrygien dans le jeune homme, debout, entièrement nu et chaussé de bottines, qui rejette son manteau au moment de pénétrer dans la chambre nuptiale. Mais point, c’est un Satyre aux formes élégantes, dont l’artiste n’a qu’à peine adouci le type bestial de visage, en lui laissant ses oreilles pointues et le thyrse à la main. Nous avons ici un exemple frappant, qui vient se joindre à un bon nombre d’autres fournis par les gravures des miroirs1, de la façon dont les artistes étrusques, et les Latins formés à leur école, empruntaient sans discernement et sans intelligence des figures à plusieurs compositions grecques de sujets différents pour en former leurs propres compositions. De cette façon, ils arrivaient à supprimer dans telle ou telle scène un personnage indispensable, en le remplaçant par une figure tout autre, qui n’avait en réalité aucun droit à y trouver place, mais qui paraissait à l’artiste devoir être d’un heureux effet. D’où résultent des apparences d’enchevêtrement de mythes auxquels il serait dangereux d’attribuer une importance qu’elles n’ont pas, en leur cherchant un sens profond, qu’elles n’ont jamais eu. Ici, le ciseleur de Préneste,
I. Vo y. à ce sujet les précieuses remarques de M. de Witte, les Miroirs che% les anciens, p. 19 et s.
n’ayant pas pour son Paris de modèle qui le satisfit complètement, a été chercher dans une autre composition grecque, dont il avait le tracé sous les yeux, un Satyre qui lui a semblé plus élégant; et il n’a même pas pris la peine, qui eut pourtant été bien peu de chose, de modifier légèrement quelques-uns des traits du modèle, les oreilles et le thyrse, pour le faire entrer avec plus de convenance dans le sujet qu’il voulait retracer.
Les graffiti du couvercle de la ciste représentent, au milieu d’une couronne d’olivier, deux hippocampes nageant à la surface des flots, où bondit aussi un dauphin.
Toutes ces gravures ont été légèrement repassées au burin par une main moderne, mais qui n’en a pas altéré l’ancien dessin.
Sur le couvercle, formant poignée, sont deux statuettes d’éphèbes nus,debout côte à côte, la main posée sur l’épaule l’un de l’autre.
La ciste est supportée sur trois pieds en griffes de lion, surmontées de la figure du même animal.
37 — Miroir attique de forme circulaire, à manche formé par une statuette de divinité.
Haut, totale : o m. 38. — Haut, de la statuette du manche : o m. i6b. — Cette statuette dans la planche IX.
La figurine du manche est de style austère, participant encore, dans une certaine mesure, de l’art des anciennes époques ; le dessin en est plein de noblesse, et l’exécution très-fine et très-élégante. Elle représente Aphrodite. La déesse est debout sur une base portée par trois pieds; son vêtement se compose d’un ample péplos formant tunique sans manches avec diploïdion, au moyen de fibules qui l’attachent sur les épaules. De la main droite, étendue en avant, elle présente un gland ((SaXavo;), et de la gauche, elle relève un pan de sa tunique. Des deux côtés de sa tête volaient les deux génies, Himéros et Pothos , ou Éros et Antéros ; mais il ne reste plus que leurs ailes.
Ce beau miroir offre une étroite ressemblance avec celui du Musée Britannique, trouvé à Sunium, qui a été publié dans la Galette archéolo-
giqne (1876, p. 40), et avec un autre qui fait partie de la collection de M. Gréau. Tous trois sont de précieux spécimens du travail du bronze dans l’école attique, avant l’époque de Phidias; ils ont en même temps un véritable intérêt au point de vue mythologique, en ce qu’ils comptent parmi les plus anciens exemples de l’association des Sa^ovEç érotiques à Aphrodite.
38 — Miroir étrusque, décoré de graffiti.
Haut., o m. 40. — Planches VI et VII.
Le sujet principal, qui décore le disque de ce miroir, appartient à la classe assez nombreuse des représentations du même genre, que l’on désigne habituellement sous le nom de Toilette d'Hélène *. L’héroïne ou la déesse, type de beauté séduisante, qui y tient la place principale, et que s’occupent à parer richement diverses personnifications féminines, parmi lesquelles figure à plusieurs reprises Vénus elle-même 1 2, est nommée Malavisch sur ceux de ces monuments où des inscriptions fournissent les appellations des personnages; et l’on admet en général, à la suite de Gerhard, que c’est là un surnom significatif que l’amante de Paris avait reçu dans l’idiome, encore si mystérieux, des Étrusques.
Parmi les miroirs décorés de la représentation de ce sujet, un seul, le célèbre miroir qui, après avoir fait partie successivement des collections Durand et Pourtalès, appartient actuellement au Musée Britannique 3, égale en beauté et en importance celui de M. Auguste Dutuit. C’est aussi celui où la composition s’en rapproche le plus ; et comme les personnages y sont désignés par leurs noms, il nous permet de déterminer les quatre femmes occupées à parer Malavisch et de décrire notre miroir avec plus de précision.
1. Gerhard, Etrusk. Spiegel , pl. ccxi-ccxvi et ccclxxxiii-ccclxxxiv A. Voy. Gerhard, Die Schmückung der Heiena, programme pour la fête de Winckelmann en 1843. — Ces compositions diffèrent considérablement de celles qui, d’après les inscriptions, représentent la Toilette de Vénus : Gerhard, Etr. Spieg. pl. ccxix.