‹ Collection complète des ouvrages publiés sur le gouvernement représentatifChapitre 42 sur 44 · Tome m. ff Partit · texte numérisé non relu

Tome m. ff Partit

DolizodbvGoOglf

i3o DÎstie que l'on préparail (i). L'on ne prenait en considcrallon, nous disent Burnet et Hume, ni tes crimes des accusés ni leur forlune. L'on ne demandait aucune preuTc; l'on ne faisait aucune recherche; l'on n'écoutait aucune réclnmalion; tes dénonciateurs se présentaient devant une commissioD secrète, et cette commission fixait les amendes pour chacun des dénoncés. Le parlement, par un nouvel acte, par un acte tnoui dans les fastes de ta vengeance, déclara criminel quiconque solliciterait te roi de rendre aux enfans des condamnés leur rang ou leur patrimoine (3). Il n'attacha à ce crime aucune peine, parce que c'était une maxime reçue parmi les jurisconsultes, qu'attacher une peine à un délit, était limiter la puissance royale; an Heu qu'interdire une action , sans annexer à la transgression de cette loi une peine légale, était donner au roi, sur le criminel , une puissance discrétionnaire (3). Le parlement ressuscita les statuts les plu^ tjranniques d'une jurisprudence oubliée. Le génie de la servitude se défiant de lui-même , et comme importuné des lumières qui l'entouraient , évoqua tes siècles de la barbarie la plus épaisse, pour leur demandep des lois, des supplices et des fers (4). Nous avons vu lord Lorn, con-

(i) Burnet , I ; — Hume , XI , 1 1 5,

(a) Barnet,!, aiS; —Hume, XI, ii5.

(5) Tlte court lawyers had established il as a maxiin ,' that 'the assignÎHg a pumishnent was a timitalion of ihe ciowa; ■M'hereas alaw jJarbUding any thing, ifiougli witliouta pe- Tialtiy, mode ihe off'ender criminal. Àtul in tttar case , lltey diitemàncd that lliepunishment was arliilrary. Hume, XI, 1 1 S } voyez aussi Burnet , I , a 1 5.

(4) Il faut des fers, des supplices , des bourreaux , a-l-oa dit à la tribune eu idi5.

D,a,l,;t!dbïG00glc

damné à mopt pour avoir semé la discorde entre le roi et aes sujets. Celte loi fut confirmée (i). Une autre te fut de même, qui mettait hors la loi ceux qui donnaient un asile aux bors la loi (a) ou même qui ne les saisissaient pas, lorsqu'ils en avaient le pouvoir (3). Une troisième fut renouvelée, autorisant ],e roi à s'emparer de toute maison qu'il jugerait cod- Tenable> pour y placer des soldats (4). Une quatrième qui n'avait jamais été en usage qu'entre les particuliers, permettait à tout homme qui se croyait en danger de la part d'un autre, de lui demander vofi caution de sa conduite envers lui (5). Le parlement mêlant^ comme dit Hume, la chicane-à la tyrannie (6), prétendit que cette loi devait s'appli-querau peuple entier, et que le roi pouvait exiger de la nation une caution de sa soumission future. Enfin, ce parlement d'Ecosse voulaat fournir à Gbarlesles moyeos.de subjuguer aussi rAn^rleterre^ vota qu'une armée de vingt mille hommes d'infanterie

(i) Tout accès au trûne fut iulerdit par la loi ridicule appelée leasing-making , une loi iaventëe par les anciens nobles,, pour s'assurer l'impanité dans tous leurs actes d'oppression ,' d'iHJnitice et de tyramiie. Hume , XI , 378.

(a) La mJsthorsla loi n'est pas en Angleterre ce qu'elle ai été parmi sous depuis la révolution. C'est une espèce d iiitcrdictioQ civile, qui met un individu hors de la protection des. lois , de manière qu'il est incapable d'intetibar aucune action , et privé de tous recours pardevant les ti'ibRnaux. Tous les magistrats tontde plus invités à l'arrêter, et ses biens sont conlisque's ait profit du roi. Voy. Blackstone's commenlàries on t^'e laws of England , \o\. l„ 142 ; m, a8( ; — IV ,319

(3) Burnetjlf, i55 ; — Hume,ÏI, aS;.

(4) Burnet, II, i55; — Hume , XI, 379.

(5) Hume.XI, a86.

(6) Hume, XI, a»;.

et de deux mille chevaux, serait prèle i marcher as premier urdre , partout où le roi le désirerail, pour s'opposet aux invasions, étonfTer les iiisurrectioDs, ou pour toute autre cause qui pourrait iuléresserl'autorîlé , la puissance et la grandeur de sa maieslé (i|.

Ce fut avec loules ces lois que passa l'acle d'dniuîslie; el tant de précautions pour la rendre illusoire, ne la préservèrent pas d'être violée lextuedemenl. Les persécutions se prolongèrent durant lout le règne de Charles II et de Jacques II. Vingt ans après que l'aninislie avait été décrétée, une proclamation du conseil d'état Créa des tribunaux ambutans. Ces tribunaux étaient chargés de parcourir, pendant trois années, tes diiférentes contrées de l'Ecosse, de re> chercher ceux qui avaient donné asile, ou converst (c'était te mot) avec les rebelles, lors même que ceux-ci n'auraient pas été connus comme tels, et de condamner comme traîtres, ceux qui seraient trouvés coupables d'une pareille conversation (2).

Hume nous rapporte le raisonnement du cooseil d'état. Personne, disait-il, ne pouvait avoir éié ud rebelle, sans avbir élé soupçonné par ses voisins. I^ devoir de lout sujet fidèle était de communiquer set soupçons au gouvernement. Manquer à ce devoir, élait participer à la trahison. Avoir conversé avec un rebelle, était être soi-même un rebelle (S).

Nous n'avons pas encore trailé la partie la plw importante du règne de Charles IL La révolulioo de 1648 avait eu pour cause la religion. C'était donc

(i) Buruet, 1, 3oo.

(a) fiiirDet,ll,345.

(3) Hume, XU , li.

i55 la religion que fa contre révolution devait proscrire; aussi les vexations religieuses furent-elles laille fois plus atroces que les vexations civiles.

Gardoos-Dous par une partialité injuste et peti généreuse, de refuser notre intérêt à des hommes persécutés, parce qu'ils le furent pour dtis erreurs. Ces hommes aussi défendaient leurs droits. Erreur ou vérité, la pensée de l'homme est sn propriété Ut plus sacrée. Erreur ou vérité, I«s tyrans sont égatenieot coupables , lorqu'ils l'attaquent. Celui qui proscrit, au nom de la philosophie, la superstition innocente, et celui qui proscrit, au nom de Dieu, la philosophie, méritent également l'exécration de* hommes de bien (i).

Charles et ses ministres avaient conservé contre les presbytériens tan t de l'Ecosse que de l'Angleterre» les ressentiraens les plus amers. <• Les presbytériens, « disaient-ils, ont les premiers allumé la guecre; les " premiers , ils ont excité le peuple à l'insurrectiân. M Leur zèle , It^ur influence , leurs richesses, leurs lu* « mières, ils ont consacré tout à la cause populaire. ■ Si, dans la suite, ils ont protesté, d'une voix dé- « créditée , contre les derniers excès dont le roi fut « victime , celte opposition tardive et vaine ne four- K nîl qu'une excuse insuIBsante à ces auteurs véri- « tables de tous les malheurs de ta patrie , de toutes « les. humiliations de la royauté Ils ont contribué,

(i) J'ai laissa icicesdeuxplirasBs,qaoiqu'ellsi se trouvent ausù ailteufsdana cette collée Liou,paf ce ({uej'aiét^appeldniHlbeureii' sèment pecdant dos troubles à les répéter souvent. Mais j'ainra à penser que je les imprimais , lorsque le directojr.e qu'on m'a repiocltéd'avoirdëfenilu, taisait arrêter et dépo^tw les pcéiret-

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i54 « sans doute, à la restauration , mais nullémeot par « des motifs d'affectioD sincère pour la rause rojale ; > ils n'ont été dirigés, que par l'iadignaiion de leur « ambition Irompée , par la crainte des persécutions, « que les républicains leur avaient fait éprouver ; et ■ tellement incorrigibles sont ces partisans efiTréoés « d'une liberté chimérique , que déjà leurs discours M annoncent te renouvellement d'unerésistance cri- « roinelle elde séditieuses réclamations (i) <•.

Tels étaient les reproches qu'adressaient de toutes parts les contre révolutionnaires aux presbytériens. Tels seraient ceux que , parmi nous , les contre révolutionnaires triompbans feraient aux conslilulionr sels de 1791.

Néanmoins, comme les presbytériens d'Ecosse avaiebt une très-grande influence, Charles, dans la prepiière année de son règne, avait cru nécessaire de

(1) B^ the presbyterians , saidihey, thewartvas raised , by thetnihe populace wasjirstincited totumuUs, By their zeal , inleresl et riches, werethe armies supported: br theirforce was the king subdued : and if in ihe sctjuel , titey protesied againsl lliose extrtme violences , committed on his person , by the mitilarr leaders , tkeir opposition came too laie , after having supplied thèse usurpers with the power and the pretenccs , ly Mvhich ihey maintained their san^uinmy nieasures, Tbey had indeed coucurred with the royaliscs iit lecaliingthe /âng: but cught ihfy to be esteemed , ou that accouru , more a0ecliohate to the royal cause ? Rage and animosily ,J'rom disappoinled ambition^ »ere plainly their sole motives ; andif'lhe kiitgshoutd Bt^tv be so imprudent as to dislingitish thcm by aiiy pai ticular indulgence , he would soon expericncffrcni iheni the satne ha- Ired and opposition , vhich had proveilso Jatal to his father.

Si l'oD veut rompaier à ces raisonaeuiens des coaire révolutionnaires Ânfiliiis, une citation qui se trouve dact let réaclions politiques , OD verra que les contre révolulioanaires Frnuçab pensent et argumentent de même.

i55 r.UaTaitcoDBrmé, parunelettrepablique, l'église presbytérienne , ^Ile que les lois l'aT<iient élalilie (t),«e réservant par une interprétalion secrèle , de renverser cette église en faisant rapporter ces lois (a). En effet, quelques mois après cette lettre, qui avait été reçue avec des transporb de joie, le parlement'^ par un acte dont nous avons parlé, ayant rapporté toutes les lois promulguées depuis i653, celles qui consolidaient le culte presbytérien , furent comprises dans cette révocation générale ^3j.

Le premier acte qui fut proposé dans la seconde session de ce parlement , fut le rétablissemeut'solennel de l'épiscopal, et une loi provisoire contre toutes les réunions presbytériennes (4). Plusieurs ministres presbylérieDs furent sommés de rendre compte de quelques expressions défavorables à la suprématie des évéques(5). Mais ces expressions étant générales , et susceptibles de sens dififérens » l'on imagina de soumettre les ministres à un serment, que l'on nomma serinent de suprématie (6) ; ceux qui refuaèreot de prêter ce serment, que l'on avait en soin de rendre aussi vague que possible, en interdisant toute explication , furent condamnés à un bannissement perpétuel (7). Ilfaut observer que les auteurs de ces lois . étaient ceux même, qui, naguère, s'étaient plaints, 'avec le plus d'amertume, de l'iDJuslice exercée contre

(1) Bumet,!, i54.

(1) Burnct, I, i55.

(3) Hume , XI, 23.

(4) Barnet , 1 , a«6.

(5) Btimet,!, ao8.

(fi) Biiroet, I, aog.

ly) Burnet^I, hiq.

iS6 •

enx par les répablicaîas, en exigeaat d'çox des sormens (i). Tact les partis opposés se scrveat avec empressemeat des armes dont Us reprochaieot l'usage à leurs adversaires , et laiit les homaiefi , qui o'ont pas une moralité fixe et des principes inébraolables, soot eoclins à considérer comme légitimes d^ns leur causo* les moyens qu'ils regardaient comme éipouvuaUbles dans la cause de leurs ennemis !

Lorsque des lois injustes sont proclamées , elles nécessitent des moyens alroc«5. L'on procéda contre les ministres par des exécutions militaires. Des soldats furent envoyés pour les arracher de leurs chaires , e.t pour les traîner en prison (a). Tous ceux qui n'assistaient pas au culte ordonné, furent condamnés â des amendes, délerminées arbitrairement par le. commandant militaire envoyé pour les subjuguer (3). Des soldats furent placés à discrétion chez too» ceux que l'on soupçonnait de malveillance (4)- Hl que l'on n'accuse pas tes instrumens féroces de cette révoltante oppression d'avoir excédé leurs pouvoirs; car il fut prouvé , par l'examen de leurs iustructiops, qu'ils étaient restés encore eii'deçà des ordres qu'ils avaient reçus (5).

( 1 ) iSo soon did men Jarret ail Iheir former camplainls oflhe teverily of imposingoaths , and began lo set onjbol the same praclises rto-w, wlien ttiey had it ia their po\ver to do it. Burnet, I , aïo.

(3) Burnet , I , iii.

(3) Buraet, I, 309.

(4) Buroet ,1 ,309.

(5) Je ne puis m'empécher de rapporter ici un exemple remarquable de la douceur naturelle au peuple , lorsqu'il est abandonDé à lui-même , au milieu de ses agltatipns les plus tu-

j,=,i,z<,d.vGoo<^lc

Eafia, M8 petsécQlionsa^ant irrité c« peéple infortuné , quelques réuDÏOBs se formëreot, pour demander, avec les protestalioos les plus soumises d'obéissance à si majesté, le rétablissement de la rer ligion presb^térienoe et de ses anciens ministres (i). La cour nomma pour dissiper ces réunions , ua officier qui avait servi long-temps en Russie (a). Les malheureux, qu'on appelait des rébelles, furent ea^ tourés par les troupes rojales. Ils les alteodirent ea cbautant des psaumes. Quarante furent tués; cent trente furent pris. Dm furent pendus à Edimbourg, Irente-cinq à la porte de leurs chaumières, aux jeux de leurs femmes et de leurs enfans (3). L'un d'eux fut ruis à la torture, eo présence du conseil d'état et des ministres épiscopaux. L'armée viclorieule se livra ensuite à tous les excès ; leur commandant tuait froidement des pajsaus sans défense. Il fit pendre un fils, pour avoir refusé de lui révéler où était soa père (4).

mulluenses. Ceux qu'on appelait les rebelles en Ecnsse , c'està-dire, ceux qui refusaient de renoncer k leurs opiuioas et de mentir à leur conscience, se saisirent de la personne du chevalier Turner , qui cominaDdait les troupes destinées à les asservir. Cet officier s'ëtait porte coatr'cui aux excès les plus arbitraires , et leur premier mouvement fut de l'en punir. Mais ayant examiné ses papiers, ils trouvèrent qu'ils contenaient des ordres plus violens encore , et qu'il en avait adouci l'exécution, La reconnaissance remplaça daus leur âme le resseniiment ; et, bien que réduits au désespoir , et menacés de supplices affreux qu'ils ne tardèrent pas à subir , ils readirent à leur prisonnier la vie et la liberté. Burnet , I , Sop ; — Hume , XI , lao.

(i) Burnet , 1 , 349 ; — Hume , XI, 1 19.

(u) Burnet, 1,5^5-349; — Huma, XI, 121.

(3) Burnet, 1,348;— Hume, XI, lia,

(4) Burnet, I, 349,

(5) Hume, XI, 2-}j; — Bomet, I, 4a5.

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' liés lois contre Tes réunions religieuses éUntnéaD: moins désobéies, comme le seront toujours les lob iltégilimes, elles nécessiiërent, comme le feront toujours les lois de ce g-enre , un redoublement de séTérité. Toutes les réunions dans les campag'nes furent proclauiées punissables parla mort et la coofiscatioD des biens (i), des récompenses pécuniaires furent promises à quiconque arrêterait les coupables; et tout meurtre^ commis dans cette intention , fut déclaré pardonné d'avance (2). Comme il était difficile de trouverdes témoins contre ces réunions,roD ajouta par une autre loi, que te refus de tes dénoncer devaDl le conseil , serait puni par une amende arbitraire, par l'emprisonnement , et par la déportation (3}> -« C'estainsi, dit Hume, que toute persécution con- « duit naturellement , ou plutôt nécessairemeat , aux « injustices aussi bien qu'aux cruautés de Tinquia- « lion. » Lorsque les cbàlimens que la raison réserre aux grands crimes , sont appliqués à des actions qu'une partie de la société considère comme nn devoir, et que les plus honnêtes du parti coolraire regardent comme indifférentes ou comme excusables, le législateur est obligé , pour soutenir cette première iniquité, de multipliera l'infini les iniquités secondaires, et pour faire exécuter une seule loi tjrannique, de compiler un code entier de proscripfioDS et de sang.

L'on exigea de tons les propriétaires, sons les

(1) They were indemnified for any slmghter which thn migkl corrimit in tlie execukon Ôf such an undertakiitg. Hume , XI, «77.

(1} Hume, XI, 378.

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iS9 mêmeft peines de confiscation , de déportation , dé mort, de se rendre garaos pour eux, pour leurs femmes, pour leurs enfans, pour leurs domestiquet, pour leurs fermiers, pour tons ceux qui habitaient sur leurs domaines, qu'ils n'assisteraient à aucune réunion (i). Sur le refus de plusieurs d'entre ces propriétaires , huit mille'moDtagnardsfurenlrépandas dans les comtés les plus peuplés et les plus industrieux de l'Ecosse. Ces montagnards étaient des hommes à demi-sauvages, élevés dans l'ignorance des lois, dans l'habitude de la rapine. Rien ne put échapper à leur ingénieuse et cruelle avidité. Us employèrent les menaces, la violence, les tourmens^ pour découvrir les trésors que leurs victimes avaient tenté de leur dérober, et dans celle scène d'horreur» ils outragèrent également le sexe , l'âge, la faiblesse, et l'innocence, (a)

Malgré tant de preuves de zèle , Charles crut que des troupes anglaises exécuteraient mieux encore ses jntentipns. Au bruit d'une résistance légère , opposée à quelques soldais par une réunion religieuse, il envoya le duc de Monmouth à la tête d'un corps de cavalerie (3). Ce général ayant rencontré l'armée rebelle que te désespoir avait grossie , si toutefois L'on peut appeler armée un rassemblement presque sans armes, la dispersa sans peine, et 6l douze cents prisonniers. Jeune et généreux, Monnioulh en mit un grand nombre en liberté (4).!^ roi et le duc d'York

(i) Burnet, H , 283 ; — Hume , XI , 3S4.

(a) Burnei , Il , 1 83 ; — Hume , ÏI , a85. (3) fiurnet, II, 365.

,(4) Hume, XI , ÎS^.

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Idi reprochèrent amèrement de ne lés avoir pas massacrés ions (i). Ce dernier, qoelque temps après, se rendit lui-même en Ecosse. II fit mettre hors la loi plus de deux mille personnes. Il envoya dans toutes les maisons des soldats , des espions , des dénonciateurs et des JDges (3). Il assistait Im-méme à la tor^ ture dessuspecls (3j. Trois questions étaient adressée aux accusés. Le silence ou l'hésitation étaient suivis de la mort (4)- Dfes femmes furent pendues (5), d'astres noyées. Parmi ces dernières , une fille de dix-huit ans, et l'avlr* de treize. :6) Qnelques misérables, devenus Préaéliqtifis par l'oppression , publièrent une déclaration séditieuse. Aussitôt tous les officiers furent autorisés à demander à tous ceux qu'ils rencontreraient dans les chemins et dans les rues, d'abjurer cette déclaration , avec ordre, s'ils révisaient, de les fusiller sur le lieu même , sans avoir besoin de constater leur refus. (7)

C'est de celt^ administration que Charles, après

avoir écouté le long détail de toutes ces horreurs ,

' répondit : « Je vois bien que mes mir,islres d'Ecosse

•> ont vexé le peuple; mais je ne vois pas qu'ils aient

« rien fait decontraire à mes intérêts (8j. u

(1) Tftekinghimselfsaidlo him, ihal rfke hadbeenthere, Ûiex should not havehad ihe trouble ofjirisonen, Buiikel, U, 269.

(3) Hume, XII, iS.

(4) Hume, XII, 17.

(5) Hume, XII, 17.

(6) Hume,XU, 18.

(7) Hume, XII, 18.

(«J Hume , XII , 388.

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Tandis que l'Ecosse était ainsi dévastée, on' gflore différeiilde ijrannie s'exerçait«n Irlande. Une grande partie des terres de ce royaume appartenait à des acquéreurs de biens oationaux; le roi, par uoe dé> claralion positive, avait conBrmê leurs acqoisîtions. Un tribunal lut néanoioias établi, pour examiner leurs droits, et les réckmations des ancieus propriétaires. Les membres de celribunat ne sachant d'sprès quel principe procéder dans leurs jugemens, ne virent dans la puissance dont ils étaient revêtus, qu'un moyen de .s'enrichir. Leurs actes ne présentent qu'une lohgue suite deTénalilé et'de corruption. Un grand nombre d'acquéreurs fiit dépouillé, et ceux qui conservèrent leurs propriétés furent ruinés par les présens qu'exigeaient leurs insatiables juges (t).

Nous allons maintenant parler de l'Augleterre; elle nous offre un spectacle différeiiL Une loi positive d'amnisUe' empêchait le roi de livrer cette contrée , comme l'Ecosse , à toute la violence des exé" cutioBs militaires. Il fallait recourir à l'artifice pour éluder cette loi., attribuer des délits imaginaires aux coupables qu'on voulait punir de crimes publiquement pardonnes , supposer une découverte pour mob tiver chaque vengeance , et présenter k la nation , comme des séditieux DOUvelleiDent démasqués , chacun des m«lbeureux proscrits dès loog-lemps commç des rebelles. De là la subversion de toute justice , la vénalité des témoins , l'impudeur et la corruption des juges , la violation de toutes les formes , et cette longue suite d'iniquités absurdes et révoltantes qui ca-

(i) Hume, XI, ia4 ; — Bumet, I, 354.

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ractérisent tontes tes époques de Itistoîre , où les gouvernemeDS , devenus eunemis et accusateurs du peuple, rangent les citoyens sons différentes ban> nières , pour en former , pour ainsi dire , dîfierens corps de cunspiratenrs.

Ed Angleterre comme en Ecosse, les presbytériens furent les objet» de ta baioe commane du parlement et de la cour. Mais réunis dans leurs ressentimens , ces deux pouvoirs se dÎTisèrent dans lenrs affections.

La cour voyait avec plaisir la perséculioo des anciens amis de la liberté : mais elfe aurait voula protéger les délenseurs const^ns de ta monarchie, c'esl-à-dire,les catholiques(i).Le parlement, au con- .traire , ne montrant de servilité «[ne pour te mal, voulait faire peser sur les uns et sur les autres ud jou^ également tjraanique (2). Alors s'éleva , entre les autorités qui dominaient sur l'Angleterre , une lutte ' sourde, mais constante, qui, loin de lournerau profit de ta liberté, n'eut jamais pokir l'ésutlat qu'un redoublement d'oppression , tantôt contre une classe de victimes, tantôt contre l'autre. Les contre révolutionnaires de France ont prétendu qu'en rétablissant Je rot dans la plénitude de sa puissance, un seul de ses droits, celui de faire grAce, devrait être limilé (3),' ■par une couformilé bien remarquable , nous trou-

, (1) Hume,XI,5o.

(3] Hume , XI , 5a.

(3) Voyez le Béublissement de la Monarchie , ouvrage putlié par ks magisUats emigiés eu 1 7g3 , Pt le Développtnient «les p ti 11 c i pes - loud a mentaux de ta monarciiie française , ouvragc publié eu I7y6.

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i43 Tons dftns les débats du parlement d'Aoglclerre (i),' à l'époque que nous décrivons , des discussions animées, pour savoir si ta prérogative royale, que l'on avait d'ailleuru portée au delà de toutes les bornes, s'étendait jusqu'à mitiger les lourmens des criminels;

Nousne donnerons pas ici la liste des statuts absurdes, des réglemens puériles, des vexations minutieuses , des mesures coërcilives , des lois pénales que chaque session du parlement vit éclore , sous le vaste prétexte de comprimer les deux factions , c'est-àdire , pour ravir à quiconque ne professait pas les opinions dominantes, l'usage de ses droits imprescriptibles et de ses libertés les plus sacrées.

Nous dirons, que les vingt premières années du règne de Cbarles II nous présentent quinze prétendus complots, sous des dénominations variées (3), et que , dans chacune de ces procédures , l'on voit figurer les mêmes espions, les mêmes dénonciateurs, les pêmes témoins (5)- Ces témoins, la plupart coddamnés précédemment pour vols, pour actes de faux, pour tes délits les plus inrâm.es (4), étaient logés dans

(0 Hume, XI, 391.

(î) Tliis was no tess the Jîfteenth false plot , or sbam plût, as they nvere then .caÛed , withwhich the court, it, "woj iinagined, endeavoutvdto load iheiradverseirie. Hiioie, XI, 4i..

(3) La horde nombreuse des espions, dec' témoins, des délateurs et des suborneurs, s'aperuevaiit que la puissance était tout entière entre les mains du roi, se tourna tout à coup coatre ses anciens maîties , et offrit ses services a A la honte de la cour , ils furent reçus avec <-mpi leur témoignage, ou , pour mieux dire, leurs parjur emploj-és à légaliser de nouveaux assassinats. Hume ,

(4) Hiuiie,XI,aj)8-338j — Burnet,!!, 194-172.

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le palais de Whitehall, enloarésde gardes, comblés de pensions et de bieniaits ^i). Pour captiver la confiance de \oges bien dignes d'eux , ils rélractaieat chaque Ibis leurs déposilîons péoédenles, et se déclaraient, par lin sermeni nouveau, coupables de parjure, dans les sermens autérieurs qu'ils avaient prêtés.

L'instrnclioD de ces procès nombreux fut telle , qu'on devait l'attendre de pareils hommes. Les délateurs .se conlredisyient à chaque instanl (s) : ils ne reconnais§aîent pas ceux même qu'ils avaient dénoncés, comme conspirant avec eux (3). Les pièces qu'ilsproduisaient ne contenaient rien qui corroborât leurs assertions (4'- Mais la moindre incrédulité de- Tenait un crime. Hésiter, élail de la complicité (S). Trois membres du parlement furent expulsés de la chambre des communes, pour avoir exprimé des doutes (6). On chercha , dans les prisons , des criminels d'assassinats, pour lein* faire grâce, el pour les placer parmi les juges (7). Les accusés se rojaient outragés par te tribunal (8), interrompus par les hur* lemens du peuple. Ce peuple furieux menaçait de mettre en pièces ceux qui se présentaient pour dé-

(ij Hume, XI, 3i3.

[a) Hume , XI, Sag.

(3) Hume il , 3qq.

(4) Huine,Xl,3i5.

(5) Hume,XI,3o5.

(6) Hume , XI , .138-3^8.

(^) Burnel, 11, 4o6.

{&) Hume, XI, 337.

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poser en fat eur de l'ianocence (i) , et si quelques lémoÎDi bravaient ces menaces , iU éuieol condamnés au pilori (3).

Delà sorte périrent dans les supplices , tantôt de malheureux catholiques (3), tantôt de courageut prptesians {^) : le ïériiable crime de cesderniers était d'avoir autrefois servi dans l'armée républicaine (S), Parmi les catholiques , le vicomte de Stafford , affaibli par l'âge et par les infirmités , et que ses accusateurs regardaient comme- incapable de se défendre (6) , réveilla dans ses derniers raomens, par son inlrépidité tranquille et douce, les sentimens de l'humanité; dans l'Âme même de ta populace. Le silence des spectateurs nefut interrompu que parleurs gémissemens. Lorsqu'il les assura de son innocence , ces voix grossières, qui naguère demandaient, par ides cris tumultueux , sa condamnation et son supplice, s'élevèrent au ciel en acclamations unanimes d'assentiment et de pitié. « Nous savons que vous ■ êtes innocent, mylord, mjlord, nousvous croyons», Iretentit de tous côtés sur ce théâtre de mort (7) ; et

,'i) Hume, XI, 353. (3) Hume, XII, a3.

(3) Hume, XI, 325, 329,351,354.

(4) HuiBe,XI,/i>3î — XII,36-5o.

(5) Wakott, Rumbotd, Ruiasej', etc. officie» républîcaius sous Ciomwell. Quelques-uns d'eutr'eux eurent la llcfaelé d« déposer contre leurs piéiciidus complices, et particulièrement contre Russel j ce crime leur sauva la vie. Le petit-iils de B^mhdeu n'ayant pas é\.é irguvé coupable, ne lut condamné qu'à une amL-nde de 4o,ooo livret sterling , ou g£o,poo livre* da Doire monnaie. Hume, XII, 33 et teq.

(6) Hume, XI, SSg.

(7) Hume , XI , Sgi.

Tomç m. 6« ^arlU. 10

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i46 cet élan de sensibilité, dans les plus dédaignée^des classes sociajes, fut une sentenceterrible, qui couvre à jamais d'infamie les tjrans qui les égaraient. Vous pérîtes alors, Essex.Sidne^^Russel, noms dignes de la vénération de tous les siècles, dernières espérances de la liberté d'Angleterre : les historiens tes plus serviles n'ont pu vous refuser leurs hommages ; et votre mort fiélrit, dans leurs écrits même , le règuedont ils ont Toulu pallier les horreurs. Aux excès de l'injustice se joignirent les raifinemens de la cruauté. Des hommes furent écarlelés(i), d'autres, portés mouraas sur,les échafauds , et exécutés à l'agonie (a) ; et le président de ees tribunaux de sang, JeSeries, que le sort réservait , sous Jacques II , à de nouveaux crimes , fat récompensé par l'intimité de Charles, par des présens et par des honneurs (3).

, Ce règne de Jacques II , je ne le décrirai point : les écrivains les plus dévoués n'ont pas teoté de l'excuser. Après l'insurrection de Monmoutb, deux monstres , Jefferies et Kirk , parcoururent l'Angleterre : ivres toujours et furieux (4)>ils unirent partout les supplices à la dérision (5). C'était au son delà mu-

(i) Burnet, II,4i8.

(a) Burnet , II , jai). ' \

(3) Biiruet, 11,4^0.

(4) Buruet, III, 44.

(5) Le cvloDcl Kirk , comme pour se jouer de la mort , fit exécuter ud certain nombre de prisooniers , pendaat qu'il buvait à la MDlé du roi, de la reine, ou du gruad-juge JefTeries. Ob&ervant que ces malheiireus , en expirant , l'agitaiexi. dans )ea convulaiffDS de l'agonie , il s'etria qu une pareille danse devait être accoDipagnée de musique, ei il ordonna aux tambours de battre, et aux trompettes desoDiter. Il fit pendre un homme troii fois , CD arrêtant chaque fois son supplice , de manière à

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sîque qu'ils faisaient périr à la Fois plusieurs centaines de condamnés {i). Innocens ou coupables furent livrés aux soldais (s). Le pays entier fut couvert de tètes etdemembresdécbirés-(5j.Chaque7illage contempla les cadavres de quelques-uns de ses hubilans {U). Une femme , connue par sa bienfaisance, avait donné asile à un fugitif; le uialbeureux la dénonça; il eut sa grâce ; elle fut brûlée vive (5). Une autre de soixante-dix ans, dont le fils servait dans l'armée du roi , fut accusée du même crime. Trois fois les jurés la trouvèrent innocente ; Jeiferies la renvoya trois fois avec ordre de la déclarer coupable; et ces instrumeos , à jamais infâmes , cédèrent à la terreur (6). Jacques II, pour s'excuser de n'avoir pas fait grâce à cette infortunée, dit qu'il avait promis à JelTeries de. ne soustraire à la mort aucun de ceux qu'il condamnerait (y). C'est ainsi que nous avons vu le tribunal révolutionnaire , s'irriter de ce que les décemvirs avaient retardé le supplice dé quelques victimes, et demander, pour récompense de ses homicides services, l'exécution immédiate de ses sentences , et la réciprocilé des forfaits.

lui conserver la vie, pour pio) on g et ses tourmens. Il exigea d'uneisuue fille le sacrifice de son honneur , ea lui promettant la grâce de Goa frère, et lui fit voir de sa fenêtre, le lemlemain, le cadavre de ce frère, exécuté pendant qu'elle ^lait entre le» bras de ce monstre. Hume , XII , 90-91 ; — ~ Burnet , III , 4^. j [0 Hume, XII, Qî.

(2) Hume , XII , ga.

(3) Hume , XII , 91. >

(4) Hume, XII, ga.

(5) Hume, XH, (,3 ; —Burnet , HI , 46.

(6) Hume,XH,"94; — Blirllet,^f,48■ (7J Hume , XII, 94-

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' Telles forent les suites de la cooire réTolation d'Angleterre. Spoliation des acquéreurs de biens m- 1 lionauk en Irlande^ dévastations mititaires en Ecosse, assassinats juridiques en Angleterre, cette époque. réunit tous les fléaux , que la tyrannie des ^ooTerDc ' meus peut verser sur l'espèce humaine. '

Prévenir la contre révolution , est donc l'intérêt! commun de toutes les classes des Français. D'oà vient néanmoins celte indifférenbe universelle, ce sommeil profond, dans lequel le peuple paraît plongé an milieu des dangers qui l'environnent?

Nos guerriers soutiennent uoe lutte inê^le;ds bordes farouches s'avancent vers ce lerriloire sacré, dont la pensée même denosennemls aurait naguèrt frémi d'approcher : et cette nation victoriease, ilji peudemois,surleRhîn,surleTibre,surle Danubf, cette nation qu'implorait de tontes parts TuniversioDmis, voit , sans douleur, tomber l'élite de ses héros, et s'évanouir celte renommée , garant de sa puissance , et gage assuré de la paix !

Une telle dégradation de l'esprit public tient àdff causes qu'il est important de dévoiler. II n'est pas nt turel aux hommes de àe désintéresser de leur propre sort, de se montrer indiSerens à ce qui décide de leur repos, de leur fortune, de leur vie, de celle de leurs femmes et de leurs enfans. Le manque d'espril ppblic, dans les gouvernés, est une preuve infaillible, ou d'ineptie dans les gouvernaos,ou d'iaiperfeclion dans les institutions mêmes.

Mais les institutions sont imparfaites, toutes les fois queVineptie de quelques hommes peut entraioei l'état au bord d'un abîme.

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Nos taaux Tiennent sans doute delà dictature accordée au directoire. Ce n'est pas que je croie à ces conspirations, découvertes tardives des partis raîoqueurs contre tes vaincus , fables absurdes auxquelles on rapporte les faits tes plus éloignés , et dont on pense avoir besoin , pour expliquer les effets naturels de Tamourdu pouvoir, la passion la plus inhérente au caractère de t'homnie.Groniwell, en opprimant l'Ang-leterrc , n'était d'accord ni avec laFrance ni avec l'Espagne; mais il voulait dominer sur tes Anglais. César ,en usurpant la dictature, n'était corn* plice.ni des Gaulois, ni des Partfaes : Il voulait être maître des Romains.

Je ne crois donc point . je le répète, à cfes conspirations prétendues, à la faveur desquelles la baine prépare des persécutions nouvelles, au moment même de la chute des aocïens persécuteurs. Je crois à l'ignorance oktstrnée, à la sécurité aveugle, au mépris des lumières , à l'aversion pour le' talent, signes distinctifsetinséparablesd'un pouvoir sans bornes(i).

Mais , de cela seul que nos intitulions actuelles ont permis ou nécessité l'existence d'un pareil pouvoir, je conclus qu'elles ne sont pas complètes, qu'elles ne renferment pas toutes les garanties que demandent le satutde la république et la défense de la liberté.

Les dépositaires des antoritésque la conslitutioD a créées sot) (réduits sans cesse à la froisser, à réluder.àla violermêmeouverlementdans leurs actes, en affichant pour elle , dans leurs discours , une profonde vénéra-

(i) Qu'on juge à prcsi-nt, entre moi et les écrîvaina qui impriment que j'eiais le Qatteur (lu Directoire.

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tioniçetle espèce d'hypocrisie, quelque loaablesqu'eo soient les molifs, ces contradictions entre le laogage et les actions, entre les coasîdcrans et les lais, tendent à fausser tes idées du peuple : c'est une sorte de persiflage, qui rhumilieà ses propres yeux. L'iacenitude s'introduit ainsi dans les principes des goa- Ternés, l'arbitraire dans la conduite des gouvernans.

Ces derniers s'arrogent cet arbitraire, d'abord avec dei intentions pures , mais leurs inleiilionsse dénaturent bientôt. Ils cherchent à consolider el à étendre poor eux-mêmes, la puissance dont ilss'élaient emparés pour le bien public; et le gouvernement, que 1 OD nomme encore conslilutionnel, devient une suite d'usnrpalions , une dictalurc que s'arrachent les partis divers, maisqui n'en est pas moins toujour* également oppressive pour le corps de tanation.

De là résulte le manque d'esprit public, dont noas nous plaignons aujourd'hui. t

Ce manque d'esprit public est la suite d'une conviction générale el profonde, que rien encore n'est stable parmi nous, parce que les pouvoirs n'ont aucune garantie , l'un contre rautre,elqne les citoyens n'ont aucune garanliecontre les pouvoirs.

Ce que le peuple désire aujourd'hui , c'est le repos; ce qu'il veut, c'est .que la liberté remplace enfin ]a -révolution ; ce qui est populaire , c'est ce qui est juste et moral. Ce qui regagnera pour l'autorilé le cœur de tous les Français, c'est la certitude que des institutions perfectionnées les préserveront pour jamais des ressources trompeuses de la violence , et que leur gouvernement n'aura plus besoin , dans sa

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marche paisible , du mouvement désordonné des factions.

Aussi long'-temps que desinslitulions iacomplèles nécessileront l'arbilraire, l'esprit public, s'épuisant de temps i autre en convulsions inutiles , retombera toujours dans une mortelle apathie; nous en avons la preuve aujourd'hui. La nation, qui gémissait dans ta servitude , ne croit point à sa délivrance. Elle refuse de lever la lèie , bien que son joug soit brisé , et reste triste et courbée , prête à recevoir un joug nouveau.

Cependant , des fragmens de factions ressuscïtées remplissent les airs de dénonciations confuses. La calomnie, qui, depuis dix ans, parcourt en tout . sens ce vaste empire , pour y moissonner les lumières, les lalensi le dernier espoir d'une génération décimée, exerce sans interruption sa destructive influence.

Une oppression commune aurait dû réconcilier tous les opprimés: un péril universel nous fait une loi de nous réunir , et déjà nous tournons contre . nous-mêmes nos mains à peine libres encore. Jouets d'un petit nombre de dénonciateurs infatigables , mille voix , désastreusement dociles , portent partout tes soupçons, les haines , les défiances ; la calomnie ne respecte ^ ni tes exploits de nos. généraux , ni leurs efforts , ni leur mort glorieuse. J'ouvre ces innombrables libelles , qui semblent conspirer de nouveau contre la liberté de la presse ; j'y vois inscrits au nombre des traîtres , les noms des héros , qui ont ramené vers nos frontières des armées que l'ignorance avait dispersées, les noms des législa-

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iSs tears qui, vaioqueurs de la tjraoDÎe, pensent que la nation doit élre de quelque chose dans leurs discours, et dans leurs lois ; les noms des écrivains qui osent réclamer les principes dont l'oubli , durant dix-buit nois, a causé tous nos malheurs.

Que préiebdez-Tous donc , délateurs perpéiuets? n'avez -TOUS pas précipité dans la tombe assez d'hommes illustres , assez de citoyens vertueux ? \ous êtes en bien petit nombre , je le sais : mais vos voix retentissent au milieu du silence national, les échos les multiplient , et le peuple , étourdi de ce bruit inattendu, croit qu'il existe un autre peuple invisible , qui lui dicte des lois , et lui prépare des fers.

Vous nous parlez d'esprit public ; mais si l'écrit public est mort , c'est vous seuls qui l'avez tué. Vous avez froissé dans les âmes les derniers germes de l'estime , de ce sentiment consolateur , que Thomme a besoin d'éprouver pour ses semblables, s'il veut pouvoir le conserver pour lui-même. Vous avez brisé les plus douces, les plus nobles affections de la natare, l'amitié, la confiance, l'enthousiasme, vous nous avez tout ravi. Chacun craint de s'attacher à quiconque peut tomber votre victime. On s'éloigne du talent , parce que l'on sait qu'il vous fait envie } on s'éloigne de la vertu , parce que tous menacez de la déchirer ; on s'éloigne du courajçe , parce que seul il tous uiTronte,et que l'en ctaint d'êtreentraîué dans sa , perte. Chacun se tait , chacun s'isole , celui que voua attaquez baisse la télé, dans l'espuir iosenséde vous désarmer par son silence. Celui que vous n'attaquez pas encore, vous ouvre un libre passage > se flat-

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. i55 tant d'être m^Bagé par voua. Faiblesse iofruetueuse } inutile lâcheté !

Pour relever l'esprit public , il faot imposer' silence à U calomnie , noo par des lois prohibitives i qu'elle saura toujours éluder , mais par des inslitotioQS répressives de rarbitraire que la calomoie arme contre l'inaocence , par une alliance de moralité entre tous les citoyens , qui , créant un tribunal d'opinion , dispense l'homme indignement attaqué, de chercher dans des formes lentes et trompeuses , un insulHsant recours. Il faut qne la calomnie s'épuise et se rebute en efforts infructueux, que l'iodignatioa ressuBcitée la repousse , que la nation qu'elle avilit se réveille , et d'une Toix forte et unanime , couvre ses honteuses clameurs.

C'est alon que nous formerons Téritablement on peuple. Car un peuple sans opinion , n'est qu'un rassemblement confus d'étrangers dé6aDS, ou d'ennemis acharnés ; ^ sans la puissance de l'opinion , il n'exista jamais de puissance oalio- Dale. L'opinion seule est le lien des hommes, la base de la morale , la récompense des vertus. C'est là ce que vous avez détruit , tourbe de délateurs , et ce qu'il faut relever. Il faut rétablir entre tous les cltojens irréprochables aoe solidarité de réputation. Vous paraîtrez alors dans TOtre petit nombre , et les étrangers qui nous observent , reconnaîtront la nation française ,

r, III, 6e Partie. 1 1

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i56 quand elle sera sèpxrée de vous ; ils apprendront à respecter la France , lorsque vous n'en Içrez pl^is partie , et nous jugeront dignes d'estime , lorsqu'ils nous verront vous accabler de mépris.

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