Tome 111.6' Partie
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principes inlermédiflires, doivent en produire, dam leurs relalions civiles.
Le principe moral, par exemple, que' dire la ïérité est on devoir, s'il élail pris d^iine maniéré abisotue et isolée , rendrait toute société iftt'possible. Ifonsea avons la preuve dans les conséquences très-dlrécl'et qu'a tirées de ce premier principe un philosophe allemand, qui va jusqu'à prétendre qu'envers des asspssids qui vous demanderaient si voire ami qu'ils poursuivent n'est pas réfugié dans vdtre maison > le mensonge serait tin crime.
Ce n'est que par des principes intermédiaires qae ce principe premier a pu être reçu sans ïdcodvénienl.
Mais , medira-t-on , comment découvrir les pria- 'cipts intermédiaires qui manquent ? Gomment parvenir même à soupçonner qu'ils existent t Qaeti signes y a-l-il de l'existence de l'ioconnu ?
Toutes les fois qu'un principe démôntfé Vrai , paraît inapplicable , c'est que nous ignorons le principe interaiédiaiire qui contient le moyen d'upplicalion.
Pour découvrir ce dernier principe , il (aai définif le premier. En te déSnissant, en l'envisageant sont tous ses rapports, en parcourant toute sa circonférence , nous trouverons le lien qui l'unit à uo autre principe. Dans' ce lien est, d'ordinaire, le moyen d'application. S'il n'y est pas, il Uai défiotr te nou' veau principe auquel noiis aurons été conduits. Il nousmeoera vers un troisième prLncijïe , et il est tiors de doute que nous arriverons au moyçu d'appticalion en suivant U chaîne.
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Je prends pour exemple le principe moral que je viens de citer, qae dire la vérité est un devoir.
Ce ppiocipe isolé est inapplicable. Il détruirait la société. Mais si vous te rejetez , la société u'en sera pas moins délrnite, car tKmtes les bases de la morale seront renrersées.
Il feiiidone chercher le moyen d'appNcation , et pour cet effet, il faut, comme nous venons de ïa dire, définir le principe.
Dire la vérité esl un devoir. Qu'est-ce qu'uit devoir ? L'idée de devoir esl inséparable de celle d« droitsion deroir est ce qui, dans un être, correspond aux droits d'un autre. Là où il n'j a pas (jg droits, il n'y a pas de devoirs.
Dire la vérilé n'est donc un devoir qu'envers ceux qui ont droit à la vérité. Or , nul homme n'a droit à la vérité qui nuit à autrui.
Voilà, ce me semble, le principe devenu applicable. £n le définissant , nous avons découvert le Jten qui l'unissait à un autre principe , et la réunion de ces deux principes nous a fourni la solution de la difficulté qui nous arrêtait.
Observez quelle difTérence il y a entre celte manière de procéder, et celle de reietecle principe. Dans l'exemple que nous avons choisi , l'homme qui, frappé des inconvéniens dû principe qui porte que dire la vérité esl un devoir , au lieu de le définir , et de chercher son moyen d'application, se serait contenté de déclamer contre les abstractions, de dire qu'elles n'étaient pas faites pour le monde réel , aurait tout jeté dans l'arbitraire. Il aurait donné au syslèiae eaiier de la morale «a ébranlement dont
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ce système se sérail ressenti dans (ouïes ses branchts. An contraire en définissant le principe ^ ea décou^ianl son rapport avec un antre, et dans ce rapport Je mpj'en d'api'lication , dods avons trouvé la niodificalioD précise du principe de la vérité , qui exclu I tout arbitraire et toute incertitude.
C'est une idée peut-être neuve, mais qui me payait infiniment importante, que tout principe renferme, soit en lui-même, soit dans son rapport aVec va autre principe , son moyen d'application.
Un principe, reconnu vrai, ne doit donc jamais être abandonné , quels que soient ses dangers apparens. Il doit être décrit, défini, combiné avec tous Jes principes circonvoisins, jusqu'à ce qu'on ait trouvé le mojen de remédier à ses încooréniens , et de l'appliquer comme il doit l'être.
La doctrine opposée est absurde dans son essence » et désastreuse dans ses effets.
Elle est absurde, parce qu'elle prouve trop, et qu'en prouvant trop, elle ae détruit elle-même. Dire que les principes abstraits ne sont que de vaines et inapplicables théories , c'est énoncer soi-même au principe abstrait ^ contre les principes abstraits , et par celaseul, frapper de nullité son propre principe. C'est tomber dans l'extravagance de ces sophistes de la Grècequi doutaient de tout,etfioissaientpar n'oser pas même alBrmer leur doute.
Outre celte absurdité, cette doctrine est désastreuse, parce qu'elle précipite inévitablement dans l'arbitraire le plus complet : car, s'il n'y a pas de principes , il n'y a rien de fixe; il ne reste que des circonstances, et cbacuo est juge des cireonslaoces
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Qn marchera de circonsUinces en cïrconstaaces , sans que les réclariiiilioiis pui^eat trouver même un poiril il'iipptii. \s\ où tout est vacillant, aucun point d'appui n'est possible. Le jtiste , l'injuste,. le ié>;iliriie,. l'illégitime, n'existeront, plus ; car toutes ces choses ont po>ur base? les principes , et tombent avec çux II restera les passion^ , qui pousseront à l'arbitraire, la qiauvaise foi qui abusera de l'arbitraire, J'esprit de résistance qui cherchera à s'i-niparer de l'arbitraire connne d'une arme , pour devenir oppresse.^ir à- son tour; en un mot, l'arbitraire, ce tyran aussi redoutable pour ceux qu'il sert que pour ceux qu'il, frappe , l'arbitraire régnera seuL
Exauiinous maintenant de près les conséquences de l'arbilraire , etcoinme nous avons proyyé'que lei principes bien définis, et ^suivis exaclenieot , -remédiaient par leur mutuel soutien à toutes les difScullçs, détuonlrons , s'il est possible, que l'arbiliaire , qui ne peut élre ni défini dans sa nature, ni Miivi dans. , ses conséquences, n'écarte jamais dans le fait aucundes inconvéniens qu'il brise en apparence et n'iibal une des têtes de l'hydre que pour eolaisser repousser plusieurs.