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Collection complète des inscriptions numidiques (libyques), avec des aperçus ethnographiques sur les Numides, par le général Faidherbe

Le but de cette publication est de présenter, réunies commodément sur un petit espace , les Inscriptions Numidiques déjà connues , plus une quarantaine d’inédites.

Nous expliquerons plus loin pourquoi nous préférons le nom de NumldiquesàceluideLibyques, plus généralement employé.

La réunion de toutes ces inscriptions dans nos tableaux facilitera leur comparaison, leur étude et les tentatives de traduction qu’on en voudra faire. Nous disons tentatives de traduction, car, malgré les ingénieux travaux de M. le docteur Judas, dont nous indiquerons ici les principaux résultats, ceux qui nous paraissent présenter des caractères sufbsants de certitude, la question , selon nous, est loin d'étre résolue ; la valeur de toutés les lettres, et surtout le sens des Epitaphes, ne sont pas déterminés avec un degré satisfaisant , même de probabilité.

Quant à nous, ce n’est pas un essai de traduction de ces textes que nous entreprenons dans ce travail ; nous nous bornons, pour

le moment) à un rôle plus modeste : à vulgariser cequi a été fait jusqu’à présent) à exposer les données, mais seulement les données sérieuses qui se trouvent disséminées dans un assez grand nombre de publications se modifiant ou se contredisant les unes les autres.

C’est) en un mot, un itat de la question que nous présentons) et nous le faisons dans l’espoir d’encourager aux recherches tant de personnes qui sont à même de faire des découvertes précieuses. Combien d’oflûciers du génie , chargés des travaux des communes subdivisionnaires ) d’officiers d’état-major employés à la géodésie ou à la topographie) d’officiers des bureaux arabes ou de géomètreS) faisant les opérations du sénatus-consuItO) ou seulement de touristes ) de chasseurs ou de colons ) dans leurs courses à travers le pays ) loin des sentiers battus , peuvent à chaque instant se trouver en face de trésors d’archéologie numidique qu’ils méconnaîtraient certainement s’ils n’avaient pas d’avance l’idée de ces inscriptions grossières , à peine tracées , la plupart du tempS) sur des pierres brutes.

La vue de nos planches répandra dans le public la connaissance de ce genre particulier de monuments épigraphiques. C’est là notre principal objet.

Cependant) nous n’avons pas cru devoir nous contenter de publier ces tableaux sans les accompagner de quelques explications) de quelques considérations ethnographiques et linguistiques. On n’aurait pas été suffisamment initié à la question qui est à résoudre.

Dans notre travail ) nous supposerons que nos lecteurs n’ont aucune notion antérieure du sujet.

La première inscription liybque connue est celle de Tugga en Tunisie, inscription bilingue punico-lbiyque ‘ découverte dans

1 Le Punique est le Phénicien des colonies Phéniciennes d’Afrique : Carthage etc.

le XVir siècle, et qui se trouve aujourd’hui au Muséum de Londres. C’est notre N° i , planche 1.

Dès 1840, le commandant de Mirbeck communiqua à M. Berbrugger les copies, faites par un indigène, de cinq inscriptions libyques trouvées en un lieu appelé Senhadja, où est aujourd’hui le bordj du caïd Bou-Larès , sur la frontière de la Tunisie, en face des Ouchtetta. — On n’attacha pas d’importance à cette communication.

En 1847 fut signalée une inscription libyque par M. Sabataut. C’est notre N° 134-

En 1853, une seconde inscription était trouvée à l’Oued-Ister de Kabylie par le colonel Wolf ; notre N° 135.

L’Annuaire de la Société Archéologique de Constantine , de celte même ànnée 1853, publiait deux inscriptions libyques, et, depuis lors, de temps en temps, on signalait tantôt sur un point, tantôt sur un autre, quelque découverte du même genre.

Ainsi , en 1859 , M. le baron Aucapitaine trouvait la pierre d’Abizar, notre N** 132, curieuse par le personnage à cheval qui y est grossièrement représenté.

Mais toutes ces trouvailles se réduisaient encore , il y a trois ans, lorsque je pris le commandement de la subdivision de Bône, à une vingtaine d’inscriptions, dont les reproductions généralement peu exactes étaient éparses dans plusieurs recueils scientifiques.

M. le colonel d’artillerie Boîssonnet avait , en 1847, à Constantine , constaté l’existence parmi les Touaregs d’un alphabet analogue à celui de ces inscriptions. Encouragé par M. de Saulcy, il recueillit des renseignements sur cet alphabet et en publia douze lettres dans le Journal Asiatique,

M. le docteur Judas, savant épigraphiste , avait, dès lors, tenté l’explication de quelques-unes d’entre elles ; mais il les lisait horizontalement, tandis que nous avons reconnu, à la

I simple vue des pierres trouvées depuis , qu’elles sont toutes j écrites verlicalemeni.

I Au mois de mai 1868, M. le docteur Reboud, botaniste distingué, déjà connu par scs travaux scientifiques en Algérie, rendait compte, à M. Berbrugger, d'une importante découverte d'inscriptions libyques , dans les termes suivants : a Monsieur s le général Faidherbe m'ayant témoigné le désir d'avoir de > nouveaux renseignements sur le cimetière libyque de la 9 Cheffia , j'ai entrepris d’aller recueillir ce que cette inté-

» ressente nécropole possède d’inscriptions africaines

I » Nous avons rapporté de cette intéressante excursion environ B vingt-six textes nouveaux. »

En effet , le docteur Reboud avait , en une seule fois , plus que doublé; le nombre des inscriptions libyques connues , et il signalait la possibilité d’en trouver bien plus encore.

Parmi ces inscriptions se trouvait une bilingue latino-libyque I importante , notre N° 29 , dont M. Berbrugger traduisit ainsi la partie latine dans la Revue Africaine :

CAros JuuDS S LUS

VéTéBAN GBATIFlé,

COMME BéooMPBNSES ( militaires) ,

DE COLUEBS ET DE BBACBLBTS ( Puis ) CONGBDlé , ET , DANS SA Clli DE TéNéLIO (?) , FLAMINB PBBPÉTDEL A VÉCU 80 ANS.

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