‹ Collection complète des ouvrages publiés sur le gouvernement représentatifChapitre 31 sur 44 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

2>e« devoirs du gouvernement dans les ' réactions contre les hommes.

' Les devoirs du gouvernemeut sont très-différens 'Sans ces deux espèces de réactious.

Contre celles. qui ont pour objet tes hommes, il n'a qu'un moyen , c'est la justice. II faut qu'il s'empare des réactions pour ne pas ^tre entraîné par elles. La succession des forfaits peut devenir éternelle, si Von ne se hâte d'en arrêter le cours.

Mais en remplissant ce devoir , le gonvernement doit se garder d'un écueil dangereux ; c'est le mépris ides formes st l'appel des opprimés contre les oppres-'

seurs. Il doit coDteoir Itis premiers en même temps qu'il les venge. - ■ ■

Un gouvernement faible fait tout le contraire; il craint de sévir, et souffre qu'on massacre. Parune déplorable timidité , tout en désirant que les scéléralà périssent, il veut que le danger de sa sévérité ne tombe pas sur lui. Dans l'aveuglement qui accompagne la crainte , l'exagération de son impuissance lai parait un mojeo de sûreté. Il dit à qui lui (femande une juste vengeance : Nous ne pouvons punir des forfaits que nous délestons ; c'est dire, vengezvous. Il.dit à qui réclame contre descruautés illégales : Nous ne pouvons vous dérobera une fureur dont nous gémissons ; c'est dire , défendez-vous. C'est ordonner la guerre civile; c'est forcer l'innocence au crime,' le crime à la résistance , tous les citoyens ad meurtre ; c'est proclamer l'empire de la violence , et se rendre responsable de tous les délits qui se éommettent. . Malbeur au gouvernement qui , restant neutre entre les attentats anciens et les attentats nouveaux^ ne se sert de son pouvoir que pour se maintenir dans cette neutralité faonteuse ,et, tandis qu'il devrait régir , ne songe qu'à exister !

Il se trompe même dans celte lâche espérance^ C'est à tortqu'il croit se faire un parti , en accordant l'impunité à ceux auxquels il refuse la justice. Ces hommes s'irrjtent de ce qu'il les force à devoir aa crime ce que les lois leur avaient promis. Souffrir l'illégalité , tolérer l'arbitraire , n'assure pas même |a ret!OD naissance de qui proBle de cette faiblesse.

Le gouvernement réunit ainsi contre lui toutes les bàiaes ; celles du coupable qu'il abandonne à uu cbâ- S.

tîment iltéghime ; celle de l'innocent , qu'il rend coupable. Il perd le mérite de là sévérité sans en éviter l'odirux.

Lorsque la justice est remplacée par an mouvcment populaire, les plus exagérés, les moins scrupuleux, les plus féroces, se mettent à la tête de ce mouvement. Des "hommes de sang s'emparent de l'indignation qui s'élève conlre les hommes desaog', et après avoir agi contre les individus au mépris des lois, ils tournent leurs armes coutre les lois mêmes.

Impassible, mais fort, le gouvernement doiltoot faire par sa propre force, n'appeler à son secours aucune force étrangère, tenir dans rimniobilîtéle parti qu'il secourt , comme le pacii qu'il frappe , et sévir également contre l'bomrae qui veut devancer la vengeance de la loi et contre celui qui l'a méritée.

Mais il faut pour cela qu'il renonce aux flatteries enivrantes. L'impassibilité n'excite pas l'enthousiasme. On ne viendra pas le féliciter comme lorsqu'il manque 3 ses devoirs. Les passions déchaînées ne porteront pas à ses pieds l'hommage tumultueux d'une reconnaissance effrénée. Tout le monde criait : gloire à la convention, lorsque , cédant à l'entraînement de la réaction , elle laissait remplacer les maux qu'elle avait faits par des maux qu'elle aarait dû prévenir. Personne ne criera : gloire au directoire , si , en châtiant les crimes passés ^ il n'en tolère point en sens inverse.

Il faut que ce qui est passionné , personnel et tranlitoire , se rattache et se soumette à ce qui est abstrait, impassible et immuable. Il faut que le gouvernement repousse cette réminiscence réruiutionnaire qui lui

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faii rechercher une autre approbation que celle de la loi. Il doit irnuver son éloge , là où sonl écrits ses devoirs, dans la CDiistitulioa qui est lotijoursia même, et non dans les applaudissemeos passagers des opinions versatiles. i

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