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CHAPITRE III

Des devoirs du gouvernement dans les réactions contre les idées.

Si , -dans les réactions contre les hommes , le gouvernement a surtout besoin de fermeté, dans les réactions contre les idées , il a besoin surtout 'de réserve. Dans les unes, il faut qu'il agisse; dans les autres, qu'il maintienne. Dans les premières, il importe qu'il fasse tout ce que la loi ordonne ; dans les ' secondes , qu'il ne fasse rien de ce que la loi ne commande pas.

Les réactions contre les idées portent sur des institutions ou sur des opinions. Or , les institutions ne demandent que du temps, les opinious que de la liberté.

Entre les inditidus et les individus , le gouvernement doit mettre une force répressive ; entre les individus et les institutions, une force conservatrice ; entre les individus et les opinions , il n'en doit mettre aucune.

Lorsque vous avez établi une institution , ne vous irritez pas de ce qu'on la désapprouve. Ne cherchez pas à empêcher qu'on ne déclame contreelle: n'exigez la soumission que d'après les formes et devant la loi. Ignorez l'opposition ; supposez l^béissance ; vànin* ~'

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tenpz l'institution : avec la loi, les formes* et le temps; l'instilulton triomphera.

Lorsque vous avez , je ne dirai pas établi une opinion , Dieu vous préserve d'en établir , mais renversé la puissance de quelque opinion qui fut jadis un dogme , ne vous effrayez pas de ce qu'on la regrette ; ne prohibez pas l'expression de ces regrets; n'allés pas lui décerner les honneurs de l'intolérance : feignez d'ignorer son existence même; opposez à soa importance votre oubli ; laissez à qui le voudVa le soin de ta combattre ; il se présentera descombat- • laiis, n'en douiez pas , lorsque l'odieux du pouvoir ne rejaillira plus sur la cause. Ne comprimez que les actions , et bienlot l'opinion, examinée, appréciée, jugée , subira le sort de toutes les opinions que la persécution n'ennoblit pas , et descendra pour jamais de sa dignité de dogme.

La justice prescrit au ^gouvernement cette coaduile ; la prudence encore la lui prescrit.

Les rëactioni contre les hommes q'ont qu'un but, ]a vengeance, et qu'un moyen, la violation de la loi; le gouvernement n'a donc à prévenir que des délits précisés d'avance. Mais les réactions contre les idées soiit variées à l'infini, et les moyens sont plus variés encore. Si le gouvernement veut être actif, au liea d'être simplement préservateur , il se condamne à un travail sans fin ; il faut qu'il agisse contre des nuaBres : il se dégrade par tant de mou vemens pour d-s objets presqu'iihperceptibles. Ses efforts , renouvelés sans cessé ^ paraissent puériles: vacillant dans • son système , il est arbitraire dans ses actes : il devient in|uste, parce qu'il est incerlaioi il est trompé, parce qu'il est injuste,

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