Tome IJL 6e Partie
« trouve à l'aise pour démenlir ses paroles par ses aca lions, » Craignons de voir nos députés prendre celte habitude^ faire le mal en le désapprouvant, voler le malin tout ce qu'on leur demandera^ et croire se justifier en se moquant le soir de leur vote du
luaun. ^
Nommons donc de bons et courageux manda taires. Ils ne sauraient être pris ni parmi ceux qui sont soupçonnés de vouloir renverser la charte , ni parmi ceux qui sont convaincus delà faire toujours plier devant les fantaisies de rautorité.Essayons une fois d'hommes qui veulent maintenir cette charte en lui restant fidèles.
Si nous ne jouissons pas de la liberté , la faute en sera bien plus aux députés qu'aux ministres : car les ministres ne font le mal , que lorsque les députés leur permetlent de le, faire. Nous tombons sans cesse daus une erreur qui nous rend injustes et ridicules. Lorsque le minislcre nous blesse , ce sont toujours les minislres que nous accusons. Mais les ministres sont bien moins blâmables que les députés qui leur donnent les moyens de nous blesser.
L'on ne me soupçonneria pas de vouloir faire ini l'apologie des ministres; mais il est défait que leur tort est bien plus d'abuser des lois existantes que d'agir ouvertement en opposition avec les lois.
Depuis que la loi du 29 octobre est abrogée, ils De font arrêter personne en vertu delà loi du 29 octobre. Depuis que la censure se trouve abolie pour les ouvraj^es de moins de vingt feuilles, ils n'essajent plus de sounieiire à la censure les ouvrages de moins de vingt feuilles.
J'en conclus que, s'il y avait sur d'autres objets , comme sur ceux-là , absence de lois vexaloires , les ministres ne vexeraient pas. Donc la faute en est à ceux qui volent ces lois vexaloires ^ bien plus qu'à ceux qui s'en autorisent , quand une fois elles sont votées.
La tendance de tout ministère est d'empiéter. Le devoir de tout député est de s'opposer airx enipiélemens du ministère. Quand le ministre empiète , il Vie Fait que suivre sa tendance naturelle : quand ua député favorise les empiéteniens du ministère , il agit contre sa mission. Ce n'est donc pas contre le minis* tère qu'il faut, déclamateursenfansque nous sommes^ nous déchaîner quand nos libertés sont mal garanties. Ce sont nos députés qu'il fautaceuser>ou plutôt nousmêmes, car nos députés sont notre ouvrage. Si nous voulons le but , prenons les moyens. Il y a de la puérilité à lie savoir jamais que passer de la duperie aa repentir. ^
La loi des élections a mis notre destinée' entre nos mains. La loi des élections aura fait depous, si nous la secondons, une nation nouvelle. Avec cette loi, aucun privilège, aucun monopole de pouvoir, aucune olygarchie, pas plus celle des^ richesses que celle de la naissance, ne peuvent s'introduire. Avec cette loi,, plus sage et plus profonde -que le ministère ne l'a soupçonné^ la puissance nationale est là ou elle doit cire.
Ouvrez la liste des électeurs , vous y verrez que les . droits politiques ne sont plus confiés, comme autrefois, à une classe en particulier, investie d'immenses proj)riétés, immobiliaires ou mobiliaires, et cousti*
tuée par-là en corporation aristocratique de fait, lors % mêiwe qu'elle ne jouit en théorie d'aucun privilège. Les droits politiques, c'est-à-dire, la faculté d'influer par ses choix sur l'administration des affaires publiques 9 sont remis à ceux qui forment la richesse de l'Elat.
Dans notre siècle y celte richesse a changé de nature. Ce ne sont plus uniquement les propriétés foncières^ ce ne sont plus uniquement les grands capitaux qui la constituent. Sa source est l'industrie.
En appelant la classe industrieuse à la jouissance des droits politiques , la loi des élections a placé la puissance dans la classe qui est le centre des lumières pratiques , parce qu'elle tient également aux classes riches et aux classes pauvres. Elle est plus impartiale que les premières , qui ^ placées à la sommité de 1 état , social, ne connaissent de ses intérêts que ceux qui les touchent immédiatement. Elle est plqs éclairée que les secondes, que le travail mécanique absorbe.
Dans la classe industrieuse, réside l'indépendance^ parce que tout le monde a besoin d'elle, et qu'elle n'a besoin de personne.
Dans cette classe, réside l'esprit d'égalité, parce qu'elle est trop nombreuse pour gagner, comme les grands propriétaires , à des prérogatives nécessaire^ ment restreintes à un petit nombre.
Dans cette classe, réside le patriotisme, parce qae ses intérêts ne peuvent pas , comme ceux des purs capitalistes, s'isoler désintérêts nationaux.
Qu'elle sache donc faire usage de ses droits, qu'elle sente son importance. A elleapparttent d'affermir par êes choix la liberté constitutioanelle , seul élément né-
cessaire à sa prospérîlé; el, chose admirable ! en soignant ses intérêts propres /elle fera le bien de tons.
P. S. Le$ élections sont terminées : ce nVst pas à moi qu'il ^appartient d'en écrire l'histoire, d'autres se chargeront de. c« soin. Rien ne restera caché pour la France.
C'est avec regret, sans doute, que j'impose silence à la reconnaissance profonde que m'inspirent tant d'honorables suffrages obtenus , malgré les honteux moyens employés pour me nuire. Mais,-$i je me répandais en actions de grâces, on pourrait m'accKser d'orgueil. J'uime n^ieux prouver ma reconnaissance en persévérant dans la con<iuite qui m'a valu ces preuves inestimables de confiance et d'assentiment. Je me suis lié par des engagemens solennels envers les électeurs de Paris , je pourrais dire envers les électeurs de plus d'une portion de la France , puisque demx autres départemens ont daigné penser à moi , et que la moitié des citoyens de la capitale a reçu mes engagemens et s'est reposée sur mes promesses; ces promesses sou t doue confirmées indépendamment du succès ; elles sont désormais devenues inviolables. Ma route m'est tracée. Le décourag' mertne peut* me saisir. Deux fois, à deux élections consécutives, je me suis vu récompensé par le vœu populaire : et si je ne puis taire dans ma situation actuelle tout ce que j'aurais fait comme député^ je dois faire tout ce que je puis comme citoyen.
Je sais que notre législation sur la presse est toujours la même ; que les écrivains sont hors de la protection des lois ; que les uns; sont cachés, -d'au très dans les fers, confondus avec des coupables de vol ou de meurtre , retenus par des mesui'es fiscales après l'expiration de leur peine , livrés à l'arbitraire de la police et à l'insolence des geôliers. Je sais que nul n'est à Tabri de cette destinée, et que trois juges peuvent faire traîner en prison, pour une opinion qu'ils interprètent, l'iiomme que trois mille septTcents électeurs ont honoré de leur choix. N'importe, je dois redoubler de zèle, et remplir mes obligations sans m'enquérir de mes garanties. ,
Aujourd'hui je veux établir une vérité dont la démonstration est urgente. Je voudrais en convaincre le ministère lui-même : car la résignation vaut misux qu'un combat inutile; elle épargne à l'état des secousses^ et aux vaincus des humiliations. Cette vé* TÂté , c'est que le ministère ne. saurait désormais régir la France
en suivant la route qu'il a adoptera (i). Cette route l'a conduit au point où sont arrives tous les gouvernemens qui ont voillu fonder leur autorité sur un système déplorable âe bascule , c'éstà-diir, sur l'oppression de tous les partis tour à tour. Cette route a conduit le ministère au point oii était arrivé le directoire avant le 18 brumaire.
Heureusement nous avons une monarchie constitutionnelle ; le ministère est menacé, mais le pouvoir royal ne l'est pas. Ce qu'à d'autres époques une ré\olution seule pouvait opérer , s'eiEectuerailsans révolution par la retraite de quelques kommeSy et par la disparition pacifique de quelques agens secondaires de l'autorité.
J'en rends grâce au ciel ; car je désire aujourd'hui ce que )'aî . désiré toujours , l'afTer misse ment de notre liberté, T^Mitière exécution de la charte , la consolidation de nos institutions .politiques par des moyens graduels et paisibles. Je vois de toutes parts briller les présages de ces améliorations. Je vois la nation remplie d'un patriotisme éclairé ; je la vois dirigée ']par une raison admirable.^ Mais si le ministère s'obstinait dans ses mesures accoutumées, tous ces heureux symptômes s'évanouiraient, le patriotisme deviendrait de l'irritation, la modération céderait a l'impatience , et nous reculerions vers une mer orageuse^ tan* dis que nous sommes à l'entrée du port.
J'écris sans passion comme sans haine ; j'admets le mérite de quelques actes , sans examiner les intentions ; >niais si le souvenir de ces actes doit protéger les ministres contre une réprobation trop sévère , il faut bien d'autrt s actes et des réparations bien plus éclatantes pour leur rendre la force nécessaire aux dépositaires de nos destinées. Je dis la force , car ce n'est point Me despotisme de nos miiiistres, leur violence, leurs vexations, que je crains ; c'est leur faiblesse toujours croissante , leur inconc(^vable imprudence et leur maladresse inexcusable. Je les voudrais, presque plus habiles , dussent-ils l'être contre nous. J'espérerais alors de leur habileté une marche au moins uniforme , qui préserverait Tétat des boulcversemens , dont nous avons plus d'horreur que ceux qui feignent de les craindre. Mais ils s'avancent au jour le jour sans principes, sans appui, sans prévoyance ; créant pendant six mois des dangers , et mettanl la tranquillité publique à la merci d'une heure ; exci-
(i) TiVvenrmpnt a pronvr la justesse de ma prophétie, deux mois après Tépoque à laquelle j'écrirais ces lignes ,1c miuistère dont je parlaiâ est tombé*
tant les haines les plus diverses, et pensant avoir tout sauvé en . opposant, par un vieux artifice , ces haines Tune h r.iutre ; tra-. hissant leurs moyens secrets , et croyant vaincre l'e'videuce par des assertions qu'une minute dément; en un mot, ne sachant ni subjuguer Tapinion , ni lui plaire , ni la respecter.
Quoi ! ces ministres prévoyaient depuis six mois que leur système avait aliéné la nation entière; ils savaient que les élections prochaines peupleraient la chambre d'hommes fatigués de leur inconséquence', et qui voiidraient réprimer leur arbitraire, et ils n'ont pas voulu être justes quand ils ne pouvaient pas être forts ; et , ne voulant pas être justes , ils n ont pas su du moins êlre adroits ; ils ont payé des écrivains qu'où a dédaigné de lire, ils ont envoyé des émissaires qu'on a refusé d'écouter. Leurs agens sont arrivés au combat avec des armes déshonoirées par le combat de l'année dernière. Des libelles déjà- méprisés'^ des calomnies déjà décrédilées , des diffamations déjà flétries , voilà ce que leurs méditations profondes ont su inventer de plus efficace ! A Paris, un individu sans clientèle, appuyé seulement sur quelques principes , a été présenté dans la lice , et les ministres se sont agités^ et les préfets ont accumulé left assertions fausses (i), et le président en chef des sections a sonné l'alarme , et dénaturé les résultats d'un jour pour influer sur les résultats du jour suivant (2) ; et les maires ont intimé à — ' ■ ■ ■ ' ■ ■ H
(t) Le lecteur ne lira peut-être pas saas quelque intérêt une lettre de M. le préfet de la Seioe , écrite dans les dernières élections , et dont To-" ri^inai est entre mes mains. Pour sentir tout le prix de cette lettre ,11 . faut en bien remarquer la date. Elle a été expédiée le 28 octobre , après le scrutin du 37, jour dans lequel j'avais réuni 2,900 suffrages , M. Ter-. naux i,95o« et M. Bonnet 900.
Préfecture du de'partement de la Seine.
c Monsieur le maire , vous connaissez le résultat de la séance d'hier.' Il rst instant qne les bons citoyens se montrent;. Je vous prie donc d'en-, ga^er tous les électeurs de votre commune à se rendre immédiatement à Itiurs assemblées, etàleur indiquer M. Ternaux aine comme le candidat qui réunit Tassentiment général, s '
Le conseiller d'état , préfet ^ signé Cbabjslol,
Paris , 28 octobre 1818.
Comme je l'ai dit^ j'avais, alors 2,900 voix, et M. Ternnux 1,950. J'en avais donc gbc de plus que^f^Ternanx , elM. le préfet invite les maires a le désigner comme réunissant l'assentiment général !
(2) On sait que M- Bellart a interverti, dans son invitation aux ritoyen»
£onr le ballottage, l'ordre naturel des noms des candidats qu'il fallait a Ilot ter, et les a placés en sens inverse^^sait de l'ordre alphabétique, suit de h majorité.
leurs administres des ordres illëgaux , les gendarmes ont dirigé vers le lieu des séances les électeurs étonnés (i), et des commissaires ont présidé à la distribution du mensonge (2) , et arrêté la défense légitime (3) , et le résultat df tant de nobles efiorts a été une majorité de quatre-vingts voix sur un nombre de près de huit mille : ainsi , peu s^en est fallu que l'opinioa seule ne mît en déroute et l'armée ministérielle, et les em-
filoyés , et les lihellisles, et toutes ces légions , protégées., saariées , autorisées, enrégimentées. Et ces ministres voudraient encore gouverner ainsi ! Mais que feraient-ils donc si un véritable ennemi- se présentait ?
Ce n'est pas tout ; le candidat qu'ils avaiei^ choisi , £aiHed'ea pouvoir porter un autre ^ est un citoyen d'une réputation méritée, et recommandablé par son caractère, par son active industrie, ^ar la foule de ceux qu'il fait vivre; puissant par sa fortune et ses nombreux alentours , connu jusqu'à ce jour pour avoir professé des opinions libérales; ami du plus illustre des défenseurs de la liberté , c'est un homme que , peut-être ^ tout Paris aurait élu , s'il n'eût pas été présenté par les ministres (4) ; mais ils le couvrent , ou plutôt ils l'accablent de leur protection: aussitôt l'opinion s'effarouche et le repousse , et , p<lur faire nommer l'un des pins honnêtes hommes de France , il faut plus de travail , d'influence ille'gale , de menaces et de séductions , qu'il n'en eût fallu pour contraindre les choix à se diriger sur le candidat le moins estimé. Quel est donc l'effet de l'appui des ministres? Leur haine seule grandit leurs adversaires, leur seule protection çléci édite leurs alliés.
' Si nous passons de Paris dans les déparlemens^ le même
(l) Durant les deux dernières nuits des élections, ron rencontrait sur Routes les routes de!t gendarmes qui allaient réveiller les électeurs ^ et qui «lisaient aux passans qu'ils étaient en expédition électorale.
(a) Uu homme a été arrêté, un nutre chassé à la porte d'une sertion, parce qu'il Toulait enlever à un colporteur des libelles qu'il distribuait au nom de M. Tcrnatix, à son insu et sans son âveu.
(3) On a conduiten prison un colporteur qui distribuait un imprimé tignéde moi, dans lequel je ne calomniais ni n'outrageais personne, et qui se trouvait en présence des coiportears chargés des libelles qui me calomniaient et m'outrageaient.
(4) M. Ternaux a désavoué les libelles qui portaient son nom. Il a traité leurs auteurs d'amis indiscrets. Cf^^t par erreur, sans doute; des raloranialvurs iut'àmesne sauraient être des amis indiscrets ou non. Si ce n'est pas une «Treur, c'est une condesctMidance minislérielLe , et je génairais alors de voir un homme aussi estimable , forcé, par égard poor ses nouveaux alliés, à se servir d'expressions si peu just's, et à renoncer a l'honneur et au besoin d'txprimer une honnête iudignitton.
spectacle frappera nos regards. Ici l'on iûsnlte' un orateur éloquent (i) qui , au jour du danger , avait proclamé les maximes sacrées de l'indépendance nationale; et deux départemens s'empressent de l'élire {-ï). Ailleurs (3), le président du collège siisprnd les élections , contre la réglé, en dépit des proteslalions formelles de ceux qui avaient le droit de at'crder avec lui , et dont la majorité devait l'emporter; il suspend les élections , dis-je, dans l'espoir de lasser les électeurs patriotes , et de prévenir la nomination qu'il craint; et ces électeurs persistent dans leur infatigable constance , et la nomination redoutée sori'de l'urne, d'autant plus brillante, qu'on s'est plus e£foi ce de l'empêcher (,4)» Dans le nord , les moyens sont les mêmes (5); et ce n'est qu'ainsi qu'on obtient sur dos électeurs nombreux une majorité tardive i)e cinquante suffrages.
Je n'accuse point les intentions des ministres; je ne vois dans leurs mesures, comme je l'ai dit plus haut, qu'une déplorable imprévoyance. Mais je le répète , cette imprévoyance doit avoir fin terme , ou les ministres doivent cesser de nous gouverner.
En m' exprimant ainsi , je ne méconnais point Téten^lue de la prérogative royale. Au roi seul appartient le choix de ses ministres; et, constitutionnellement y nous devons toujours respecter ses choix. Mais la liberté de la presse, consacrée et garantie par la charte , existe surtout pour que chaque citoyen porte jusqu'au trône les réclamations qu'il croit Justes , les opinions qu'il croit salutaire», l'indication des périls qu'il croit urgent d'éviter.
(i) M. Manuel.
(2) Là Vendée et le Finistère.
(3) Dans la Sarthe.
(4) Celle de M. de La Fayette.
(5) Ou m^a envAjë de Lille un libelle inoprîmé contre moi , et distribué à la porte des sections , souslen jeux de M. Dupléix de Mézj, préti* dent de Passçmblée électorale. Nouvelle preuve de Tin fluenccquVzerce une atmosphère ministérielle- M. de Mézj, que ie connais, est un homme de mœurs très-douces et de bonnes manières. Mais il en est des élections aujourd'hui, comme des conscriptions autrefois. M de Mésy s'est cru tous les moyens permis, parce que tous lui avaient été ordonnés. Oa me place, dans ce libelle, parmi les méchans à figure contrefaite ^ pâl^ et cadaiféreuse , (jui , dans le désespoir de leur conscience , conspirent /« nuit comme le jour, rêoeht le crime , suent le crime , tt r^ attendent qu9 f instant de le commettre at^ec la plus affreuse i'arharie ; indf'pendans, aU" trement dits assassins, qui voudraient un second il janvier. On finit par dire que^ selon moi, l'on n'aurait jamais dû fa re électeurs les bon» pay<ians et les petits commerçans, tandis qift j'ai, dés le principe, dér lendu la loi des élections.
Je SUIS également loin de vouloir provoquer une opposition opiniâtre et dénuée de discernement. Quelle que soit ma désapprobation de la conduite passée des ministres, si désormais ils proposent des mesures sages , nos représentans doivent les accepter. Si la presse est enfin garantie , si le jury est intro* duit dans le jugement des écrivains , si la formation du juj-y ea général est remise au sort, électeur impassible ; en iin mot ,si l'on exécute cette fois les promesses que Ton nous fait périodiquement quarsd les élections approchent^ profitons de ces biens, de quelques mains qu'ils nous viennent. Mais que nos députés examinent avec attention chaque article de chaque loi, chaque mot de chaque article; qu'ils se souviennent qu'où nous a donné la loi du 28 février comme un bienfait pour les' écrivains. Nous avons vu les fruits de cet étrange bienfait. On nous a vanté la renaissance du crédit par les emprunts y nous 'savons quelle sorte d'emprunts on a négociés ; soyons donc prndens dans notre confiance ; et , si nous voulons encore être indulgens pour le passé, soyons au moins sévères pour l'avenir.
J'écrivais , il y a un mois, que la destinée de la nation était dans ses mains. Elle s'en est montrée la digne dépositaire. Elle a prouvé que ce qu'on nommait un parti , ^'était la totalité de la France. Elle a prouvéqu'unie de principes , elle Tétait aussi d'intention et de suffrages. Elle a trompé l'espoir de ces hommes qui é|) ent les divisions pour en profiter : l'un d'eux imprimait naguère que je faisais mon parti à moi tout seul. Deux jours après, trois mille sept cents électeurs m'ont rassuré sur ma solitude. C'est que l'union ne saurait éti:e troublée entre ceux qui ne veulent que le bien. Quels dissentimens pourraient les désunir ? Des places? ils n'en cherchent point. Du pouvoir ? ils ne reconnaissent que celui des lois. Des privilèges ? ils ne réclament que l'égalité. Ils seront à jamais unis, parce que la liberté' est le lien puissant qui les retient ensemble , la liberté dont les bienfaits semultiplicntià mesure qu'elle s'étend, etqui, d'autant plus avantageuse à chacun qu'elle est plus assurée pour tous, ne saurait jamais devenir un objet ni de rivalité ni d'envie.
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