‹ Collection complète des ouvrages publiés sur le gouvernement représentatifChapitre 41 sur 44 · D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

D'ANGLETERRE

La républiqae anglaise était renversée. Le même peuple, qui, durant neufans, avait soutenu , coatre Gbarlesl, une lutte obstinée et sanglante, insouciant maintenaot de ses privilèges, etaecro/ant plus à des droits que lui avaient ravis , tour à tour, deux espèces de tyrannie, se précipitait avec enthousiasme dans l'esclavage. Les restes du long parlemeot; réunis en convention , consutnaienl les derniers naomensde leur existence en servilités expiatoires. Dans des proclamations emphatiques J en annonçant aux peuples d'Angleterre que Charles II allait revenir , ils repoussaient toute idée d'une cbnstitntion mitigée, d'une limite au pouvoir royal ^ d'un pacte entre le roi et son peuple (i).

La ville de Londres'manifestait au roi sa surprise et sa reconnalssaoce de ce qu'il daignait faire grâce à la nation ; et protestait que cette nation coupable n'aurait osé compter sur cet excès de bonté, (s)

(i) ÀUhough il can no way le doubted, but that his majesty's right and litlv. to his crown and kmgdoms , is and -ivas every M/ay compieated by ike deaih of bis mosl royal fatkt;r,ofgioriçus memory , withoutthe ceremony or solemniiy qfaprocla' matitn ,yet, etc.etc, Clùrnndoa , partie III , page ^63.

(a) Pariiamentary hisiory , vol.' XXII , pag, aSg , a graeCf tkey did iioi présume to think themsêlves entilled to , on ang oAer account'ihaii that ofkis gracious inclinations.

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ii8' L'armée, la flotte , toutes les corporations civiles et re> ligieuses se coofondaient en expressions de repentir^

en proleitations d'obéissance. Les agens de Cromwell Couraient au devant de Charles IL Lesiostrumens de l'usurpation allaient saluer ta monarchie que tout annonçait devoir être absolue. Ingoldsby, l'un des juges du roi, mais qui déclarait l'avoir coo- <lamné contre sa conscience (i) , et qui, pour mériter sa grâce , s'était hâlé fie charger de fers ses anciens amis (a); l'avare et perfîde Monk, le chevalier Âiihiej' Cooper (3) , le plus vil courtisan du protecteur, et qui l'avait pressé sans cesse de se faire proclamer roi (4)i se distinguaient dans cette procession d'esclaves, parla bassesse de leurs homaiages. Aucune réclamation n'osait s'élever. Les défenseurs de laliberté, détenus , ou cachés , ou fugitifs , attendaient CD silence l'amnistie qui devait consolider (eut opprobre, et la mort qu'ils prévoyaient bien devoir succéder à cetteamnislie violée. Le peuple, étourdi dti bruit des canons , et du son des cloches, ébloui d'une pompe inusitée^ reniplissait les rues de cris tumultueux , et ne voyait dans ce changement subit , qu'une occasion de se livrer . sans réserve à l'abrutissement de l'ivresse , et aux excès de la licence. Ceux, surtout, qui de quelque, noaniére s'étaient fait remarquer sous la république , pen-

(i) Qarenilon , paru III , p.y65.

Ca) Home, X , p, 36-;,édi\. de Bâle.

■ (S) Depuis comte de Shaft'sbury , ei lord chancelier. i

(4) Jîe was one ofthe those wh'o pressed him [Cromwelt] mostto acceptqfthe kingship. Burnet's htsiory otius own lime, vol. I, pag. i36 , édit, d'Edimbourg ; op 1^58.

8aieat,com[neclit6uFnet(i), ne poaroir mieux désarmer les défiances, qu'ea se distinguant par la grossièreté de leurs plaisirs et l'ostentation de la débauche. Ils espéraieut que la dissolution de leurs mœurs parattrait la meilleure garantiequ'ilnerestait dans leur âme aucune étincelle de liberté. Ce Tut aa milieu de ce sentiment universel, aux acclamations d'unefoute immense , à la v'tfedu parlement prosterné (a), que Charles II, le 39 mai 1660, remonta sur te trône.

Tout annonçait un règne clément; tant desouraission , tant d'idolâtrie devait désarmer l'âme la pins sombre et la plus vindicative. Charles était jenne^ élevé dans le malheur, loin de la puissance corruptrice; ses formes étaient douces, son esprit délicat, son éloquence persuasive, ses manières ouvertes et séduisantes. Il s'était moniréjusqu'alors ami du plaisir qui amollit lecaractère, compagnonde ses courtisans plutôt que leur roi , amant généreux , Sdële aoii, maître indulgentet facile (3,'. Ceux qui l'entouraient s'éi aient interdit pabliquement tonte idée de sévérité et de vengeance. Dans une déclaration solennelle, qui avait précédé et facilité la restauration , la haute noblesse , les gentilshommes, le clergé , tout le parti du dernier roi , avait annoncé l'oubli te plus complet de toutes les divisions passées, et demandé que jusqu'au nom de toutes les factions qui avaient existé, tût

' (i) Burnet , vol. 1, p. i5o

(a) V. la réponse de la Chambre des Commanes an Roi. Clarendon , pan. IIJ , p. 758.

(3) V. H«iiie,XlI,64; — Bnmel, I, t43;n, 463.

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«nscTeli sous les foodemens de Tédifice coDsiiiaticM* Del(i).

Tels étaient les présages de douceur et de paîx de ce nouveau règne; et néanmoiDs, enavançaRi, oous allons voir successivement ces présages disparaître, le repos, la sécurité, la vie, enlevés à ceux même qui demandaient grâce , et la nature violente d'une cootre révolution , l'euporler à la fin sur le caraclère du monarque et sur toutes les barrières qu'on s'élail 0atté d'opposer à la réaction de la vengeanc:e.

Le premier acte de Charles I, fut une proclanuticHi ordonnant aux juges de son père de se rendre en prison dans quinze jourSj sous peine d'être exceptés de l'amnistie que Ton préparait (3); diz-oeuFobéi reol; le reste se dispersa. Quelques-ons furent pris, d'autres échappèrent.

Le parlement alors s'occupa de l'amnistLe. Nous ne rapporteronspar les propositions violentes, faites de tous côlés par des hommes avides de réparer (3). Au milieu de cette épaisse nuit de dégradation . l'on voit briller un seul acte de courage. Fairfax, (4) qni avait désapprouvé le supplice de Charles I, qui avait refusé de servir l'usurpation de Cromwell, Fairfax, infirme et vieux , fit pour la dernière fois entendre , dans cette assemblée d'esclaves, le langage d'un homme libre : « Si quelqu'un, leur dit-il, mérite

{ I ) Thaï ail mention (^parties and factions, and tdl raaeor and animosities ntay ha- ârown m , and buried , Uhe rubbish , wider theJoundaHon. ClarendoD , pari. 111 , p. ^53.

(>) Bume , XI , 6.

(3) Hume. XI, 6.

(<J Hume X, 134-189.

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m d'être excfeplé de celle amnistie que vous voulez « limiter, c'est moi, général de l'armée républi- " caine durant toute la guerre, moi, conamandant <l encore cette armée lors des procédures contre le n roi , et. qui pouvais, si je l'eusse jugé convenable , •< employer la force publique , pour empêcher son « jugeaieal ou sa mort '(i). « Celte voix d'un vieillard ne fut point écoutée , et le comte de Brislol insistait pour excepter du pardon quiconque aurait servi le- parlement (s) , lorsque Charles II se doaoa le mérite delà clémence.

L'amnistie fut publiée, les juges du roi furentexceplés, ainsi que den^ hommes qui n'étaient pas de ce nombre, le générât Lambert et le chevalier' Vane.

Il fallutaiorsélablir un tribunal pourprocéder contre ces hommes condamnés d'avance. Ce tribunal fut composé de trente- quatre commissaires, dont quinze avaient été lesennemis les plus furieux de Charles 1(3), et convertis zélés, se trouvaient heureux, sans doute, d'avoir des victimes à imuioler à leur nouveau culte.

Je n'examinerai point ici les sentences qu'ils pro- ' noncëreot.. Il ne s'agit point de juger les juges de Charles I, c'est à les voir mourir que nous sommes appelés, et le témoignage de Hume lui-même, nous apprend que jamais un courage plus calme, une

(i) Mémoires de Ludlaw , t. III, p- ii j traduct. trancùie, ^(lit. d'Amuterdam, 1707, (a) Hume, XI, 6.

(3) Ludlow, m, 65.

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sérénité plus eoliëre , n'accompa^èrent des acâusés au milieu des gardes, dans les fers et sur l'écbafand (i).

' Tous ces hommes s'étaient montrés les ennemis les plus violens de l'usurpation protectorieune. Ils sortaient à peine des cacboU oti les avait fait plonger Cromwel (a) ; et tels qu'ils auraient paru devant ses satellites, tels ils parurent devant les commissaires dn roi. Leur supplice n'interrompit point les réjouissances de la cour (5) : maïs le peuple ne conserva point la même indifférence. Les discours des coodamnés , Içur courage, leurs apologies, produisirent une impression tellement profonde, que le roi fat conseillé de transporter les exécutions dans un lieu moins fréquenlé (4)- A. une époque plus approchée, vers lii fin de la tyrannie décemvirale , les bourreaux delà France furent réduits au même expédient, pour apaiser l'horreur du peuple, qui s'irritait de tant de massacres.

L'un des jugemens à mort qui révoltèrent le plus, fut celui du chevaliet Vane. Le chevalier Vane n'était pas du nombre des jngesdeCharlesIjil avait, au contraire, demandé avec instance que l'on ne tachât pas

(i) No sainl orconfessor-everwent tamartyrdom v/ith more assured confidence ofhea^en , thon was expressed by ihose criminals , even when the terrors qf immédiate dealk , jdned 10 many mdignilies were set before them. Hume , XI , i3.

{i) Harrisson et Vane au château de Carisbrook dans l'île de Wisth , Carew à Pendennis en Cor nouai Iles. Ludiow , II , 58l43.

(3) Hume, XI, \i.

(4) Burnet , 1 , 3i31i.

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de sang le berceau de la république.; il s'était. retiré' lorsque, malgré son opiuion , la sentence avait été prononcée (i) , il n'avait repris une part active aux affaires , que pour s'opposer à Cromwel ; il avait écrit contre cet usurpateur , et subi , par son ordre , une longue détention (a). L'opinion qu'on avait de son intégrité était telle , qu'à la restauration de Charles 11^ les deux cbailibres du parlement , voyant le chevalier Vaoe excepté de l'amnistie ^ avaient adressédes réclamations en sa faveur (3) : ces réclamations n'avaient obtenu qu'une réponse évasive : la cour avait attendu deux ans, traînant cet accusé de prisons en prisons. Un nouveau parlement plus zélé, comme lé dit Hume, pour la monarchie (4) > demanda au roi le sang du chevalier Vane : on lui fît son procès comme membre dit conseil-d'état , et secrétaire de ta marine sous la république , sans l'accuser d'un antre délit que de s'être opposé au renversement du gou-. veraement républicain (5) rilse défendir avec courage, non qu'une espérance trompeuse lui Hl illusion, mais il crut devoir prendre une occasion dernière de justifier la caiisequ'ii cliérissaiu II dit « quesafîdélité « à la répubRque était un devoir; qu'il n'avait comr " mis pour la défendre, aucun crime; qu'il n'était «coupable d'aucune violence: qu'il avait servi son N pajs avec zèle et succès; qu'il avait affronté, sans

(i) Burnet, \.tZ-}.

(a) Ludlow,III, ii8.

(3) Hume , XI , ii ; — Burnel , I , i36.

(4) This new parliament , more jea/ousjbr monarchy , t^ pliedforhis trial and condcmnation. Hume, XI, il.

(5) Hume , XI , 42.

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■ s'effrayer; la tyrannie de Cromwell; qu'il était

■ prêt à braver avec la même constance les rigueurs V du gouvernement actuel, et de la loi pervertie; •t (]u'il aurait pu, comme bien d'autres, à lareslau- «ratioD du roi , chercher un asile faora de TAoglen terre; mais qu'il avait préféré, i rimitabon des « noms les plus illustres des siècles anciens , périr « dans la défense de la liberté, et témoigner par « son sang en faveur de la cause honorable à ta- « quelle il avait voué sa vie (i). »

Jusqu'ici nous n'avons raconté que le traitement qu'éprouvèrent les fondateurs ou les partisans les plus ïëlés de la république anglaise. Ces veiigeantfes de parti, qui semblent se borner aux chefs , peuvent ne pas effrayer la foule passive , dont la destinée est l'obéissance , el dont les excès même se perdent dans l'obscurité ; mais nous allons voir l'esprit de vengeance percer cette obscurité lutélaire , el la proscription descendre confusément jusque sur une multitude, dont les noms même lui étaient inconnus.

Nous commencerons par l'Ecosse, parce que celle partie de la Grande-Bretagne fut la première à la merci du roL Charles, dans ses lettres de Hollande au parlement d'Angleterre , avail annoncé une am- • nistie ; l'Ecosse , au contraire, n'avait rien obtenu de pareil (3) : le parlement de Slirling , il est vrai , avait passé uo acte d'oubli auquel le roi avait donné

(1) Cette défeose du chevalier Vane est traduite liite'raleneDtdeHume,XI,4t-4â.

(1) Burnet,!, 1 43 ; — Hume, XT,a4. .

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SOD approbation ; maïs les registres de ce parlement s'étaient perdus (i). Les cavaliers , à la tête desquels était le comte de Middellon , sollicitaient avec instance , tant pour assouvir leur ressentiment, que poursepartagerl'béritage des condamnés, le supplice de lousceuxquiavaîeiitpris part aux guerres ciTiles(a). Ce comte de Middelton , auquel Charles II coaBa le gouvernement de l'Ecosse , se livrait habituellement aux excès du vin , et l'ivresse rendait en lui la cruauté plus insensée (3). La première victime fut le laarqui» d'Argjle, l'un des chetis des montagnards de l'Bcosse , un homme d'un caractère sévère , d'une 6erlé indomptable, superstitieux, comme on l'était à celle époque, mais irréprochable dans ses mœurs, et l'objet de la vénération profonde des Ecossais (4}> Il paraissait à l'abri de toute accusation , par deux actet de pardon , l'un sanctionné par Charles I eni64i> l'autre en i65i par Charles II (5). Son fils, lord Lorn , avait été de tout temps le plus zélé défenseur de la royauté (6); il avait bravé plusieurs dangers, et subi une détention de dix ans pour cette cause (7). Le marquis d'Argyle écrivit au roi, pour lui demander la permission de se rendre auprès de

(i) Buroet, I, i5o.

(a) Hume, XII, 9.

(3) Bumet,I ,149.

(4) Allthe cavaliers, as they were fuit qf revenge , koped to hâve ihe estâtes ofthose wbo had been concemtd in the lat€ wars , divided amonglhem. Burnet , I , i4S.

(5) Hume, XI; = Bmnet, I,ao5.

(6) Burnel,I,35.

(7} Hams, XI, 24-

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lui. Charles répondit en termes oblig«ans, mais équivoques. Le marquis d'Ar^^le , arrivé .à Londres , fnt envoyé à ta tour , et renvoyé de là en Ecosse (i). [Son procès fut instruit avec une grande salennilé : oa oe put l'accuser que de s'être soumis à l'usurpation ; un crime, dit Hume, qu'il partageait avec le peuple entierdes trois royaumes (a); mais, pour faire paraître cette soumission plus volontaire, Monk ,alors devenu duc d'Albemarle, publia sa propre correspondance avec le marquis d'Argjle, pendant la durée de la république: cette inexcusable lâcheté répandit une indignation mêlée de terreur; .mais le parlement n'bésita pas à fonder sa sentence sur ces lettres divulguées (5). Ârgyle mourut avec coDSiance et courage. Son fils , quelque temps après, fut condamné lui-même à mort sur une lettre interceptée : il disait dans celle lettre , qu'il avait appris que tes ennemis le calojp niaient près du roi ; mais qu'il était parvenu à désabuser sa majesté. Une loi de la Grande-Bretagne , tombée dès long-temps en désuétude., déclare coupable de haute trahison quiconque sème la discorde entre le rot et ses sujets. On prélendit qu'en dévoilant au roi les artifices de ses ennemis , lord Lorn avait semé la discorde entre lui et eux , et la loi lui fut appliquée (4). La sentence

(i) Biirnet,!, iSo.

(a) Nolhing remained but to try Mm for hU compliance wilh the usurpation , a crime common to him wilh tlte whole nation, Hume, XI , 1$.

(3) Buract, I; 178; — Hume, XI, a5.

(4) This letler {of lord Lorn) was carried into the parliatn^t and cvmptained ofas Uasing-making , since lord Lorn pràended he has diicovered the lies ofhis enemies to the king.

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W7 resta sans exécution ; mais , dans la suite f Inrd Lorn, en prêtant son serment de fidéliléau roi, aj^ant ajouté qu'il regardait comme une partie de ce serment l'obligation de taire tout ce qui serait en sa puissance pour servir la religion et l'état, ces paroles furent considérées comme un crime de baute-trahison (i) ;

which was- a sowing dissention between tbe king and Itis tuh-

fects, and the creating in the king an itl opinion ofthent he

was upon tins condemned to die , asguilty of leasing-making. Burnet , I, !2i4-3i5. Lom was Iried upon an old , tyrannical., àbsurd laM> agamst leasing- making, bywhich il was rendered ' criminal to belie the subjects iho the king , or créole in him an ill opinion oflhem : he was condemned to die. Hume, XI, 1 14. (1) Cet exemple d'iujustice est teilement incroyable , que je crois devoir traduire ici les propres ei pression! de Hume. Lorsque lord Lom, dit-il, alors comte d'Argjle^ prêta son serment comme membre du couseil privé, il ajouta , en présence du duc de York, une explication qu'il avait auparavant communiquée . il ce prince, et qu'il croyait avoir re^ son approbation. Elle était conçue en cesmots: J'aiailemivement euminéleserraent que l'on exige, et mon plus vif déair est de donner , dan» cette occasion , une preuve d'obéissance. Je suis convaincu que le parlement n'a pu vouloir imposer des sermens contradictoires 3 en conséquence, chacun doit interpréter celui-ci de la manière qui luiparaitla plus raisonnable. Je le prête donc, en tant qu'il n'est pts coninidictoire en lui-même , et subversif du protestantisme. Mais je déclare que je ne me regarde nullement comme obligé de m'abstenir de ce que je croirai avantageux k la religion et à l'état , et compatible avec mes devoirs envers le roi. Leduc de York écouta ces paroles sans donner le moindre ligne de méconieotement. Argyle fut admis à siéger dans le conseil d'état; et il était impossible d'imaginer qu'un discours qui n'avait pas excité lamoindre désapprobation, serait trjvesi,! le lendemain en crime de lèse-majesté. Argyle fut néanmoins arrêté quelques jsurs apré» , comme accusé de luate.tra]uso[i

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il fut de nouveau condamné à mort ; pendant quelque temps encore il déroba sa têle au supplice ; ma» il périt enfin sur un échafaud(i).

Après avoir frappé le peuple Ecossais, dans I'do de ses hommes les plus distingués, le gouvernement descendit à des vengeances plus obscures. Un ministre, nommé Gulhrie, futpendu pouravoir prêché, dix années auparavant, d'une manière oETeDsante pour le roi, bien qu'en faveur de sa cause (i). L'on ne peut s'étonner de son supplice, ajoute Hume, car il avait blessé Charles personnellement (3). Le corale de Tweedale ayant réclamé contre cet arrêt, fut mis en prison au mépris des privilèges du parlement (/t). Un artisan, nommé Gowan, fut exécuté, pour avoir, en i65o, déserté l'armée royale où il était simple soldat , et servi depuis dans l'armée ré-

de leaaing-making (acte de semer la dissension entre le roi et ses sujeis) , et de parjure. Les eipressions les plus innocealM servirent ainsi de base à une accusation qui devait lui ravr l'honneur , la fortune et la vie. Les formes de la loi ne fumit consei'vées qu'afin de iégiiimer, ou ponr mieux dire d'aggravef l'oppression. De cinq juges, trois trouvèrent Argy le coupable. Un juré ,. composé de quinze nobles , le déclara convaincu. La sentence fut prononcée. Son exécution ayant élë suspendue, Argyle s'échappa de prison, 11 fut dégradé de noblesse, étions ses biens furent confisqués. Tous les détails de cette procédure, ajoute Hume , furent infâmes et incompatibles , non-seulement avec un gouverneiaent libre , mais avec un gouverne me ut civilisé. Hume , XII, i i-i 3.

(i) Burnet, 11,3-38.

(a) Burnet, I, i6o.

(3) Hume, XI, aS.

(4) Hume, XI, a5.

TMiblicaine (i). Warrisloon, m TJeillard, dont le seul crime élan d'avoir faii un Instant partie de la cltambre haute, formée par Crorawell, après on, fesBtance de sept années aux propo,iiions de l'usurpalcir fut saisi en France, où il avait cberché „« asile Traîné en Ecosse, dans un étal Je maladie qui lui avait ravi l'usage de la raison , il f„t traduit devant ses juges qui purent à peine lui faire comprendre qu II était accusé. Dans quelque» intervalle, ucdes, ,1 essaya de se défendre, mais sa raiso»

I ayant abiMldonoc, les Juges prononcèrent et firent eseculer la sentence de mon (a).

Ces cbaiimeo. partiels, ces eMCiilions détaillée. ne suffirent pas long-temps à l'esprit contre révolutionnaire. Le» proscriptions ne sont jamais si terribles que lorsqu elles sont rédigées en loi. générale»; et ce i. est que sons celte forme, que la fureur des parti, peut enlacer ses victimes, el régulariser avec complaisance tout le mal qu'elle est avide de tare, le parlement d'Ecosse déclara nulles toutes les lois promulguée, depuis l'année i653 (5) I| „n

2"a de la sorte dit Hume, toutes les barrière.

«levées en faveur de la constitution (i). Il soumit par ceseulaele, trente année, J des loisrétroactives!

II accorda au ro, et à son conseil le droit d'imposer des amendes arbitrairement; ajoutant que le relu, de les acquitter, serait uue cause d'exclusion de l'am-

(!) Biirnet,], i8i.

(î) Bnrnet , 1, 197.

(3) Burnet, I, 167.

(4) Home , xr, ai.

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